TANTE LISE
Grâce à l'initiative de M. Herbette, directeur générai nos pénitentiaires nationaux, il parait que Ton va réfor Saint-Lazare. Madelonnettes françaises, vous aurez ces é nés ! Allons î tant mieux Si j'entends quelque chos style sobre du Journal Officiel^ la réforme consisterait sur il séparer, dans cet asile, les vieilles juments de retour d'i les pouliches de départ, car elles y étaient mêlées jusq saphisme. Nous le savions, monsieur Herbette, et par 1 les livres qui traitent de cet établissement salubre.
Mais que dites-vous d'une léproserie dont le direi peut écrire : « Il fallait avant tout préserver les enfants c jeunes filles I... » De quoi donc, dite»? Est-ce du systèi Je le crains, il est vrai que j'ai lâ-dessus des idées part lières dont la philosophie toute darwinienne ne serait comprise par ceux qui croient encore à la puissance con tlve de la réclusion. En fait de cure, et pour les vie? rossinantes morbides comme pour les pouliches caraco tes de la prostitution, je n'ai foi qu'à la mise au vert — à l'équarrissage. A «la prochaine », si les communarchi songent à moi pour quelque poste sérieux, que ce ne ; pas pour celui de M. Herbette ! Car, je les en averti; peine maître de Saint-Lazare, jeunes ou vieilles, je làchei tout dans les forêts, et j'en ferais des nymphes, des nympl des nymphes !... La nature seule peut guérir des maux la civiHsation.
Je serait une erreur de croire que j'en traite à la légère et
"tout que j'en badine. Je n'y ai pas le cœur, je vous assure.
i avec ce lazaret un vieux compte de vingt ans à régler.
Herbette m'en sonne l'heure. Merci. L'année pour moi
.n ira plus légère, si elle me désobstrue l'âme d'un cauche-
ar d'iuiquité qui, après tant de jours vécus, m'étoufife en-
re. Et puis, si vous aimez les histoires «arrivées », en voici
Les hommes, aujourd'hui mûrs, de ma génération peuvent re, car ils le savent, que les Romantiques ont assez fortemt calomnié la Bourgeoisie parisienne de 1830 à 1840. Elle fut pas tout à fait aussi bête ni aussi canaille que le Joseph l'udhomme qui l'incarne dans nos légendes hilares. Mais mporte ! Elle eut du moins, et certainement, le culte de la oille„ le respect de la signature commerciale et l'orgueil la lignée, vertus sérieuses en somme, puisqu'elles font eore aujourd'hui la force de ces juifs détestés par Drumout. serait aisé de prouver que Ja Bourgeoisie ne s'est vraiment •alinguée qu'en 1852.
Or, chez l^-s miens, bonnes gens du tiers, intelligents, mais
1 artistes, et d'ailleurs innombrables, toute cette fierté
niliale s'était concentrée sur un parent privilégié, passion-
pour les arts et les livres, qu'enfant j'appelais « mon
cle Claude >» et dans la bibliothèque dé qui je passais ma