Cher Karl IranOTitch
cirée noire à travers laquelle les coins de la table, tailladés de coups de canif, paraissaient. Autour de la table, plusieurs tabourets de bois blanc, rendus luisants par un usage prolongé.
Le mur du fond était percé de trois fenêtres. Juste devant les fenêtres la route passait ; les moindres excavations, les petites pierres, les ornières m*en étaient familiers depuis longtemps. Derrière la route, une allée ombragée de tilleuls, taillés régulièrement, limitée, ça et là, par une haie en taillis. Par delà cette allée, une plaine s'étendait, bornée d'un côté par des meules de blé et de Tautre par la forêt. Au loin, dans cette plaine, se dressait, isolée, Tisba du gardien.
De la fenêtre de droite on voyait une partie de la terrasse sur laquelle les grands attendaient, assis, Theure du dîner.
Tandis que Karl corrigeait ma dictée, il m'est arrivée souvent de regarder de ce côté, de voir une petite tête noire, quelque dos, et d'entendre vaguement des bribes de conversation et des rires. Je me sentais alors très dépité de ne pouvoir être avec eux, et je pensais :
c Quand donc serai -je grand aussi ?... pour que mes études soient finies. . . Je ne passerais pas mon temps à étudier ; je me tiendrais près de ceux que j'aime. >
Mon dépit se changeait en tristesse et, Dieu sait comment et pourquoi, je me prenais à réfléchir au point de ne pas entendre Karl fvanovitch me reprocher les fautes que j'avais faites.
Karl Ivanovitch ôta sa robe de chambre, endossa son frac bleu aux épaules plissées, arrangea sa cravate devant la glace et nous conduisit en bas pour souhaiter le bonjour à marnai .