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lui fallul bien patienter. On arriva mourant de faim à Rhamanieh.
Là on apprit que Ton séjournerait les 11 et 12 pour attendre des vivres commandés dans le Delta , et qui arrivèrent effectivement.
Ces vivres frais , le voisinage du Nil, dans lequel les soldats se plongeaient au fàr et à mesure qu'ils arrivaient, rendirent un peu de courage k l'armée.
Mon père, qui s'était procuré deux ou trois pastèques, avait invité quelques généraux de ses amis à venir manger sous sa tente. On se rendit a son invitation*
Nous^ avons vu le mativais début de la campagne, et combien on avait déjà souffert depuis le départ d'Alexandrie.
L'Egypte, qu'on avait vue tie loin comme un large rubab d'émeraude.dërouié à
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travers le désert, apparaissait non pluâ avec son abondance antique, qui en faisait le grenier du monde, mais avec sa patrvreté moderne, ses populations fuyantes, ses villages déserts et ruinés.
On a entendu les plaintes de Desaix; ces plaintes étaient celles de toute larmée.
La réunion sous la tente de mon père, réunion qui avait pour objet de manger trois pastèques, prit ail bout de quelques instants, et quand chacun eut mis sa mauvaise humeur en commun , un aspect politique.
Que venait-on dire dans ce pays maudit, qui avait successivement dévcnré tous ceux qui avaient voulu le conquérir depuis Gambyse jusqu'à Saint-Louis? Etaitce une coloni^u'on voulait y fonder?
A quel propos quitter la France, son so-
leil qui réchauffe sans brûler, ses grands bois, ses plaines fertiles, pour ce ciel de feu, pou/ce désert sans abri, pour ces plaines ardentes? Elait-<^ une royauté que Bonaparte voulait se tailler en Orient, à Tinstar des anciens proconsuls ? Alors fallait-il demander aux au-très généraux s'ils voulaient se contenter d'être les chefs de cet autre Satrape. De pareils projets pouvaient réussir avec les armées antiques composées d'affranchis et d'esclaves, mais non avec des patriotes de 1792 qui étaient non pas les satellites d'un homme, mais les soldats de la nation.
N'y avait-il dans toutes ces récriminations que de simples murmures arrachés parla souffrance, ou était-ce déjà un commencement de rébellion contre la future ambition de l'homme du 19 brumaire?
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c'est ce qu'il eût été peui-^lre difficile de dire à ceux-là mêmes qui prirent pari a cette réunion, mais c'est ce qui fut dénonce à Bonaparte comme une grave atteinte à son autorité, par un général qui avait crié plus haut que tous les autres pour trouver les pastèques de mou père très bonnes et les intentions du général en chef très mauvaises.
Quoiqu'il en soîl, ce fut a Rhamanieh et souB telie tetite de mon père que commença cette opposition républicaine à laquelle Kléber donnai tant de force eu s*y ralliant.
Le 12j la flottille commandée par le chef dé division Perrée arriva de Rosette.
Perrée mou tait le Cerf.
Bonaparte plaça sur le bâtiment monté par Perrée tout Tlnsfitiit scientifique r
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Mouge, Fournier, Coslaz, BerthoUetj Dolomîeu, Tallien.
lis devaient remoDter le Nil parallèlement à Tarmée française, leurs chevaux servant à compléter un petit corps de cavalerie*
On sait comment cette flottille, poussée par le vent, marcha plus rapidement que l'armée , fut attaquée par la flottille turque, et fusillée des deux côtés du Nil par les Fellahs. L'ordonnateur de Sussy, qui fut depuis le comte de Sussy, eut dans ce combat le bras cassé par une balle.
Attiré par le canon , Bonaparte intervint à temps, et, après avoir passé sur le corps de quatre mille mamelucks k Chebreciss, il sauva la flottille dune destruction totale.