‹ Mes loisirs [microforme]Chapitre 10 sur 46 · LA GUERRE · texte numérisé non relu

LA GUERRE

Centaure formidable ! Euménide écumante !

Spectre au rire d’enfer, à l’œil ensorcelé!

Monstre qui souilles tout de ta bave fumante !

Fantôme horrible, échevelé !

Des vengeances du ciel effroyable ministre !

Monarque couronné de malédictions ! Guerre, vampire affreux dont la lèvre sinistre

Suce le sang des nations |

Ce n’est donc pas assez que, dans la vieille Europe,

Tes coups aient fait crouler des trônes de mille ans,

Il faut, puissant vautour, que ta serre enveloppe Les peuples des deux continents !

Il faut à ta fureur de nouvelles viciimes !

Il faut du sang plus jeune à ta voracité !... . De l’immense Océan franchissant les abîmes,

Ton vol sur nous s’est arrêté.

Sous ton souffle, j’ai vu l'aigle du Nouveau-Monde,

L’aigle de Washington, oubliant son destin,

Fondre sur ses aiglons d’une aile furibonde

Et déchirer son propre sein !

J'ai vu la mort affreuse étendre ses deux ailes Des bords du Potomac jusqu’au Mississippi...

Et ton bras qui frappait ces campagnes si belles

Ne s’est pas encore assoupi,

Tout tombe! rien ne fuit tes foudres vengeresses ! OP;

Rien de mortel n’échappe à ta sombre fureur ! ANS,

Depuis le dur granit des hautes forteresses, À l’humble toit du laboureur.

Mais leurs débris, bien loin de lasser ta furie, Ne font qu’aiguillonner ta noire soif de sang : Et tu veux, te ruant sur ma belle Patrie,

La percer d’un poignard au flanc.

Loin de tes funestes alarmes, Did: Mon pays savoure les charmes D’uue paisible liberté ;

Et ses enfants dignes d’envie Goûtent les plaisirs de la vie

Au sein de la prospérité.

Rien ne trouble leur existence ; Les ris, la joie et l’abondance

Se sont assis à leurs foyers;

Seul, le soir, au feu qui pétille,

Le vétéran à sa famille

Parle batailles et lauriers.

Jamais le vent de tes tempêtes N'a soufflé sur les blondes têtes Qui se pressent autour de lui ; Leur vie a passé sans nuage ; Oh! ne vient pas souffler l'orage

Au sein de leurs cœurs aujourd’hui !

Mais jamais, au jour de l’épreuve,

On n’a vu les fils du grand Fleuve

Trembler devant un étranger ;

Et, tous, au premier cri de : Guerre!

On les verra sur la frontière, Riches,

Sauver la Patrie en danger ! En ess:

Et riev Décembre 1861, , | Quand

Déroul

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