BALLADE DE LA ROSE
Clicz loi Von se rue en cuisine, 0 banquier, roi de l'univers.
De partout l'on t'emmagasine Pèches, raisins, fraises, pois verts, Même au temps des plus durs hivers.
Pourtant tu mangerais morose Si les fleurs manquaient aux couverts.
On vit sans jiain ; pas sans toi, rose.
Toi. qu'alTame notre lésine,
Meux pauvre, aux tas d'ordure ouverts
Ta faim avec les chiens cousine.
Parmi les détritus divers,
Os, trognons, lambeaux pleins de vers.
Tiens, cctil iuu» ! »^'uc ion caur s';irrose D'eau U*af qui lo fouto à l'envers.
On vit sans pain ; pas sans loi, rose.
Le lon^ des murs noirs de l'usine.
Avril ril dans les mâchefers.
Sous le rideau de ma voisine J'aperçois des Itoucpiels offerU.
La mignonne chaule au travers, Hose, en dépit de la chlorose nue lui font les jeûnes soufferts.
On vit sans pain ; pas sans toi, rose.
ENVOI
Disent (jue ça suffit, la prose.
Mais le monde a besoin des vers.
On vit sans pain ; pas sans toi, rose.
iU mi: s l'Ai; A in s
Poèlo, ne sois pas clairon, mais cornemuse, Mais crincrin de bastringue aux refrains engageants. Mieux encor! Prends patente, et, sous l'oeil dessergeiits, Viens aux bourgeois repus prostituer la Muse.
Retrous'se-lui le nez en faunesse camuse, La jupe aussi. Qu'elle ait les tétons indulgents, La cuisse gaie. Et sois son maquereau. Les gens Te paieront bien, si la petite les amuse.
Ainsi tu te feras un avenir cossu.
Tu seras un monsieur qu'on décore, et reçu,
Gendre futur, nu xcin des familles honnêtes.
Pourquoi sonner la charge en nos calmes cités ? Nos ventres gras à lard ont peur des baïonnettes, Et nos bas-ventres seuls veulent être excités.
DANS l.bS H EMU US li.»
Assez chanlù pour eux de ces làclics clinnsons ! Non, la Muse n'est point une tille de joie. Viens, guerrière, en habits d'acier, et non de soie ! (".'est dans un ourairan tic inoi-l (juc nous passons.
Au combat 1 J'ai jeté ma viole aux buissons, J'ai fait de mon archet un glaive qui flamboie. (> chapons, le poète est un oiseau de pi-oie. Allons, tas d'engraissés, en garde! Commençons.
Sans honneurs, sans proHts, sans disciple qui m'aime. Au combat ! Et, bourgeois, vous danserez quand même. M.i^ 'insi que les ours qu'on mène par le nez.
Au grand soleil je vous traînerai hors des antres, El pour marquer le pas à mes vers forcenés Je battrai du tambour sur la peau de vos ventres.
MlCS l'A H. Mil:
On a (le ces jours-là, pourlaiU !... Adieu devoir, IllTorl, dignité, loul ! On trouve déleclable Le sort du bœuf repu bavant à rahicUvoir.
(>n ne (luitle le lit que pour se mettre à table. On a pris son parti d'ôlrc un lourd ruminant I)ont le ventre se vautre au fumier de l'étahle.
On se dit qu'il est doux de jouir, niaintenanl. Pendant qu'autrui liat^iille cl pâlit sans relâche; El,, cynique, on n'a point de lionle en comprenant
t^)uoii emplira sa bière avec le corps d'un lâche.
Il \ N^ I. Kn KK Mu 1°'
11 e'^t bon que p.irfoiî« vous vous cxtorininipz. Iloininos qui pullult>7. coiuuie un Iroupo.iu d'esclaves. Tue ! A morl î L'héroïsme est la fleur des charniers.
llouvre-loi, vieux volcan, (iuerre, el crache les Javes. Nous avons de la boue au cœur et sur nos fronts. Dans ton feu qui nettoie il faut que tu nous laves.
llufiMii ' LuuMit'. au i-'altip î \ hmis. iums iiuii> remet iinn- Charj:eant en plein poitrail ton cheval qui se cahrc, l)u lyrisme dans l'àme au chant de tes clairons
Kl (lu fer dans le sanir au tranchant de ton sabre.
Ml> l'VUAIH^