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LES MINISTÈRES WALDECK-ROUSSEAU

rallié au régime, Joseph Gaillaux fils d'un ministre de l'Ordre moral, des opportunistes : Decrais, Leygues, etc., des radicaux : Lanessan, Baudin, le leader des socialistes : Millerand.

Une seule considération, une espérance plutôt, atténuait la violence des attaques : le ministère tomberait, disait-on, dès qu'il prendrait contact avec la Chambre des députés.

Peu s'en fallut que la prédiction ne se vérifiât.

J'ai encore dans l'oreille le formidable brouhaha qui accueillit les ministres pénétrant dans la salle des séances. Les socialistes debout hurlent : « Vive la Commune » au passage de Galliilet. La droite et une partie du centre invec* tivent, en un langage de porcherie, « le ministère Dreyfus. » Un soi-disant socialiste, qui ne fut jamais qu'im nationaliste mal déguisé, M. Mirman, dirige contre le chef du gouvernement et quelques-uns de ses collaborateurs des attaques enfiellées de sycophante haineux. Waldeck- Rousseau est dans la quasi-impossibilité de parler. Viviani apporte bien au gouvernement le secours de son éloquence. Il rassemble les socialistes. Le résultat n'est pas moins incertain jusqu à ce que M. Brisson, qui jouit d'ime grande autorité morale sur les républicains, monte à la tribune. Il sonne le ralliement. Les gauches se ressaisissent. Des membres du centre votent avec les avancés ou s'abstiennent les uns par amitié pour Waldeck- Rousseau, les autres parce qu'ils sont dreyfusards dans l'âme sans oser l'avouer. La confiance est obtenue à une faible majorité. N'importe 1

Le ministère est debout I II vivra trois ans.

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