LE GENERAL ANDRÉ
chez lui, ce fut une explosion justifiée d'indignation. Interpellé, mis au pied du mur, le général André ne fit pas face. Il équivoqua. S'il eût pris hardiment ses responsabilités, si jetant par-dessus bord des procédés indéfendables, déclarant que ses instructions avaient été dépassées, comme il était probable, que, en tout cas, il ne serait plus question de ficheR à l'avenir, il avait posé devant les Chambres et l'opinion la grande question : le choix à faire entre une armée marchant hardiment vers l'avenir et une armée s'attachant à regarder en arrière au détriment de la défense nationale, il eût obtenu le bill d'indemnité.
Mais il eût fallu tenir la tribune ou qu'un chef de gouvernement la tint au lieu et place du soldat. Abandonné petitement par son président du Conseil, M. Combes, le général André se courba sous l'orage. Il disparut. L'histoire serat-elle juste à son endroit? Je la sais si souvent façonnée par les réacteurs que je suis en méfiance. Ce m'est une raison de plus de rendre hommage au général républicain qui fut un bon serviteur du pays. Je regretterai simplement qu'il s'en soit remis ô la brutalité toujours inféconde pour réaliser une transformation des esprits nécessaire mais que des réformes dans l'enseignement des écoles militaires, de la bienveillance et des avertissements discrètement dosés pouvaient seuls déterminer... avec le temps. En brûlant les étapes, surtout en cheminant obliquement il fit tort à son œuvre que l'on chercha par la suite à ruiner. On n'y put entièrement parvenir. Nous devons au général André les canons de 155 dont nous disposâmes au mois d'août 1914, un corps d'ofiiciers de réserve aptes à leur tâche. Ce sont là services éminents rendus à la patrie 1