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ISC> MKS l'A 11 A 1)1 S
« 0 moi, mon pauvre moi, parle, fais-loi comiailic ! € Je te clierche ; j'ai soif de l'aimer ; je le veux. » El voici que de tous les recoins de mon èlre
L'n ouragan de cris répondant à mes vtLUx Monte, où j'entends crier mon être libre à libre. Du bout de mes orteils au bout de mes cheveux.
El ]"ouragan est toi que je perds léquilibrc
El que je chois, la létc entre mes deux poings clos.
Sourd, soûl, fou, me croyant une conque qui vibre.
Pleine de tous les vents, grosse de tous les finis.
I)ANs ! is H CM OC S tS»l
'.11 . > i- Il i-nI ji.is UfllX liini (jiii MPlil ni moi ; (.. l•^t (li\.
' enl. mille, des milliers ! Veims de (juels jadis. \ travers quels fourrés d'anciennes aventures. \ ers quels châteaux chantant d'espérances futures, lourds de quels souvenirs, riches de quels hulins. i'i)ussés par (juels espoirs qu'éveillent quels matins, (ourant à quel triouïphe ou vers quelle dérouter 1 * ne sais ; mais ils sont, ils vivent, ils font route. lA heurtés, péle-méle, à remous écumant, 1 '■ mes. ils sont en marche éperdùment. jiiié parfois se croit leur souveraine.
I lusion ! C'est leur lourhillon qui m'entraine. 'i ne suis pas leur chef. Je no suis qu'un d'entre eux. Va cependant, au fond d'un fin fond lénéhreux. l'ar moments un éclair s'allume, où je me semhlc litre l'accord final, l'Ame de cet cnsemhlc. l ne foule unanime avec ma voix pour voix. Moments furtifs, après lesquels je me revois
188 MKS PARADIS
Perdu parmi les flols de eelle mer liumaine
Qui s'agite en moi sans que personne la mène.
Cette mer, je ne dois pas même par l'oubli
M'en évader. Comment la fuir ? J'en suis rempli.
Autant vaudrait vouloir sauter hors de mon ombi-e.
Cette houle de moi qui pullulent sans nombre
En moi, les rejeter de moi, je ne peux pas.
Dans tout ce que je suis, j'entends grouiller leurs pas .
Dans tout ce que je sens, je vois fleurir leurs rêves.
Mes gestes et mes dits et mes faits sont les grèves
Où. viennent aboutir ces tas de flots hurleurs
En des actes que je crois miens et qui sont leurs.
Car les leurs ou les miens, à quoi les reconnaître ?
Mêmes aspects partout, qu"un même esprit pénètre I
Car leurs vœux, leurs regrets , leurs pécliés, leurs remords .
Leurs songes, leurs raisons d'être, ne sont pas morts.
Mais, en un rut phénix qui sans fin recommence.
S'engendrent à jamais de leur propre semence.
Et ces vœux, ces raisons, ces songes, en effet,
Qu'ils soient miens ou soient leurs, qu'importe ? J'en suis fait.
Ainsi s'évanouit l'orgueilleuse chimère
De me constituer un moi, fût-ce éphémère,
Mais défini, précis, à part, indépendant.
Tous ces tenaces moi, que je suis, m'obsédant.
Même au plus seul de la plus seule solitude.
Je suis toujours peuplé par cette multitude.
n A N«« l.l> Il I M" I N 1^'
llli biou ! n'iMi nyons pas do honlo ni tli-iVroi !
l>i' cetti' inultiliuli' au moins soyons le roi !
Mon orj;ueil peut tMicor dans sa déconliliii'i'
A s'apotliéoser ainsi trouver pâture.
»>ui. je suis un pays aux énormes cités
Dont tous les lial)itanls vivent ressuscite-
A la fois, ceux des temps passés, ceux dt- ii.ii;iiiii-.
Avec ceux d'aujourd'lmi, tous, les grands, le vulgaire.
Héros, gueux, jusqu'aux plus obscurs, aux plus petits.
Tous reprenant soudain leurs anciens appétits
Inapaisés, leurs soifs quil faut qu'on désaltère.
Leur besoin d'expliquer le monde et son mystère.
De s'y créer des droits, de s'y faire un devoir,
< >u leur goût à jouir des choses sans savoir
«^>uelle cause préside aux effets délectables ;
Tous, tous, les favoris du destin, dont les tables
Hegorgèrent de mets et les coffres d'écus
El les lits de tétons, de ventres et de culs:
Tous, les bons dont la main en fleurs fut aumùnière.
Les pauvres doux, crapauds écrasés dans l'ornière.
Les révoltés, serpents qu'on traite d'assassins
Parce qu'à la nourrice ils ont mordu les seins.
Tétant du sang au lieu du lait qu'on leur refuse ;
Tous, les humbles sans bien, sans nom, troupe confuse
De bestiaux paissant dans les herbes couchés
Ou blancs moutons conduits par de rouges bouchers:
190 Mi;S l'AlîAlilS
El ceux-ci, les brulaux, les iorls, aux pourpres Irofïiies,
liras velus, poings pesants cl poitrail large, ivrognes
De domination, de gloire et de fureur,
\'olus il'or et debout sur un char d'empereur
Dont les quatre chevaux les roulant jusqu'au sacre
S'ai)pellent Deuil, Ruine, Incendie et Massacre;
Et revivent aussi les semeurs de bienfaits,
Inventeurs, grâce à qui s'allège un peu le faix
Des lourds labeurs où nous condamne la nature.
Sages, prophétisant la concorde future,
Artistes, faisant luire à la flamme du beau
Dans la nuit du réel un idéal flambeau,
Poètes, dont les chants aux sonores mensonges
Se déploient en décors de splendeurs et de songes
Pour nous cacher l'abime autour de nous béant
Que creuse à tous nos pas l'universel néant ;
Et revivent cncor dans cette foule immense
Ceux (jui furent avant ([ue riiisloirc commence,
Au temps où n'existait pas même une cité,
Le pays que je suis n'étant lors habité
Que par des larves dont on a perdu mémoire.
Depuis ceux dont le nom est devenu grimoire
En des livres sacrés que nul ne comprend plus,
Jusqu'à ceux qu'on voit fondre en remontant le flux
Des légendes vers leurs sources les plus brumales,
Et môme jusqu'à ceux des races animales
HANS LKS MKM(M>« 191
\yant )>uur houU outils leurs ongles et leurs «lentH, •Jui passèrtMil tli's ans, des ans, des cycles «l'ans \ se dissocier des brutes el des fauves, hans cet unique eflbrt. d'ôtre saines et sauves, ^ins prendrtî conscience encorde leurs destins, ^.ins aurore d'id«^e en la nuit des instincts, ^ iiis laisser pour ItMnoin de leur étape brève MU'ique objet conservant un souvenir de rêve. I iil-oe un caillou niar(|ué par un autre d'un cr.ui. Itien. et qui toutefois, jour par jour, an par an, l>e la sorte ont vécu des siècles à centaines ; l!t leurs sensations, que je crois incertaines Parce qu'ils n'avaient point, pour les noter, des mots, Ils les sentaient pourtant, et leurs nerfs d'animaux Kn vibraient, les gravaient en leur vierge cervelle, Kt plus profondément chaque empreinte nouvelle Creusait un point, et point par point ces millions ' De points se rejoignaient pour tracer des sillons 1 la cervelle enfin devait, ensemencée, irter tes fleurs, ù verbe, et tes grains, 6 pensée ! i,t tous ces moi, les plus lointains, les plus confus. Les plus vagues, en moi revivent. Je les fus. 1'' les suis. Je ne peux les forcer à se taire, suis tout le passé de l'homme sur la terre, ssé toujours présent rué vers l'avenir, 1 umultueux chaos qui veut se détinir.
ly.' MKS l'A HA ni s
Monstre aux ifiil niilliards de milliards do vies Oui par des milliards d'aulrcs seront suivies Kt qui toutes ont soif de boire en s'y jetant L'immuable éternel dans le fugace instant. Je suis tout cela, oui! <^>ue mon orgueil s'exalte! Cette marche de tout, j'en vais être la halte, (-ondenséc en un point et résumée ainsi S'absorbera la sphère au centre que voici. .le suis tous les finis infinis que nous sommes, .le suis tous mes aïeux, tous mes fils, tous les hommes. Tous les êtres de qui mon être estrélixir. Tout leur pèlerinage aux chemins du désir, Tous leurs matins d'espoirs, toutes leurs nuits de transes. Toutes leurs voluptés et toutes leurs soulï'rances, Tout ce qu'ils ont voulu sans le pouvoir jamais, .le suis tous les instincts, conscients désormais, De la brute, et de l'arbre, et de l'algue fantôme, Et des eaux, et des gaz, et de l'informe atome, Et de tout ce qui fut et de tout ce qui est Dans l'océan sans bords de ce tout inquiet, .le suis tous les esprits et toutes les matières, La résurrection de tous les cimetières Aux tombeaux devenus berceaux et recréant, •le suis tout l'univers. Je suis tout le néant, llélas ! tout le néant, surtout. Car j'ai beau faire, Pas plus ici qu'ailleurs ne s'absorbe la sphère
IIA.XS LKS lli:MOL> 19:»
ui ilHiis l'absurvlité du tourhilloniu'iiunt Ntr va (jue pour ohanKcr ilc reiilre à lout tuuuienl: >'t je n'ai m^uiopas, «tans la houle coutpacte
ni liors «le moi dëbortlt; et sur moi caUiracte, \ travers tant <le moi dont je suis les séjours. I nnjvè mon pauvre mien tiue je oherehe toujours.
TKS îf Is h M|;
A la tin j'ai compris voi> vuix, Voui» lous qupje suîk, et j'y vois.
Orgueil, desoeiuU de ton pavois !
Coii8cionce pilote, abdique !
Inconscient, boul véridique.
Instincts dont chacun revendique
Li barre que lu ne tiens* pas, \ aine raison qui me trompas, 4) vous tous, ]irenez le compas î
Ht puisqu'en tous rentéit-cbie Est diversement réflécliie, Gouverne, pilote Anarchie !
l'.ts M 1, ■^ r \ li \ n I -
Nul moi ua do ilroils ill)^olu^ Sur h's aulios. Tous soiU iMus, In l'.inulis, n'y j^ensoMs jjIus !
In P.irailis, oii, bien f^aréo A 1 aliri lie loule niarùc, Hesloenlin la nef amarrée,
Bonsoir! Nef de j-'ueux, de Itandils, Ces porls-là le sonl inlerdils.
Non pas un, mais des paradis,
Non toute la paix, mais des trêves.
Voilà ee qu'il faut que lu rôvcs Et ehorches de grèves en grèves ;
Ni»n le cher pays des aïeux Autiuel partout sous d'autres cieux On songeait, des pleurs dans les yeux;
Non plu.> 1. p.iv.-. cliimériiiue, Fldorado, neuve Amérique, où, n»is il'un royaume féerique,
Sailli palrtc au caur u.
VouK YuuN feriez le kol >.,, i.
I»'um* palriv u volro f;n> ;
PaH iiièine un havre où l'un s'arrùlt* Pour jamaih, ]m)iiIoii vu relniitc ; Mniii (ieii haltes, la voile |>rë(o,
l^ii ile« aiihei» pleines de nuit.
Uunt, uvant l'heure uù le jour luit,
\ t .ti.Mv .-1 \ il.- ,,11 ^'.'1. Illll '
• )ù contre la cote on se serru Tout juste le temps nécessaire
A nitititoler le bateau,
Le radouber quand il fait eau.
Fouiller le val et le coteau
'jiit i.int (iu f-'iiucr, une >ouree, Pour reprendre aussitôt >a coun»e Ver* le nez de la Petite-Durne ;
l)o.s ;illi'rri.ssa.;i'> nM|ULs.
Toujours iinlus, souvonl iusiikiiu^s Ounnd c'est le roe qui sert do (juais ;
l>e ciiurls repos sur le rivjige D'uuc ile iiifoMuue el sauvaue ; I)fs i»nrlanees dès l'arrivaice ;
\ oilà vos paradis certains.
Les seuls que vous aurez atteinls,
l'aradis furlifs. clandestins.
l'aradis où l'ancre s'envase, Paradis à la brève extase, Paradis de liasard, d'occase,
Paradis de quelques instants, <Jui, tels que vous, leurs habilanls
|)"iiii siiir sdiit fnv.'ir<ls i>l fl'>tt;iiil>.
Oui, les voilà, mes camarades, Batteurs des liquides estrades, Vos pauvres paradis sans rades,
«Il
l.ok »culk qui {tour un jour, doux joun», VouH offrinMil iriiuiiiItlcH M'jour»,
Il .•.. I I .■..II- . .inlt.'f t. m ..llt-v
i m»j' "iii ■< , > .1 i III'
Voufc n'jMirf/ à N
Sun» loisirs ni longuet» plnisiancc».
ijtr paniti les flux el reflux Ces île» aux pieds vermoulus N'onI pas jett^ l'ancre non plus.
Kl pK** de leur lorre mouvante Si Vous attendez trop qu'il vente, S<iuYenl vous aurez l'O'pouvanle
l>e kenlir. un t»oir de gros temps.
Au souffle d'étranges autans Oftciller ses t>ords hésitants,
Kt de la contempler qui tangue.
Houle, grouille, elle et sa calangue.
Et vous verrez, la face exsaii:.'Uf,
L'œil l'ou, l'ile se décroclicr Du fond »lc In mer, cl, mohcr
I»(n<Miii li.il.'.ni s;m< iini-lior.
Devant vous qui loucliic/. s;i l'ivc.
Vers l'onibro dont le spci-lrc aiTivc (îagner le large à la dérive
Kl sous le brouillard et ronilirun Perdre ses contours un J):ir un Ainsi que dans riiori/iui l)iun
Se fond un vol de procellaire Dont au ras des flots s'accélère L'évasion crépusculaire.
Il ^ iLLS b 011 203
Aii»s»i, vous fuirez, lc> iles !
Vous m'échapperez, asiles!
J'admets.
Soit î Sur vos bord> ili- fantôirif Aucun loil, fùt-il en chaume,
J.tm.'iis !
Aucun ch.'imp, dont on espère Faire M>i-m^me un jirospère
I-opiii Où la femme et les marmaille <. Auront, ^râce à nos semailles,
iMl |t.!ill '
•J(U MKS rAHAItlS
Snil ! Nul, sur vc roc sans It.isc.
.Wiur.i son jardin, sa case,
Son puits.
Nul, ciicz loi, specire «le terre, Ne sera propriétaire.
Kt puis ?
l'nc licurc est quand même une lieuie.
.le te bénirai, demeure
D'un soir, <^ù j'aurai })u, comme à table.
Sur ((uelque cbose de stable
.M'asseoir.
Tu me seras toujours douce Pour celte lieure o<> •]■,'}]< h- Mi-.n-
Parmi Tes fleurs au bouquet sauvage, .l'aurai, rêvant l'arrivage,
Dormi.
l'our ces instants qu'on y coule Loin du roulis de la lioule, Coin frais,
Je U» i^nii loujourii ttMidro, A quoi qu'il faille m'attendre
Tu dois au vont ()ui t'emporte r'évaiunur. lUen î ^»u'iini)<)rto î
\oicj Toot ce que uion c-<fur qui t'aime Te dira comme aiiuthome :
Merci '
Merci du reii08 agreste ii..,.i I,. souvenir me reste
Charmant, Et merci des espérances <^>ue je vais, malgré mes transes,
Fonuant !
Lar, si cliaijuo lie e>t une ombre, ! •■< n.'s d'or sont sims nombre.
Donc, fais, Pars, fuis, ile qui m'exiles !
Il est là-bas d'autres iles.
J'y vais.
iO«; MKS l'A H Ain s
l'uis, (juc ces terres soient fu^races, je l'accorde :
Mais (lu'iMi .Muruno on nait Innivù miséricorde,
Kl qu'enlre rarrivéc exquise et le départ
Lamentable on ne doive y {xoùter nulle part
l>ans la halte furlive une ivresse infinie,
lût i|ue tout l'arcliiiiel suit désert, je le nie.
Si les lies sont d'or, ce n'est pas seulement
Parce que notre espoir en fait l'encliantement
Et que sur l'horizon de la mer qui sommeille
Le couchant les maquille à sa poudre vermeille.
•Non ! Beaucoup restent d'or, même à les voir de pré>
De fruits plein les ver^rers, de l)lés jilcin les ^'uércts.
I)(»iscaux au fond des bois, de bouquets par les sentes,
l'ius souvent qu'on ne croit elles sont florissantes.
L»^ Il I » !• ■■ li
1 Ckl OU l'Avril r*l la Misun miik llii,
iiètlo Avril, au oiel d'émomude et d'or tin Dau» kquoi ' '•.
Il on c»t où u* - ». ..j ..; » .. )<»!.•,
S^urianU, gt^nc^ruux, au i»cuil hokpilalicr.
\ aiit d'aulre »ouci qu'à vous fntro oublier, l»dii« \r» <|ueli|ucit Ixtii» jour)» qu'iU veux donnent à terre
Ur ■■ ' -•■■ • •■■■ '■• -
Hallule d'une énorme et tplendide cité
Aux quaib tumultueux regoi^eant de tavernes.
Kt celle«-là, souvent. c'e!>t toi qui leti iiouvrnie».
(I Soi qui régies, doux, dani» les vieilles chaii-or'^
Bai de» contes de fée, ayant des échansons,
- cuiikinierv. des fous et des coquecigrues h'our ministres, bon Roi qui veux que par les rue>. I>es mat ■ ■- ■ v i,oirs, des soirs jusqu'aux nj.iiuiN
Toii ptM., ^ i:rs en noces et festins.
• s granses cité* d'orgiaque t;q>age !
aniuons ! Tout le monde à quai ! Tout l'équipage Li» bordée î El la fête .tux j.lus ^'ueux, sans débours • T .ii.i.I.ifjg, torches, feux dartiticc, tambours,
-, chœurs, ballets, pantomimes et farci*!» '
il le long des trottoirs, des guirlandos de garces
I bouche de rote, aux clins d'œii as»;iSAins.
3sant mordre graUcles fraises de leurs seins !
•Ji>s jii:s l'Ai! A ni s
A tous les carrefours illmiiiiiês, des tables
(liirantcsqucs, fumanl de soupes délectables.
De viandes, moulons, porcs, bœufs, rôtis tout entiers.
De ragoûts dans des plats tels que des bénitiers.
Des fjibiers les jjIus lins, des poissons les jjlns riches !
Kt ces huîtres en las qui crèvent les bourriches.
Ces cochonnailles, ces lé;j:unncs, ces gâteaux,
Ces fromages, ces fruits, débordant des plateaux !
El tout cela mangé dans de l'argenterie,
Aux lustres, aux bouquets d'une nappe fleurie.
I*ar le premier venu qui veut être traité !
Et partout la bombance, et partout la gaité !
Car foudres et tonneaux, éventrés par centaines,
Ont en ruisseaux do vin changé Teau des fontaines
D"où gicle, avec un jet de liquides paillons,
La pourpre éblouissante au muffle des lions.
Oui, de ces îles-là, folles et jubilaires,
où règne le bon Roi des contes populaires
Avec ses deux enfants Rosemonde et Lindor.
11 en est que je sais, parmi les îles d'or ;
Et si j'ai dii les voir aussi, ces infidèles.
Prendre un jour loin de moi l'essor à tire-d'ailes,
Je dirai malgré tout, dun cœur reconnaissant.
Les savoureux bonheurs qu'on y cueille en passant.
Et le los immortel de tes dons éphémères,
iJon Roi qui ris encore aux lèvres des grand'mères.
LRS iLF.S trOit "»»
Il Hui chez qui cliarun eut ko félicilt*. l'iiiiique tout voj'ogour fait halt«> «mi la cité J'uur U' inuins um* f»>is on voy;if:»';mt sa vie. r»>ii Uui dont le banquet de ft^le vous eoiivie \ croire que sans fin doit durer le bon teuq», Hui toujours sur le tronc au pays des vin^t aii> '
MES l'Ali \ !ilN
Il en r^-l ;lus^i (iciiil le m)1
De marbre Brûle, )iu, sans le parasol
D'un arbre,
Où l'on ne trouve, l'animant,
Personne, Où le pas solitairement
Résonne,
Où jamais, au silencieux
l'espace, In oiseau réveillant les cieux
Ne ]i;isse.
LtS iLKii U'UH
i)ù l'Air lui-m^iiio ckI hnlclanl
l>(> n; luiiu*.
Kt de qui Tuii ganic pourtant
I>nMs l'iiiui*,
Mi, nv i-uror «|Ur •'■• ' > 'il'-
l'rosptTf.
In souvenir do volupté
Sans paire.
On y descendu d un radeau,
A riicure oue la dernière goutte d'eau
Y pleure.
On allait mourir, on niait, La gorgf
''••<'--!iée, ardeiii. . . u - .u,il. i i»e forge.
De l'eau î De l'eau ! Hien iju'un peu ù'.au !
Par gr.ice !
El tu seras l'Eldorado,
La crasse,
L'impératrice du levant.
La douce, Morne terre où rien de vivant
Ne pousse !
Ah ! fùl-ce un lichen de rocher,
Dur, rêche !
J'aurais la bouche, à le mâcher.
Si fraîche !
Fût-ce un poison au lait baveux
Et blême Qui vous glace le cœur, j'en veux,
Je l'aime !
Soudain, ô vision, ô choc,
0 joie !
Quoi donc, dans le creux de ce roc.
Rougeoie ?
Aux feux du gouffre incandescent.
Sans ride, Où le soleil sanglant descend,
Torride.