‹ Mes paradisChapitre 53 sur 63 · I -iiiiiii il ri<t •]•• Il litTi · texte numérisé non relu

I -iiiiiii il ri<t •]•• Il litTi

Avoir le sang toujours frais,

Tous les membres prompts et prôts,

l'oi^'ncls, épaules, jarrets,

Taille étroite, pt»ilriiil Inrjfe ;

En ces membres prêts et prompts

Entendre aux moindres affronts

Les tambours et les clairons

Etre si gaiment viril Que l'approche du péril Vous est une aube d'avril, Vous est une rose éclose, \ ers quoi l'on va de l'avant Sans autre dessein souvent Que d'être brave et bravant El sans s'étonner qu'on l'ose :

Simplement, pour voir un peu Si l'huile d'un beau sang bleu Donne toujours libre jeu Aux re.>sorls de s.a niachiiie.

Entreprendre des travaux Où bien de jeunes rivaux Malgré leurs nerfs tout nouveaux Se sentent rompre l'échine ;

Être, au long d'un jour entier, Chasseur, rameur, chalutier; Faire, ainsi qu'un du métier, Des haltères, du trapèze ; Sans peur d'y casser ses os.

Voler comme les oiseaux.

Prendre les airs pour des eaux Où l'on flotte et plus ne pèse ;

Saisir l'étalon aux crins, Enfourcher d'un bond ses reins, p]t, droit sur ses flancs étreints, Humer le vent qui restaure, S'en soûler éperdument Et, fou, croire en le humant Qu'on y flaire une jument Dont on est l'amant centaure ;

Pour rafraîchir ces chaleurs, Plonger dans les flots hurleurs.

Et, ses bras mêlés aux leurs,

Les vnimTc. ces deini-dieux.

El de leurs ^'oulTrcs pleins d'yeux

Sortir, le col radieux

D'un collier d'aigues-inannes ;

Et tout cela ({ui vous plait Le faire sans effort laid, Avec l'abandon complet, Avec la {.Tàce charmante Des nonchalants goélands Dont les plus fougueux élans Semblent, distraits, doux et lents, Se jouer dans la tourmente ;

Le faire sans laisser voir «^»u'on remplit un saint devoir Et que l'homme a ce pouvoir Dont rien ne le destitue :

Par les mouvements accorls Aux liarmonieux accords Sculpter lui-même son corps Et l'ériger en statue !

322 MIÎS PARADIS

Ne pas croire l'idée une plante de serre,

Oue le grand air la tue, et qu'il est nécessaire

De lui fournir un corps malingre pour terreau,

Car en un corps trop fort elle devient zéro !

Non, le front ne perd point ce que gagne le torse.

Un tronc solide sous une solide écorce

Empèche-t-il qu'un arbre ait des fruits et des fleurs ?

Le chêne aux larges mains berce des nids siffleurs.

Milon, qui porte un bœuf, le tue et le dévore ,

Est disciple, sais-tu de qui ? De Pythagore.

Pour entendre un tel maître et tout ce qu'il entend

11 fallait n'être pas une brute, pourtant!

Eschyle fut boxeur. Sophocle fut athlète.

Cela, loin d'amoindrir leur gloire, la complète.

Aurnient-ils cliaiiU'' iiiieux eu n'c-laiil pas ainsi 1 't que dis-tu du faraud Lt^onard de Vinci,

ibliiue artibte on loul, profond savant, osthètc T I ulée al elle donc mal germé dans sa léte \ cause qu'il avait les membres résistants ' qu'il était le plus bel homme de son letn/tsy 1, va, si tu le peux, en tes mâles années, \erce les vigueurs qui te furent données, us peur que ton esprit ait ton corps pour tombeau. Même si le génie en toi met son flambeau. Tu vois bien que les feux n'en sont pas ridicules Pour être à bout de bras portés par des bercules. :s d'un monde où le corps humain se rabougrit, 1. tisse nos culs-de-plomb dont Testomac s'aigrit

;ltiver leur pensée en l'arrosant de bile, âoi, tâche d'être grand sans végéter débile ; Et, comme à l'heure antique, où l'homme heureux, serein,

lit une âme haute et dans un corps d'airain. Invoque, aux jeux dont corps et âme tu t'amuses, Phoibos .\pollùn, dieu du soleil et des Muses, Inventeur de la lyre, accoucheur des cerveaux, Mais tout ensemble archer et dompteur de chevaux, Qui se raidit ainsi qu'un lutteur sur l'arène Pour mener droit son char à la quadruple rêne, Et, lorsqu'il veut vider son carquois lumineux, Tend des muscles de marbre où se i:uii{leiit des nauJs î

324 MI'^S l'A lî A DIS

0 Douleur, hydre bicéphale, Mal physique où le corps des forts se tord dompté, Affliction du cœur où lâchement s'affale

La plus ferme volonté, Toi qui fis la loi même au héros du Stymphale, Par Déjanire et par Nessus vengeurs d'Omphale,

C) Douleur dont toute santé, Du cœur le plus vaillant, du corps le mieux planté,

Doit quelque jour ouïr à son côté Sonner lui;ubrement la marche triomphale, A mon tour tu m'as souffleté Du vent de ta double rafale, Mal physique où le corps des forts se tord dompté, Affliction du cœur où lâchement s'affale

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