‹ Mes mémoiresChapitre 9 sur 29 · LE CARNET DE FELIX FAURE · texte numérisé non relu

LE CARNET DE FELIX FAURE

(Dreyfus et Fashoda.)

C'est pendant la présidence de Félix Faure qu'eurent lieu la phase principale de l'Affaire Dreyfus et l'affaire de Fashoda.

C'est en janvier 1895 que le capitaine Dreyfus, accusé d'avoir vendu des secrets militaires à l'Allemagne, fut condamné et dégradé. Peu après, il était déporté à l'île du Diable, au nord de la Guyane. C'est en 1896 que le chef du bureau d'espionnage, au Ministère de la Guerre, le colonel Picquart — que j'avais souvent rencontré à l'Elysée — déclara que le fameux bordereau, contenant la liste des documents que Dreyfus avait été accusé d'avoir livré à l'Allemagne, avait été écrit par le commandant Esterhazy. En 1897, le sénateur Scheurer-Kestner essaya de rouvrir l'Affaire, mais le Président Faure s'y opposa et Méline, qui était alors président du conseil, déclara que l'Affaire Dreyfus était close.

Dès lors commença une guerre sans merci entre les dreyfusards et les antidreyfusards, et les insultes les plus outrageantes, les diffamations les plus éhontées devinrent des armes d'usage quotidien et général. Mon salon était un terrain neutre, mais il me fut bientôt impossible d'empêcher des duels de paroles où les antagonistes ne se faisaient aucun quartier, même entre des êtres qui avaient été des amis intimes pendant de longues années, même entre époux, entre frères, entre parents et enfants. Je poussais doucement les plus furieux dans le jar-

din d'hiver, mais l'écho de leurs querelles — car le mot discussion serait trop faible — parvenait jusqu'au salon où quelques amis et moi essayions vainement de jouer un peu de musique calme et simple : une page de Haydn ou de Mozart.

Comme exemple des choses étranges et ridicules qui se passaient à cette époque troublée, je puis citer le cas de Mme Z..., la femme d'un éminent magistrat et la grande-prêtresse d'un salon fameux où l'on rencontrait tout le monde et n'importe qui, depuis l'aristocratie du faubourg Saint-Germain jusqu'à une certaine Mlle Ghichette, une célébrité dans son genre, car elle avait eu l'honneur d'être la première Parisienne à porter à son corsage une petite tortue vivante, ornée de pierres précieuses !

Mme Z..., qui était ce qu'on appelait alors élégamment « une dreyfusarde enragée » (son mari bien entendu était anti dreyfusard), prit le deuil aussitôt après la condamnation de Dreyfus et le conserva jusqu'au jour où la revision fut décidée, où elle apparut en demi-deuil ; enfin, elle revêtit une robe éblouissante faite de paillettes multicolores le jour où le capitaine fut remis en liberté... Il n'est que juste d'ajouter que Mme Z... était blonde et que le noir lui allait fort bien. Il y a des limites au plus noble des héroïsmes.

Voici maintenant un résumé — d'après quelques notes d'un journal que je tenais alors — des événements qui se passèrent de juin 1898 à février 1899, date de la mort du Président Félix Faure.

En juin, le Président commença à s'inquiéter de savoir si le capitaine Marchand avait atteint Fashoda. Quand il était Ministre des Colonies, Delcassé avait envoyé l'expédition Liotard dans le Haut- Oubanghi. MM. Liotard et Cureau avaient rempli leur mission avec succès et avaient atteint l'extrémité ouest du Bahr-el-Ghazal.

Au commencement de 1897, le capitaine Marchand avait quitté Brazzaville, au Congo Français, pour rejoindre la mission Liotard, mais il avait, en

réalité, reçu Tordre d'atteindre le Bahr-el-Gliazal et de remonter le Nil Blanc jusqu'à Fashoda qu'il devait ocuper. Le plan était vaste et bien conçu. S'il réussissait, la France deviendrait maîtresse d'un empire africain transcontinental, allant du Sénégal au golfe d'Aden, de l'Atlantique à la mer Rouge. Félix Faure allait plus loin ; il voyait déjà un chemin de fer transsaharien traversant cet immense empire et la France si fortement établie dans la région du Haut-Nil qu'elle était à même de regagner une partie de l'influence qu'elle avait perdue en 1882 quand l'Egypte fut occupée par les Anglais.

Le 15 juin, le Ministère Méline donne sa démission. Félix Faure charge Méline de former un nouveau cabinet. Méline essaye, mais ne réussit pas. Le Président demande alors à Ribot, le vieil homme d'Etat si habile, qui a été par deux fois président du conseil, de former un cabinet. Ribot refuse. Sarrien, pressenti, se trouve incapable d'accepter la mission difficile. Félix Faure se tourne alors vers Peytral qui se met à l'ouvrage... Les jours passent... Méline et ses collègues ont démissionné le 15 ; nous sommes au 25. C'est le chaos... Ce qu'il faut, disent les uns, c'est un Ministère de concentration ; d'autres préconisent un cabinet de conciliation... Les mots et les formules ont beaucoup d'importance en France.

Le 26, Peytral annonce au Président qu'il a échoué. Brisson, est appelé par Félix Faure... Enfin, le 28, la France a de nouveau un cabinet. Brisson est président du conseil et Ministre de l'Intérieur ; Gavaignac, qui est aussi ennemi de la revision que le Président lui-même, devient Ministre de la Guerre, et le rusé, mystérieux et audacieux Delcassé succède à Hanotaux au quai d'Orsay.

Le 7 juillet, j'assiste à la séance de la Chambre des députés. Cavaignac, que je rencontre souvent à l'Elysée et chez les Bœwisvaid, amis intimes de mon mari, affirme avec véhémence que la culpabilité de Dreyfus ne fait pas de doute.

Le 17, paraît une lettre de Zola à Brisson, qui se réduit à ceci : « La France est dans un état pitoyable et nul ministère ne pourra durer tant que l'Affaire Dreyfus n'aura pas été éclaircie légalement. » Le Président me dit : « Si l'on reprend l'Affaire, nous n'en verrons jamais la fin. Une revision du procès de Dreyfus amènerait l'anarchie et peut-être la guerre civile. Dreyfus a été déclaré coupable... Si nous tenons bon, tout se calmera. »

Le 27 juillet, mon ami Laferrière est nommé gouverneur général d'Algérie, en remplacement de Lépine... Il y a une épidémie de duel à Paris... M. de Pressensé, du Temps ; le poète J3ouchor et d'autres rendent leur ruban rouge au Conseil de l'ordre, parce que Zola a été rayé du cadre de la Légion d'honneur... Le duc d'Orléans proclame partout la culpabilité de Dreyfus et son amour pour l'armée...

Le 14 août, le Président va au Havre, sa ville natale, où il compte passer quelques semaines. Je m'y installe dans une villa avec ma mère et ma jeune sœur. Une revue navale a lieu... en mon honneur, me dit-on !... Le Président, avec sa suite et Lockroy, le très actif Ministre de la Marine, est à bord du Cassini. Mlle Lucie Faure et moi sommes sur un bateau réservé aux « invités »... Nous passons tous des journées charmantes, faisons des excursions, assistons à des concerts, des fêtes, à un bal à l'Hôtel de Ville... Mais il y a un nuage : Clemenceau publie une lettre qui lui fut envoyée par le général Billot, Ministre de la Guerre dans le cabinet Méline, dans laquelle le général déclare que Dreyfus est coupable, mais que le général Mercier, président du conseil de guerre qui a jugé Dreyfus, n'a pas toujours fait ce qu'il aurait fallu.

— Clemenceau, me dit le Président, est l'homme le plus dangereux qui soit du pays, et ce qui est pire, c'est qu'il le sait. J'ai cru que nous aurions la paix quand il cessa d'être député, il y a cinq ans, mais depuis qu'il s'est fait le défenseur de Dreyfus et qu'il a fondé L'Aurore, je vois que je

me suis trompé. Sa plume est aussi dangereuse que sa langue.

Un événement autrement grave et gros de conséquence, que la plus rude attaque de Clemenceau, a lieu à la fin du mois : l'arrestation du colonel Henry, qui confesse que c'est lui qui a fabriqué les preuves nouvelles de la culpabilité de Dreyfus, qu'en juillet Cavaignac soumit à la Chambre.

La nouvelle de l'arrestation du colonel Henry et de son incarcération au fort du Mont-Valérien, est parvenue au Président le 30 août, au soir. Le lendemain, nous apprenons que le colonel s'est suicidé, et Cavaignac donne sa démission. Félix Faure, à sa villa de la Côte, a une longue conversation, au téléphone, avec le président du conseil.

Le coup est terrible... Et malgré son courage et son optimisme, Félix Faure en sent toute la force accablante. Il en est anéanti. « Tout est changé », répète-t-il sans cesse. Il est à la fois furieux et profondément écœuré. « Comment savoir la vérité ? demande-t-il, j'ai eu sous les yeux, et plus d'une fois, des preuves évidentes de la culpabilité de Dreyfus, et maintenant je m'aperçois que certaines de ces preuves étaient fausses, fabriquées, falsifiées... En qui puis-je croire ? Partout et sans cesse, je me heurte à des contradictions, des arrière-pensées, des réticences, des manœuvres louches et des trahisons... Je n'ai qu'une chose à faire : démissionner. »

Le lendemain, il m'invite, avec ma sœur et le prince P..., son grand ami, à faire une promenade en mer. Une fois au large, il me prend à part et me dit : « Je piétine dans un bourbier. Chacun semble avoir quelqu'un à protéger et quelque chose à masquer... Il y a du charbon et des provisions sur ce bateau pour une semaine. Nous allons faire une croisière de plusieurs jours... Que les responsables s'arrangent et se tirent de l'épouvantable position où ils se sont mis — et où ils m'ont mis moi-même... Quand nous reviendrons à terre, je

démisioimerai. Les honnêtes gens me comprendront. »

Le Président est blême de colère et refuse d'écouter ce qu'on lui dit. Le prince P... et moi, très troublés, passons deux heures à le calmer. J'essaye de faire comprendre à Félix Faure quel effroyable scandale éclaterait s'il donnait suite à son projet... Un Président ne peut pas disparaître pendant une semaine... Je lui montre les conséquences graves qui suivraient, pour le gouvernement, pour l'ordre, pour le pays, pour lui-même, et enfin je lui dis qu'on croira qu'il a agi par lâcheté et non par souci de sa dignité... Finalement il cède, et l'ordre est donné de rentrer au port... L'alerte a été rude.

Le 3 septembre, le Président a de nouveau une longue conversation avec le président du conseil, au téléphone et le 4 au matin, il part pour Paris où, à la gare, l'attendent Delcassé, toujours calme, et le général Zurlinden, gouverneur de Paris. A l'Elysée, Brisson vient discuter avec lui la situation créée par le suicide du colonel Henry.

5, 6, 7 septembre. — Des nouvelles importantes du Soudan. La bataille d'Ondurman. L'armée de Kitchener remporte une victoire décisive sur le « khalifa ». Le drapeau anglais flotte à Khartoum et Khartoum n'est qu'à quelques centaines de kilomètres de Fashoda. Quels ordres a reçu Kitchener ? Si Marchand est vraiment à Fashoda et si Kitchener l'apprend, que se passera-t-il ?...

7 septembre. — Félix Faure me dit qu'il a demandé au général Zurlinden, d'être Ministre de la Guerre. Le poste n'est pas une sinécure, mais le général l'accepte bravement. ïl est convaincu que Dreyfus est coupable, et comme il le dit : « La confession d'Henry et toutes les manœuvres équivoques de certains antidreyfusards ne prouvent pas que le conseil de guerre ait condamné un innocent en 1895. » Félix Faure, cependant, comprend que le gouvernement sera bientôt contraint de décider pour ou contre la revision, et j'exprime, à sa grande sur-

prise, l'espoir qu'on décidera « pour ». Cela me paraît, comme à tant d'autres, la seule façon légale de terminer l'Affaire, définitivement.

12 septembre. — Le doute n'est plus possible.

Marchand est bien à Fashoda.

Il paraît que peu avant la bataille d'Onduram, le khalifa apprit la présence d'hommes blancs à Fashoda. Le bateau qu'il y envoya fut reçu à coups de fusil et dut redescendre le fleuve.

Le Président est ravi. L'occupation de Fashoda donne à la France une nouvelle base de discussion en ce qui concerne la question d'Egypte. Toutefois, le sirdar est puissant et il est impossible d'aller au secours de Marchand.

Il y a eu six heures de conseil des ministres aujourd'hui. Les affaires intérieures vont de mal en pis et il y a de sérieux désaccords entre les divers membres du cabinet.

Brisson et Sarrien sont en faveur de la revision, mais le mot seul de revision fait bondir de fureur le général Zurlinden...

Et la guerre que se font les différents partis pour qui le dreyfusisme ou l'antidreyfusisme n'est qu'un prétexte politique, un moyen et non pas un but, devient chaque jour plus implacable et plus navrante. Quel cauchemar !

14 et 15 septembre. — Un peu de changement. J'ai suivi le Président à Moulins, où ont lieu des manœuvres. Je fais la connaissance de plusieurs officiers étrangers. Le général de Négrier dirige les opérations. Le duc de Gonnaught est présent.

16 septembre. — La presse, en France et en Angleterre, publie déjà de longs articles sur « Fashoda ». Le Président a eu plusieurs entretiens avec Delcassé et envisage l'avenir avec optimisme.

— Si nous avons pris Fashoda, dit-il, nous ne l'avons pas pris à l'Angleterre ou à l'Egypte, mais aux Derviches. Le gouvernement britannique est raisonnable. Lord Salisbury est incapable d'arbi-

traire et Kitchener a servi dans les rangs français pendant la guerre avec l'Allemagne. Il est connu pour son sang-froid et ne brusquera rien... Et puis, le duc de Connaught, aux manoeuvres, a été d'une courtoisie parfaite, et la foule l'a acclamé avec enthousiasme, ce fils de la reine Victoria. Vous verrez... Tout ira bien...

17 septembre. — Le général Zurlinden a envoyé sa démission à Brisson, ce matin. Il est déjà remplacé. Le général Chanoine lui succède.

Au conseil des ministres, cette après-midi, il a été décidé de nommer une Commission de revision. Pendant que Félix Faure m'en parle et que je range certains papiers, nous entendons des cris au dehors... J'ai un dîner important et suis obligée de retourner chez moi. Je ne passe pas cette fois par la petite porte du jardin, mais par la porte principale pour découvrir ce qui se passe. Ce n'est rien ou presque rien. C'est la foule qui hurle : « Vive Brisson !» et : « A bas Brisson ! »

Le 19, de bonne heure, on sonne au téléphone. C'est le Président.

— Avez-vous lu Le Temps, hier soir ? me demande-t-il.

— ■ Non, je me suis accordé quelques heures de vacances... J'ai joué à cache-cache avec Marthe qui ne voulait pas se coucher, ce qui a mis ma mère en joie. Elle arrive de Beaucourt et va passer quelques jours avec ma sœur et moi... Qu'y avait-il dans Le Temps ?

— Ecoutez. Il exprime exactement ce que je pense de Fashoda : « Nous considérons tout acte contre Marchand, c'est-à-dire contre le drapeau qu'il garde, comme entraînant avec lui toutes les conséquences usuelles dans de tels incidents... »

— Parfait.

— Maintenant, avez-vous lu le manifeste du prétendant ?

— Lequel ?

— Le duc d'Orléans.

— Non, mais je suppose qu'il annonce à tous les Français qu'on piétine sur leurs droits, qu'on désorganise l'armée et que la France peut compter sur lui. Est-ce cela ?

— Oui... Vous ne le prenez pas au sérieux ?

— Et vous ?

25 septembre. — Enfin ! Des nouvelles sûres du Soudan. Le sirdar est de retour à Khartoum après avoir été à Fashoda où il a rencontré Marchand. Il n'y a pas eu de conflit. C'est à la diplomatie à tranchëFle différend.

— Nous n'avons pas de Talleyrand, dit le Président, mais nous avons Delcassé : il a de la souplesse et de l'audace sans compter une dose utile de jugement. Et puis, il a autant de sang-froid que de prudence.

27 septembre. — Après le conseil des ministres, le Président me dit que sir Edmund Monson, l'ambassadeur d'Angleterre, a lu à Delcassé une dépêche de Kitchener. Celui-ci parvint à Fashoda, il y a huit jours. Marchand s'y trouvait depuis le 10 juillet avec quelques « blancs » et environ 120 Sénégalais. D'une autre source, le Président a appris quelques détails sur cette entrevue. Kitchener félicita Marchand à l'occasion de son grand voyage, le pria d'amener le drapeau français. Marchand refusa, naturellement, de le faire, sans ordres de son gouvernement. Le sirdar le quitta sans sourciller et hissa le drapeau anglais et le drapeau égyptien au sud du camp fortifié de Marchand, puis il retourna à Khartoum, après avoir laissé une forte garnison à Fashoda, sous le commandement d'un colonel.

— Il ne nous reste plus, dit Félix Faure, qu'à attendre le rapport de Marchand. Delcassé est en communication constante avec Monson. Tout est possible, même une guerre ; mais, quoi qu'il arrive, c'est que s'il doit nous parvenir par le Bahr-el- Ghazal et le Congo, nous aurons plusieurs mois à

attendre. Nous serons fermes ; nous n'évacuerons pas Fashoda : advienne que pourra !

ler-7 octobre. — Plusieurs journaux anglais ont déjà envoyé à la France un ultimatum, mais le gouvernement anglais jusqu'ici est plus calme. Chose extraordinaire, on publie en Angleterre un « Livre bleu » sur l'affaire de Fashoda... et les négociations ont à peine commencé ! Mais le Président m'annonce que Delcassé a trouvé une façon spirituelle de parer ce coup bizarre, nous publierons un « Livre jaune » en réponse à ce « Livre bleu » ! Et il ajoute :

— Les notes que Delcassé et Monson échangent indiquent clairement qu'une guerre est très possible, probable même. Mais quelle que soit l'hostilité de l'Angleterre, il est clair que l'Angleterre ne veut pas négocier avec nous avant que Marchand n'aie quitté Fashoda : nous ne céderons pas.

— Et Marchand ?

— Son rapport nous parviendra par Khartoum et le Caire. Il sera bientôt ici par cette voie-là... A propos, je dine avec le comte Witte, demain, à Rambouillet...

10 octobre. — Eh bien, quels résultats ?

— Aucun, répond le Président. Witte m'a fort peu parlé des intentions de la Russie, mais il croit que la France, en ce moment surtout, devrait éviter toute guerre, et surtout une guerre avec l'Angleterre. Et j'ai compris ce qu'il ne disait pas. Mais nous verrons...

Baratier, le compagnon de Marchand est en route pour le Caire avec le fameux rapport.

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