‹ "Mes loisirs,"Chapitre 2 sur 13 · VI NOTICE PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

VI NOTICE PRELIMINAIRE

Bien qu'il n'ait que rarement parlé de lui-même et tout à fait incidemment, Siméon-Prosper Hardy nous en a dit assez sur son compte pour nous faire savoir qu'il était de bonne souche parisienne et bourgeoise, exerçant une profession alimentée par celles qu'on est convenu d'appeler libérales et comptant même parmi ses ascendants un recteur de l'Université, Délavai, dont la fille fut la propre mère de Hardy. Né en 1729 dans une maison de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, au coin de la rue Traversière (détruite par le percement de la rue des Ecoles), l'enfant fit ses classes au collège de Navarre et à celui des Grassins où il eut pour condisciple Léon-Eléonore Leclerc de Juigné qui devait être le dernier archevêque de Paris sous l'ancien régime. Neveu du libraire Guillaume-François Hardy, il apprit à « lever la lettre » chez l'imprimeur Quillau, rue du Fouarre, et fut reçu libraire le 15 mai 1755, non sans avoir dû acquitter les frais d'admission fort élevés (1500 livres) qui lui furent réclamés intégralement, parce qu'il n'était pas « fils de maître ». Le 17 août 1757, il épousa Marie-Elisabeth-Charlotte Duboc, également fille d'un libraire, née en février 1734 et demeurant quai de la Tournelle, cousine germaine d'un conseiller au Ghâtelet dont le nom revient plus d'une fois sous la plume de Hardy, et sœur de deux commerçants que le Journal nous fait aussi connaître : l'un, marchand bonnetier, place Maubert et en outre marguillier à Saint- Etienne-du-Mont ; l'autre tenant une papeterie rue du Petit-Pont. L'existence de Hardy et des siens s'écoula

donc tout entière sur la rive gauche de la Seine et, sauf de fréquents séjours à Saint-Cloud durant la belle saison, il ne paraît pas avoir jamais sacrifié aux goûts et au besoin de déplacement si répandus chez les Parisiens d'aujourd'hui.

Son magasin de librairie, situé rue St-Jacques, audessus de celle de la Parcheminerie, avait pour enseigne A la Colonne d'or. Bien que les affaires qui s'y traitaient ne paraissent pas avoir été jamais très étendues, nous possédons du moins un catalogue sommaire des livres du fonds de Hardy, imprimé à la suite du dernier en date des ouvrages sur lesquels il avait mis sa firme d'éditeur ou plutôt de dépositaire, car il semble avoir tenu « l'assortiment », de préférence à des opérations plus aléatoires. Néanmoins, c'est bien à ses frais qu'il avait édité une Analyse de V ouvrage du Pape Benoît XIV sur les béatifications et canonisations, approuvée par luimême et dédiée au Roi (1759, in-12). L'auteur de cette Analyse était l'abbé Nicolas Bandeau qui a laissé une trace dans l'histoire des doctrines économiques et dont M. Taschereau a publié dans la Revue rétrospective une chronique parisienne comprenant les années 1773-1774. Pour parer aux dangers de la contrefaçon, une note prévient que la signature manuscrite de l'auteur se trouvera à la page « 283 » de tous les exemplaires, comme on peut s'en assurer sur celui de la Bibliothèque du Roi (portant aujourd'hui la cote B 3573). A la suite de cette Analyse est imprimée la liste des autres publications que l'on pouvait se procurer à la Colonne d'or. La plupart, il faut le reconnaître, n'émanaient pas de Hardy lui-même et plusieurs d'entre elles ne sont que des réimpressions sans intérêt bibliographique, telles

Mes Loisirs. Tome I. ^

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