‹ Mes mémoiresChapitre 16 sur 22 · CONSIDÉRATIONS SUR LE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LE GOUVERNEMENT

touchant les principales questions qui s'agitent de notre temps dans le domaine des institutions purement organiques, et je soulevais, par anticipation, quelques autres questions sur lesquelles des nécessités grandissantes attirent l'attention des hommes pratiques. La principale de ces questions est la distinction entre deux fonctions, celle de faire des lois, pour laquelle une assemblée populaire nombreuse est radicalement impropre, et celle de tenir la main à ce que de bonnes lois soient faites, ce qui est son propre devoir qu'aucune autre autorité ne peut remplir d'une manière satisfaisante. Il est donc nécessaire d'établir une commission législative, élément permanent de la constitution d'un pays libre, composé d'un petit nombre d'hommes politiques d'une éducation supérieure, auxquels serait dévolue la tâche de rédiger la

loi, après que le parlement aura décidé que la loi doit être faite ; le parlement gardant le pouvoir de l'adopter ou de la rejeter quand elle aura été rédigée, sans avoir celui de l'élaborer autrement qu'en proposant des amendements et en les renvoyant à la commission. La question que je soulève relativement à la plus importante des fonctions publiques, celle de la législation, est un cas particulier du grand problème de l'organisation politique moderne, posé, je crois, pour la première fois dans toute son étendue par Bentham, quoique, dans mon opinion, il ne l'ait pas toujours résolue d'une façon satisfaisante, à savoir la combinaison d'un contrôle complet

de la part du peuple sur les affaires publiques avec l'organisation la plus parfaite à donner au pouvoir. L'autre ouvrage que j'écrivis à cette époque est le

même que j'ai publié quelques années plus tard (en 1869) sous le titre de L'assujettissement des femmes. Je l'écrivis

pour qu'il restât, à tout événement, une composition écrite de mes opinions sur cette grave question, aussi complète et aussi concluante qu'il était en moi de le faire. Mon intention était de conserver ce livre parmi d'autres papiers que je ne publiais pas, pour l'améliorer de temps en temps si j'en était capable, et le publier enfin quand il me semblerait qu'il pourrait être le plus utile. Tel qu'il a été publié -.

dans la partie qui est de ma composition , ce qu'il y a de plus frappant et de plus profond appartient à ma femme, et je l'ai tiré du fond d'idées qui nous était devenu commun par nos conversations et nos innombrables discussions sur une question qui occupait une si grande place dans notre esprit.

Peu après je retirai du dépôt où ils attendaient des papiers que je n'avais pas encore publiés et que j'avais écrits durant les dernières années de mon mariage, et j'en fis, avec quelques additions, un opuscule intitulé Y Utilitarisme, qui parut pour la première fois dans le Fraser 9 s Magazine, et qui fut plus tard réimprimé en un volume.

Cependant avant ce moment, l'état des affaires publiques était devenu extrêmement critique par l'effet de l'explosion de la guerre civile d'Amérique. Tout mon cœur était engagé dans cette lutte, qui, je le sentais dès le début, était destinée à ouvrir une nouvelle ère, pour le bien ou le mal , dans le cours des affaires bu-

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