LA CHARITE
soso soso j'ai connu la pitié sur la terre, Je puis la demander aux cieux.
Ep. TURQUETT.
Riches, quand des plaisirs la bruyante cohorte En essaims bourdonaants s'arrête à votre porte Et rieuse s'élance en vos salons joyeux ; | Quand, dans vos bals dorés, la valse tournoyante Déroule en frais anneaux sa spirale ondoyante
Sur vos tapis soyeux ;
Quand tout est volupté, ravissement et joie; Quand on voit miroiter chaque robe de soie Aux tremblantes lueurs des candélabres d’or ;
Quand tout jette l'ivresse à votre âme ravie,
Et que, dans votre cœur, des peines de la vie
Le souvenir s'endort ;
Quand, chaudement drapés dans vos riches fourrures Vous courez étaler vos brillantes parures Traînés par vos coursiers mordant des freins d’argent ; Quand près de vous s'incline une foule empressée,.…. Oh! n’avez-vous jamais une seule pensée
Pour le pauvre indigent ?
Déshérité de tout, forçat de la souffrance,
Il n’a, pour prolonger sa pénible existence, [noir; Que quelques vieux haillons, qu’un morceau de pain Îl est :à grelottant dans sa froide mansarde... , Paria du bonheur, l'avenir ne lui garde
Qu'un morne désespoir |
Oh ! ne l’oubliez pas dans vos fêtes splendides ! Pour lui le soleil n’a que des rayons livides ;
Sa vie, à lui, n’est plus qu’une longue douleur... Oh! ne l’oubliez pas! rien qu’une simple obole Peut rendre au malheureux qu’elle sauve et console
La vie et le bonheur !
Donnez à l’orphelin, à l’infirme, à la veuve,
urTures À tous ces pauvres cœurs que la souffrance abreuve ; Donnez, donnez! la main de Dieu vous le rendra :
argent ; C’est lui qui l’a promis. Et vous surtout, madame, \
PSBÉGy eu Qui connaissez si bien les doux penchants de l’âme,
Oh! faites des heureux, et l’on vous bénira!
Janvier 1903,
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