‹ Mes mémoires [microform]Chapitre 18 sur 29 · II · texte numérisé non relu

II

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Huit jours après, Bonaparte livrait la bataille des Pyramides.

Quatre jours après la bataille des Pyramides, c'est à dire le 25 juillet à quatre heures du soir, Bonaparte faisait son entrée au Caire.

Nul mieux que Bonaparte ne connaissait cette raige en scènedelayicloire»

qui douille dapsle mondele bruit qu'elle doit fftirQ d'écbo en écho. Nul mieui:

que Bonaparte ne trouvait, à tête rqpo-. sçe, ces mots. sublimes qui sont censés avpir été dit^ avant, pendant ou après le CQmb£(t, et dont un des plus célèbres est celui-ci :

« Soldats/du haut de ces monnments, quarante siècles vous contemplenf. »

Veut-on savoir maintenant le de^ré d*e\agération apporté par le bulletin du général en chef, veut-on se faire une

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idée jii^e do rimpressiaQ produite par ce combat siur ceux-là. mêmes qui y avaient assisté et y avaient joué de» rô* les qui n'étaient pas tout à fait secondaires ?

Qu'on me permette de transcrire cette lettre de mon père, adressée à Kléber, demeuré comme on sait , à Alexandrie, en qualité de gouverneur, et surtout pour s'y remettre de sa blessure :

(c  Boulak, près le Caire, le 9 thermidor an VI.

» Nous soiumes enfin arrivés, mon ami, au pays tant désiré. Qu'il est loin ! bon Diieu ! de ce que l'imagination la plus raiwnnable se l'était repr&erité !

L'horrible villasse du Caire est peuplée d'une canaille paresseuse, accroupie tout le jour devant ses huttes infâmes,

fumant et prenant do tabac, ou mangeant des pastèques et buvant de l'eau.

» On peut se perdre aisément tout un jour dans les rues puantes et étroites de cette fameuse capitale ; le seul quartier . des mamelucks est habitable. Le général en chef y demeure, dans une assez belle maison du bey. J'ai écrit au chef de brigade Dupuis, actuellement général et commandant au Caire, pour qu'il s'y fît réserver une maison. Je n'ai pas encore de réponse.^

» La division est à une espèce de ville appelée Boulak, près du Nil, a une demilieue du Caire. Nous sommes tous logés dans des maisons abandonnées et fort vilames, Dugua seul est passablement.

» Le général Lannes vient de recevoir l'ordre d'aller prendre le commandement de la division Menou, à la place de

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\ial, qui ra à Damiette, avec un bataillon. 11 m'assure qu'il refusera. La deutième légère et le général Verdier sont en position près les Pyramides, sur la rive gauche du Nil, jusqu'à ce que le poste qu'il occupe soit fortifié, pour y placer un poste de cent hommes.

;> On doit établir un pont vis-à-vis Ghizeth: cet endroit est en ce moment occupé par la réserve d artillerie et du génie. La division Régnier est au devant du Caire, à deux ou trois lieues; celle de Desaix va venir au Vieux-Caire; celle de Bon est à la citadelle, et celle de Menou en ville.

> Tu n'as pas idée des marches fatigantes que nous avons faites pour atteindre le Caire. Arrivant toujours à trois ou quatre heures après-midi, après avoir soutfert toute la chaleur, la plupart du temps sans vivres,, étant obligés de glaner ce

lot MÈAîomtt»

c^ûfe' îes ffi visions îtjttî bous précédaient a vffiéwt laissé dans les horrtMies villages ^'eWès avaient sofuteM pillés. 'Harcelés j^itdàtjp toute la marche par c^t Iro^éte ^é iroleurs nôMmës Bédomn?Sj 'qui nous oni tuédesliommës ttdesxîfflcîersa viBgtcinq pas de la oolonne. L'aide-de^camp du général Dugua, nottiméGerosélr/aété assassiné ôeccftte façon avant^hier, en allant porter un ordre à un peloton de grenadiers. C'est une guerre, ma foi ! pire qtie èéllé de la Vendée.

'^ Nous avons ëù,' lèjoitr de ndtr€i arrivécj combat sur le Nil, à là feauletir dii HBaire ; lés Mamélucks, qm éont pleins d'esprit, ont eu cehii de passer de la rive droite sur lia rive 'gâucîie du Nil. Il va sans dire qu'ils ont été rossés, et que niôtas leur avons f.... le cul dans le fleure. Celle bataille se nommera, je

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crois, celle des Pyramides. Ils ont perdu sept ou huit cents hommes, sans exagération aucune. Une grande partie de ce

nonitMre se noya en voulant passer le Nil à la nage.

* ïe désire bien savoir comment tu te portes et quand tu seras en état de venir prendre le commandement de la division, qui est en de bien faibles mains. Tout lé monde l'y désire et chacun se relâche singulièrement du service. Je fais ce que je puis pour retenir chaque partie liée entre elles, mais cela va très mal. Les troupes né sont ni payées ni nourries, et tu devinés aisément combien cela attire de murmures. Ils sont encore peut-être plus forts de la part des officiers que de celle des soldats. On nous fait espérer que d'ici à huit jours les administrations seront bien organisées pour faire exacte-

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ment les distributions, mais cela sera bien long.

n si lu viens bientôt, ce que je souhaite ardemment, fais-toi escorter, même sur ta barque , par des carabiniers qui puissent répondre aux attaques des Bédouins, qui ne manqueront certainement pas de se présenter sur la rive du Nil pour te fusiller au passage.

>) Le commissaire ordonnateur Sussy a eu le bras cassé sur la flottille, en remontant au Caire. Tu pourrais peut-être revenir avec les chaloupes canonnières et les djermès qui sont allées chercher les efTets des troupes à Alexandrie.

» Arrive, arrive, arrive.

» Tout a toi ,

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