Rue de la Verrerie, n
— « Voyons^ dit M. Sudre, donne-moi ton violon^ et « au môme instant, il détend toutes les chevilles d'un ou « deux tons, et lui remet le petit instrument. Personne (c ne se figure la vivacité avec laquelle le jeune bam- « bin mit le violon d'accord et en combien peu de temps.
— « Mais qui lui apprend tous ces petits airs? disait « M. SudPxi.
« Sa mère répondit que, quelquefois, on le menait « au Vaudeville ou aux Variétés et que c'était de là « qu'il les savait.
— « Madame^ dit M. Sudre, si cet enfant m' appartc* « nait, dans cinq ou six ans, il ferait ma fortune!
« L'on se sépara après s'être donné réciproquement « son adresse et en promettant de se revoir.
« Effectivement, un an après, Ernest devint l'élève « de M. Sudre et l'on conçoit les progrès que cet enfant V dut faire. En 1825, il voyagea avec M. Sudre, ainsi « que le jeune Charles Larsonneur, qui était à peu près « du môme âge, et tous trois parcoururent une partie a de la France pour y donner des concerts et y faire en- « tendre aussi la Layigue musicale ^.. »
III. — L'année 1825 fut ainsi marquée par mon voyage artistique, le seul que j'étais appelé à faire dans ma carrière. Mon professeur, M. Sudre, obtint de mon père et de mamère l'autorisation pour quinze jours ou trois semaines, au plus, de m'emmener et me faire voir du pays.
Bien que, pour accède© à sa demande, ma famille eût toute la confiance que méritait d'ailleurs, à tous égards, M. Sudre, et qui, par la suite, fut justifiée dans maintes circonstances, il fallait encore que mon père fut pé-