‹ Mes mémoiresChapitre 39 sur 54 · Tout &u moins une diminution de pouvoir · texte numérisé non relu

Tout &u moins une diminution de pouvoir

Ainsi se trouve constatée par les faits la décroissance successive de Fautorité du commandement des chefs d*orchestre, depuis le fondateur de la Société des Concerts, et dont nous avons tracé quelque aperçu dans un chapitre précédent.

Maintenant vont suivre quelques notes se rattachant aux années comprises dans Tespace d'un quart de siècle que renferme notre livre sur « la Société des Concerts » (1860 à 1885).

Mais avant de reproduire tout document, je dois citer une copie de lettre trouvée dans les archives de la Société (ô Honte!), peu flatteuse à mon adresse, et qui n^annonçait pas ma carrière comme devant s'accomplir telle qu^elle l'a été.

c Paris, le 13 avril 1833.

« Monsieur,

« Le comité de la Société des Concerts étant informé que vous avez manqué trois fois aux convocations qui vous ont été adressées, et sans avoir fait aucune démarche pour motiver vos absences, me charge de vous prévenir qu'il devrait aux termes du règlement vous considérer comme démissionnaire, mais qu'espérant de vous plus d'exactitude à l'avenir, il veut bien consentir à vous conserver encore dans les cadres de la Société.

c Je vous invite donc au nom du comité à profiter de cet avertissement si toutefois vous avez Tintention de continuer à faire partie de la Société des Concerts.

• Le Secrétaire. »

Je me hâte de faire remarquer qu'à cette époque je n'étais encore qu'aspirant, et que cette défaveur ne s'étendit pas par la suite, car, six ans après, je fus nommé sociétaire.

« Paris, le 14 octobre 1830.

• Mon cher Deldevez, .

« J'ai le plaisir de vous annoncer que le Comité dans sa séance de ce jour, vous a nommé membre titulaire de la Société des Concerts, en remplacement de Masset, qui passe dans la partie vocale ; le zèle que vous avez toujours montré comme aspirant, nous est garant de celui dont vous ferez preuve comme sociétaire.

« Je vous renouvelle l'assurance de ma sincère amitié. « Votre dévoué

« Meifred, « Secrétaire* »

1860. — Mort de Girard, arrivée le 16 janvier, au soir, à l'issue d'une représentation des Huguenots,

Girard fut victime du devoir accompli, autant que de l'ombrage qu'il ressentait pour tout ce qui touchait à son prestige de commandement, à tout exercice de son autorité. Ayant dirigé le premier concert de la Société le 8 janvier (33** année), Tilmant alors 2** chef fut désigné par le Comité pour remplir, par intérim, les fonctions de 1" chef d'orchestre, reportant l'élection définitive à la fin de la session. L'ovation que lui fit un public ami, après le dernier concert, fut d'un heureux présage pour sa nomination ainsi sollicitée.

Pendant ce temps, Diestch était appelé à succéder à Girard, comme chef d'orchestre de l'Opéra.

Quant à moi, j'étais second partout.

1861. — Ma nomination de second chef à la Société me valut Tenvoi des programmes annotés par un abonné anonyme ^

Date du catalogue de la bibliothèque dressé par E. Jancourt.

1862. -^ Statu quo complet.

1863. — Année fertile en événements.

— 1®*" juillet, mon installation avenue Trudaîne, — mon déménagement de Passy : un volume de musique oublié dans la voiture et retrouvé à la Préfecture de Police — le seul qui contenait précisément un morceau du ballet : le Papillon d'Oflfenbach! — la malchance s'explique.

— Ce fut à la lecture de ce ballet que Tauteur n'entendant pas une note grave écrite à la clarinette, en fit reproche à l'exécutant qui pour se justifier lui dit : « Mais la note n'existe pas sur l'instrument !» — a Alors ne la faites pas ! » lui répondit le maestro sans se déconcerter.

A l'une des répétitions, à l'Opéra, de ce môme « Pa^ pillon » de malheur, le feu se communiqua aux jupes de l'une des danseuses. Mais il fut vite éteint. Maître Saint-Georges collabora cette fois avec les pompiers et recueillit une part de vives félicitations. Il dut garder la main en écharpe. Il pouvait à Taide d'une variante dire, comme à chaque fois qu'il lui arrivait de ramasser un cahier de papier de musique qu'il laissait volontiers tomber : « Une partition sombrait, je l'ai préservée de sa chute! »

L'émotion causée par cet accident fut d'autant plus grande que le souvenir de l'horrible catastrophe arrivée à Emma Livry était récent. — Je la vois encore

1, Voir « Société des Concerts », Paris, 1887* Firqaia-Didot, grand in-8<».

descendre la scène en courant, éperdue, enveloppée de flammes que sa course échevelée activait plus encore. Le corps apparaissait presque nu, éclairé, comme à tra^ vers un feu de Bengale, dans une fournaise ardente, par les lueurs d'une flamme dévorante ! —

Vers cette époque, par un procédé peu courtois : « ôte-toi de là que je m'y mette », eut lieu le fameux croc-en-jambe donné par George-Hainl à Diestch, autorisé par le directeur Perrin, et proclamé par Vauthrot disant à qui voulait l'entendre — lorsqu'on fut arrivé au 5* acte des Vêpres siciliennes : « En voilà un qui n'a plus que 20 minutes à être chef d'orchestre. »

Telle fut, en eff'et, la façon — que je ne veux pas qualifler — d'agir, de l'administration, envers un chef ayant eu le commandement des chœurs, et celui de l'orchestre ensuite !

Nous fûmes surpris de recevoir, à la mi-octobre, lors des premières réunions du Comité, la lettre de démission de notre chefTilmant. Il fut décidé, séance tenante, qu'une démarche immédiate serait faite auprès du démissionnaire pour connaître les motifs qui le faisaient agir ainsi, et pour le faire revenir, s'il était possible, sur sa détermination. Je fus, comme 2«chef, de la députion convoquée par le Comité. Il nous fut répondu que certaines attaques dans quelques journaux dévoués à George-Hainl, étaient la cause de cette démission. M"' Tilmant vint renchérir sur ce grief énoncé par son mari. — Et un détail, bien que hors du sujet de notre visite, fit les frais de l'entretien : M""* Tilmant s'habillait, lorsqu'un des lacets de son corset fit voltiger le violon (un Lupot) qui était sur le lit et l'envoya se briser

contre le mur. (On le répara, et il sonna mieux qu'auparavant). — De retour au Comité, nous îîmes part de notre démarche infructueuse. C'est alors que Ton rédigea une proposition (dont par parenthèse je suis Tauteur) en vue d'une élection qui n'offrait pas la garantie suffisante, présentement.

A l'article 15 du règlement, fut ajouté le paragraphe suivant :

« Le chef d'orchestre qui aura atteint l'âge de 60 ans sera rééligible tous les deux ans. »

Cela n'empêcha pas les événements de suivre leur cours : à l'assemblée du 22 novembre je fus investi du pouvoir de !«' chef pour diriger les deux concerts supplémentaires ;

— Dans l'intervalle je perdis mon père, et George- Hainl fut élu 1'^ chef d'orchestre de la Société des Concerts.

Le 10 janvier 1864, je reprenais ma situation — mon inaction accoutumée — pour un laps de temps assez long encore !

L'élément vocal, le Chœur ^ est parfois en désaccord avec l'élément instrumental, lorsqu'il s'agit, par exemple, d'un vote que ne peut faire triompher la majorité de l'orchestre contre l'unanimité du chant, — le chœur comptant un tiers des voix, l'orchestre deux tiers.

On a, pour obvier à cet inconvénient, formulé à plusieurs reprises, la question de substituer aux sociétaires du chant des « externes », en privant ceux-ci de la participation des assemblées générales ainsi que de la caisse de prévoyance.

Sans m'arrêter à ces intérêts lésés, je présentai des objections auxquelles on ne paraissait pas songer.

J'exposai en ces termes mon opposition à la question

qui fut discutée en comité le (je ne saurais indiquer

la date), les voici :

Dans tout changement proposé aux statuts de la Société, il importe d'en définir le véritable caractère.

Les articles du règlement formant des chapitres distincts, portent chacun un titre dont il est de la plus grande importance de tenir compte. Aussi, en présence de la requête à Tordre du jour, est-il nécessaire de distinguer :

1* Que l'article 5, dont il est question dans la proposition présentée au comité, fait partie du chapitre premier ;

2<* Que le chapitre premier a pour titre : « formation de la Société ; »

3^ Qu'il convient de préciser avant tout si la demande proposée est une « modification » ou une «c transfor-. mation » de l'article 5, en d'autres termes, un principe différent, une constitution nouvelle.

« L'article 5 dont il s'agit a été conçu dès l'origine en ces termes :

« Art. 5. Le nombre des sociétaires demeure fixé à cent douze, savoir :

Orchestre.. . 64

Chant 36

Solos 12

Nombre égal 112

Une proposition adoptée par l'assemblée générale du !«' mai 1843, modifie ainsi Tarticle :

« Art. 5. Le nombre des sociétaires demeure fixé à cent vingt sociétaires actifs, savoir :

Orchestre 64

Chant 36

Sociétaires adjoints, femmes. . ^ . . 8

Solos, hommes et femmes 12

Nombre égal. ... 120

EnQn, peu de temps après, le nombre des sociétaires fut encore modifié et fixé à cent dix, savoir :

Orchestre 74

Chant 36

Total 110

« Les femmes ne pouvant faire partie des sociétaires actifs, leur nombre reste fixé à huit. Le nombre des sociétaires solos est illimité. >

On voit que les changements apportés jusqu'ici n'ont été que des modifications de l'article S, mais que le fond, le principe, est resté le même. Il n'y a point eu là atteinte portée à la constitution, à la « formation de la Société. »

Aujourd'hui, par la proposition d'augmenter encore le nombre des sociétaires de l'orchestre, et d'exclure, par extinction, les sociétaires du chant, cette demande ne peut être assimilée aux précédentes, car son objet n'est point une modification pure et simple, mais bien une transformation de la Société, une destruction du principe de constitution.

En résumé, par les modifications ci-dessus, la Société

'a pas changé de forme ; par la proposition présente, la Société change. sa constitution. >

Augmenter ou diminuer le nombre deg sociétaires

dans Torchestre ou dans le chant, c'est modifier le prin^ cipe ; retrancher les sociétaires du chant, c'est détruire le principe de formation, c'est changer de constitution ! Mon rapport fut approuvé.

1868. — Assemblée générale le dimanche, 10 mai à 8 heures.

Modifications aux statuts (article 41, 66 et 72);

Réélection du premier chef d'orchestre.

C'était la première fois que le paragraphe de l'article IS, touchant la limite d'âge, pour le chef d'orchestre, allait ôtre mis en vigueur.

Séance du 17 mai 1868.

Vote : 56 George-Hainl. — 60 — 64 — 63 — 60 30 Deldevez. — 32 — 32 — 34 — 35

5 Lamoureux.

4 Dancla.

1 Adolphe Blanc.

1 Félicien David.

1 Berlioz.

98 Votants.

On voit que dans l'espace de quatre années je n'avais pas perdu beaucoup de terrain. C'est au scrutin de ballottage, au cinquième tour, seulement, que je fus définitivement battu.

Il n'y eut point d'indécision deux ans plus tard.

1870. — Assemblée générale le dimanche 15 mai à huit heures.

Addition à l'article 38 des statuts.

Réélection du premier chef d'ochestre.

Vole:

George-Hainl

Deldevez

Lamoureux

Gh. Dancla

Portébaut

Litolf

Bulletins nuls

Votants.

Cette fois, j'étais furieusement descendu dans le dessous ! Et au premier tour de scrutin, encore ! ! — Au même niveau que M. Lamoureux ! ! !

A Toccasion d'un des paragraphes ajoutés au règlement — nouvelles entraves à toute participation en dehors de la Société — je fis la proposition suivante touchant la propriété de la salle du Conservatoire :

Proposition de M. Deldevez,

Préambule.

— La mission du Comité est de défendre les intérêts de la Société ;

— L'intérêt général prime l'iniérêt particulier*

^— Il est de rintérêt de la Société que nul concert oU solennité musicale n'ait lieu dans la salle du Conservatoire pendant la durée de chaque exercice, en dehors de ton administration ;

D'autre part, M. le Ministre a le droit de disposer de la salle.

— . En présence de cette autorité supérieure, la Société ne doit pas, pour ainsi dire, aider de son concours M. le Ministre, en lui fournissant elle-même jes moyens d'user d'un pouvoir auquel elle ne peut se soustraire, mais qu'elle doit chercher à combattre ;

— Or, si les artistes de la Société étaient réglementés de manière à ne pouvoir faire partie d'aucune exécution dans la salle du Conservatoire, pendant la session (à part les concerts de la Société, bien entendu), les éléments dont disposerait alors M. le Ministre, par le fait seul d'accorder à (ïautres qu'à nous la jouissance de la salle, ne pourraient être de nature à nuire aux intérêts et à la dignité de la Société ;

— Je conclus donc par la proposition d'ajouter à l'article 38 le paragraphe suivant :

a... ni à aucune exécution musicale étrangère à là Société, dans la salle du Conservatoire, pendant la durée de chaque exercice. » — Voir la rédaction de l'article 38, statuts, no 2.

— Peu de temps après je rédigeai un projet, auquel on ne donna pas suite, à rapproche de cette date mémorable : « 17 DÉCEMBRE 1870! »

« Plusieurs fois votre comité a fermé l'oreille à des sol* licitations qui* lui étaient présentées, à vrai dire, d'une manière indirecte. Il espérait toujours rencontrer uti moment favorable où la Société des Concerts pourrait, à son tour, prendre, elle seule, l'initiative d'une solennité quelconque, dans la salle du Conservatoire, qui serait en quelque sorte le début de ses séances habituelles.

a Une date mémorable, inscrite déjà dans nos procèsverbaux, et que la Société, bien Certainement, n'aurait point passé sous silence, sans les événements graves de cette année, nous voulons pariei*du centenaire de Beetho-*

VCD, a élé Tobjel d*une allenlion particulière. En effet, n*étaiUil pas possible, tout en célébrant cette date glo-' rieuse, de lui affecter, en même temps, un caractère de bienfaisance internationale, en la considérant au point de vue humanitaire.

c L*art eut été le principe ; la gloire, le but; la charité, le résultat. Le Comité était convaincu que ce projet, s'il-pouvait se réaliser, serait accueilli par la Société ; malheureusement les circonstances nous ont forcé de Tabandonner.

« 17 décembre 1870L »

Le Figaro ^ vendredi 10 mai 1872.

Courrier des théâtres.

MM. Jacquard et Danbé devaient jouer dans le Concert pour les blesséSy qui a eu lieu lundi soir au Conservatoire ; ils étaient même affichés.

La Société des concerts, dont ces messieurs font partie, le leur a absolument défendu.

Cette interdiction a dû faire bien plaisir à mesdames Thiers, Jules Simon, Say, qui étaient les dames patronnesses de ce concert.

Il paraît que le ministre des Beaux-Arts n'a pas goûté cela davantage, et que Tannée prochaine on mettra ordre aux abus de cette Société, composée d'excellents artistes, moins pourtant les meilleurs, qu'elle a perdus par ces défenses ridicules, comme MM. Pranchomme, Alard, Altès, Mohr, Trombetta, Leroy, etc.

Jules Prével.

A cette attaque, je crus devoir répondre :

Le 11 mai 1872.

Monsieur Prével,

Dans l'intérêt de la vérité, le comité de la Société des Concerts croit de son devoir de rectifler les faits inexacts que vous avancez dans votre courrier des théâtres du Figaro du 10 mai dernier.

Vous dites, Monsieur, que la Société des Concerts « par ses défenses ridicules a perdu ses meilleurs artistes ». C'est une erreur.

MM. Alard, Altès (Henri), Leroy, Trombetta sont démissionnaires ; M. Pranchomme a dû se retirer ayant atteint la limite d'âge flxée par le règlement; M. Mohr, seul, a été démissionné.

Aucune défense ridicule n'est donc cause de la perte que la Société a dû supporter.

Quant à MM. Jacquard et Danbé qui devaient jouer dans le concert pour les blessés, lundi soir, au Conservatoire, il est très vrai que le Comité le leur a défendu.

Mais, il était facile, pour ces messieurs, connaissant le règlement, de ne point s'exposer, avant d'être afflchés, à un refus qui d'ailleurs avait précédemment été adressé à deux de leurs collègues.

Agréez, cher Monsieur, etc.

E. Deldevez.

Enfin, mon tour était arrivé I

George-Hainl , après avoir donné sa démission — m'honorant du titre de son loyal ami — me désigna comme son successeur.

Et, en etîet, je fus élu au premier tour de scrutin.

Voici en quels termes je posai ma candidature à l'Assemblée :

M.Deldevez àMM. les membres de la Société des Concerts.

Messieurs,

Permettez-moi d'invoquer un privilège attaché à la position même que je tiens de vos suffrages.

En présence de la décision prise officiellement par M. George-Hainl, je vous prie de m'accorder le droit de priorité sur la liste des candidats aux fonctions de premier chef d'orchestre de la Société des Concerts.

Je viens, Messieurs, solliciter Thonneur de succéder à M. George-Hainl.

Cette prétention n'est point, chez moi, un excès d'orgueil ni une ambition non réfléchie ; j'accomplis un devoir bien doux, celui de consacrer à la Société — si vous m'en jugez digne — une expérience que j'ai pu acquérir par les exemples de l'illustre fondateur, Habeneck, mon maître, et de ses successeurs.

La tâche à remplir pourrait m'imposer le silence, si je n'étais animé de l'amour' de mon art, si je ne me sentais soutenu par les souvenirs de notre passé glorieux, si je n'avais foi en l'avenir de nos précieuses traditions.

Mes eff*orts pour les maintenir seront, vous n'en doutez pas, à la hauteur de la tâche. La force morale, je dois la trouver dans ce concours d'éléments puissants, dans cette réunion d'artistes de premier ordre qui assurent à la Société des Concerts, le premier rang parmi les plus célèbres institutions.

Aussi, mon désir le plus cher est-il qu'une pensée soit en même temps une seule volonté pour tous, et que l'ex-

pression de ce sentiment réponde au vœu général : la prospérité de la Société.

Je ne terminerai pas sans vous dire, Messieurs, et vous le savez d'avance, combien je serais fier d'être élu ; ancien élève du Conservatoire, lauréat de l'Institut, aujourd'hui membre de cette Société , à laquelle je dois d'être initié au génie des grands maîtres classiques, ainsi qu'aux chefs-d'œuvres de l'École française, je serais, je le répète, heureux et fier d'obtenir le titre de premier chef d'orchestre de la Société des Concerts.

J'ai donc l'honneur, Messieurs, de solliciter vos suffrages.

Ce 25 mai 1872.

1872. — Assemblée générale du 25 mai.

Election du premier chef d'orchestre.

Vote :

MM. Deldevez 94

Ch. Dancla 3

Deloffre 1

Bulletins blancs 3 George Hainl 2 Altès 1

104 votants.

Ce vote m'élevait à la situation d'Habeneck , de Girard...

1872. — Extrait du procès- verbal du comité, du mardi 2 juillet 1872 :

<K M. Deldevez se plaint du mauvais état dans lequel se trouve la bibliothèque et demande que des mesures soient

prises pour remédier à cet état de choses ; à ce sujets M. Rose devra s'entendre avec M. Vital aûn de procéder à unânventaire, et, s'il le juge nécessaire, pourra s'adjoindre M. Jancourt qui s'est mis gracieusement à la disposition du Comité. »

— Comité du mardi 2 juillet 1872,

Une question digne d'intérêt, en ce qu'elle concerne une partie du matériel servant à l'exécution des concerts : c'est la restauration de la bibliothèque.

On comprend combien il est important de constater, à certaines époques, l'état dans lequel se trouve la musique de notre répertoire.

Avant de vous soumettre la proposition que nous avons l'honneur de vous présenter, i] n'est pas inutile de remon ter à l'origine de la formation de la bibliothèque.

Lors de la fondation de la Société (1828), cette partie du matériel s'est formée, au fur et à mesure, par l'achat des parties d'orchestre gravées des symphonies de Beethoven, des ouvertures de Weber et de divers auteurs; quant aux symphonies d'Haydn, de Mozart, le répertoire des parties séparées, éditées par Sieber, et appartenant à la bibliothèque du Conservatoire, était mis entièrement à la disposition delà Société.

— Et remarquons, en passant, que depuis qu'en Allemagne quelques symphonies d!Haydn, entre autres, ont été éditées en partition et en parties séparées, on a donné, en France, la préférence à ces éditions mieux gravées, il est vrai, mais inexactes, et la Société des Concerts a laissé passer en d'autre mains le répertoire des parties d'orchestre (reliées en volumes) contenant les indications qui sont les bases de nos traditions. — Quant aux partitions d'orchestre, il n'en était point question encore.

Les œuvres instrumentales et vocales, opéras, messes, oratorios, de Beethoven, de Mozart, de Haydn, de Gluck,

de Chérubini, de Lesueur, de Spontini, de Rossini, furent toujours empruntées aux diverses bibliothèques de rOpéra, de la Chapelle et du Conservatoire.

Par la suite, quelques œuvres d'auteurs modernes, Mendelssohn en tête (1842), vinrent s'ajouter à notre répertoire.

Aujourd'hui le catalogue de la bibliothèque de la Société contient 419 numéros d'ouvrages de différents auteurs et de caractères divers.

Dans ce nombre, on doit distinguer :

i^ Les numéros désignés comme complets^

2<* Les numéros désignés comme incomplets.

On entend par numéros complets, ceux dont ]e nombre des parties séparées est en rapport avec la composition de l'orchestre et du chœur ; les numéros incomplets formant plusieurs classes que l'on ne peut considérer que comme des compléments.

Les morceaux empruntés, jusqu'à présent, aux différentes bibliothèques, ne réunissant pas toujours le nombre suffisant de parties, on a dû se procurer (soit gravure, soit copie) celles dont Tutililé a été reconnue.

Les numéros d'ouvrages incomplets s'élevantau chiffre de 243, dont 74, seulement, a\ec partitions, et 169, sans partitions; les numéros d'ouvrages incomplets dépassent le chiffre de 176.

C'est par conséquent plus de 176 morceaux que l'on n'a point sous la main, dont on ne peut disposer pour les programmes, qu'après avoir fait les recherches, adressé les demandes nécessaires, après avoir reçu l'envoi de la musique empruntée, lorsque toutefois elle a été trouvée. On conçoit les inconvénients que présente un tel état de choses.

Ainsi, pour ne parler que de cette année, nous avons dû renoncer, entre autres, à un air de Fernand Cortez, à la marche A'Olympie, par suite du désordre dans lequel est la musique de l'Opéra.

Des parties d'orchestre de tout Tœuvre de Gluck, il n'en faut plus parler; elles ont disparu, ou ont été incendiées. Les parties de chant de la symphonie avec chœurs tombant en lambeaux, il a fallu les remplacer; cette mesure dictée par la nécessité est de nature à se reproduire indubitablement.

La musique, soit gravure, soit copie, comprenant les 243 numéros d'ouvrages complets, est encore, en partie, celle qui a été achetée à l'époque de la fondation de la Société ; il en résulte qu'un grand nombre de numéros sont aujourd'hui hors de service, à part les 169 partitions qui font défaut.

Cet exposé succinct de la situation présente de la bibliothèque, démontre l'urgence d'une restauration conçue dans des conditions réfléchies, raisonnées, sagement appliquées selon les besoins présumés ou reconnus d'avance indispensable à l'entretien et à l'augmentation d'oeuvres sur lesquelles repose notre institution.

Une semblable entreprise réclame, cela se comprend, des soins constants, un travail assidu et un laps de temps proportionné aux ressources disponibles de la Société, ainsi qu'au but qu'elle se propose d'atteindre, car, tout en procédant avec une juste réserve, il est important de mener de front les différents travaux qu'exige cette partie du matériel, à savoir :

1® Renouveler la musique d'ouvrages complets, usée et par conséquent impraticable ;

2« Compléter les morceaux incomplets, afin d'éviter les emprunts ;

S^Augmenterle répertoire d'ouvragesnouveaux, etc., etc.

Pour assurer l'exécution d'une telle entreprise, il convient qu'une somme de... soit allouée, chaque année, par la Société, afin de réaliser, avant chaque session, les opérations jugées jiécessaires par le comité.

La somme que nous vous proposons d'allouer est de : par année.

Ce projet étant adopté devient par le fait Tobjet d'un article additionnel aux statuts, dont nous vous soumettons la rédaction :

Art. .. Une somme de est allouée, chaque

année, par la Société, pour subvenir aux frais, soit d'acquisition, soit de copies de musique et d^entretien du matériel composant la bibliothèque de la Société des Concerts, jugés nécessaires par le comité.

Les soins que réclame la bibliothèque exigeant de la part du commissaire, membre du comité, une étude spéciale, en outre le temps que nécessite un tel travail ; d'un autre côté, le commissaire du matériel se renouvelant tous les deux ans, il serait à désirer, qu'indépendamment du commissaire, membre du comité administratif, la Société nommât un bibliothécaire dont les fonctions honorifiques, et de durée déterminée, pourraient être remplies par un membre honoraire, réunissant les conditions voulues et ayant une position qui lui permettrait de se dévouer aux intérêts de la Société.

Cette mesure nouvelle que nous vous proposons également d'adopter, nous Tàvons mise en pratique cette année. M. Jancourt a bien voulu nous prêter son concours et son expérience comme ex-commissaire du matériel. Nous vous prions donc. Messieurs, de nous autoriser à présenter à vos suffrages M. Jancourt comme bibliothécaire, si toutefois vous approuvez la proposition que nous avons rhonneur de vous adresser.

1877. — Rapport présenté à l'assemblée générale du...

La lecture du procès-verbal de la dernière assemblée générale (i5 mai 1877) m'a fait connaître le désir exprimé par la majorité. On demande qu'il soit donné une plus grande clarté à la rédaction de l'article 33 de nos statuts, etc. ^

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