I..I liiii* it'l 111'" » i"i(?ii il
() Doulfiir, liyilro bii'épliale, \ mon lour «vec loi je me suis colleU*.
Juvais di'jà st'iili l'alU-iiite De ta va^ue liali'ino gUssiiut Sur mon front d'adolescent.
Si légère, alors, qu'à peine on la sent ! Tel un nua{:e furtif passant l)ans un «-iel rblouissant.
Mais j'ignorais l'horrible teinte 'ue prend le ciel noyé de ténèbres de sanjr, 'iiand la pince du in;il vous tenaille, grinçant.
Les yeux clos, l'Ame presque éteinte ; I. ne savais pas non plus, pauvre innocent,
En quels gouffres tl'afl're on descend ,' land prés d'un être cher, qu'on a vu trépassant, • «Il entend sangloter au petit jour naissant Le glas qui tinte.
Je lo sais désormais El quels crimes tu commets, O Goule hunt nos corps et nos eo'urs sonl les siiiislre> iiirU.
Le vin des pleurs (|ue lu me réclamais, J en abreuvai ta soif assez pour l'en voir soûle.
326 MKS l'A HA DIS
Mon corps lui dans les mains l'épave (juo la houle
Sur des crocs de rocs roule.
El mon cdur fui semblable aux neiges des sommcls Dont ravalanclic blaiiclie on las boueux s'écroule. (^)uand j'ai sur le fronl des morts que j'aimais, Avant qu'au linceul on les roule, Mis le dernier baiser qu'ils ne rendront jamais.
De mon corps que lu tortures, De mes muscles raidis d'atroces contractures. De mes flancs que vous happez, Jipreintes, dents de feu, slrangulanles ceintures, .le ne l'en veux pas, monstre (pii pâtures Sur notre chair aux nerfs crispés.
^■enez donc, souffrances futures !
Frappez encor, frappez !
\os coups forgent le fer des vaillantes natures. Aux glaives du vouloir qui sont inoccupés La rouille met ses mouchetures ; Kl pour tant de combats, homme, oii tu t'aventures, Du torrent des douleurs, du lac des courbatures, Ces glaives sortent mieux trempés.
Puis quel suave délice, Ouand, vaincu, le monstre se rend !
Ne plus sentir à ses flancs ce ciliée
LK> I LKS 1» on
\u crin diichininl !
It4iir<- tiiul au foiKl du oalice, ApiVii lut» noirk vilriuU du supplice, [1« vin KUcrA, léger, clair, mousiteux, enivrant. I>o la convalescence, où l'un rapprend 1^1 douceur dVlre un pelil wnB malice.
'^■m -««• laiKse bercer, au re«le indilTêrent, Ame lisse Sur qui tout glisse ^af la sen&ation d'être là, respirant ' Première nuit qu'on dort ! Premier r••^..l^ qu on prenu : l'.irili'l.'i U» rideau d'ombre qui se déplisse,
Revoir le ciel, le trouver grand, Se dire qu'on va vivre encore en l'admirant !
llèlas 11 li '"i lniiiii ui' ni> j'.iuiii''^
Aux coups reçus en plein coeur.
Pour ceux-là qui n"onl pas ce divin remorqueur. La foi, nef di^ployant les ailes d'or des psaumes
Mu'enfle resjHiir vainqueur L)e retrouver les morts aux célestes royaumes Rt d'en faire avec eux, toiis, retentir les dômes
Sans qu'il manque une voix au cbieur.
Dr, pour moi, vous gisez tout entiers, vains atomes, i'.hers morts dont j'ai tenu les paumes dans mes paumes. Ft je ne crois qu'en mon souvenir évoqueur
;<'28 JIKS l'A H A ni s
Vous coiiî-ervant comme dans les arômes D'une incorruptible liqueur l'diir faire un peu revivre aux yeux de ma rancirur Vos faces de fantômes.
Mais à l'heure où je vous perdis, Oli ! la })lus solennelle entre les solennelles ! Les mots silencieux que vos troubles prunelles Mystérieusement ont dits Aux miennes se fondant en elles, Sont restés lumineux dans mes yeux agrandis Comme les drapeaux brandis Des charités fraternelles.
Car ils disaient, tristes éperdumenl :
« Tu connaîtras aussi le hideux dénouement. « Tu seras ce que nous sommes, « Un vague lumignon fumant « <^>ui va s'éteindre comme on le vit s'allumant « Sans savoir pourquoi ni comment.
« Conquiers de la gloire ou gagne des sommes, « 11 faudra tout quitter, quitter absolument, « En l'endormant « De ce dernier des sommes.
« Et lu n'auras plus rien au lugubre moment, « <^ue ceci seulement,
• l)>trt> aimé ni lu fu;» .liiuant.
!»«• t.>u> les acleii, bU*n ou mal, que lu miiMïnirr; •- \ oilà i'uinqu<« vnii, »ùr, et le reslo menl. Aime donc nrdemmeiil. bonnement, bêtement, « Ta femme, les petiu, tes amis, et clément « A tes fKres, aimant les leurs pareillement.
• Aime les hommes, tous lei» hommes,
« Tous CCS malades que nous Hommes, « Tous ces pauvres (\\xc nous sommes, » Tous ces condamnés à mort que nous somuie» ! »
■ iil.'ur, sainte douleur, oh ! toi, u<- n'vii>iiN i.Iiis. H suffît à mes destinées Ues deux leçons si durement données I qu'aux yeux de mon père et ma mère je lus.
J'ai compris comme tu voulus.
' autres enseignemenls y seraienl superflu^. K tes iles d'or noir, de cyprès conroiniées, ''Hissent mes séjours être révolus !
;r, je ne veux pas être un de tes élus, t.uil (m'il te plait, mes niemhn's n s..1hn Ile tes flèches forcenée >.
Faisdeur la chasse à telles randonnées Qu'ils en lombent perclus.
Mus. éparfrne-moi les reflux l'ar qui mes futures années
MO MKS l'Ali A m S
Sous un vcnl de ileuil seraient ramenées Vers les îles d'or noir aux funèl)rcs talus
Fleuris de solanées.
Douleur du cd-ur. l)(iuleur aux mains empoisonnées, Douleur dont les poisons scnil aussi îles saluls, .le te bénis ; que te soient pardonnées Ces épouvantables journées !
Oui. je vaux mieux après qu'avant je ne valus. Mais puisijue j"ai compris ainsi que lu voulus, Mais puisque j'ai compris, Douleur, ne reviens plus î <^>uo de telles heures ne me soient plus Aux tintements du glas sonnées !
Ht puisque j"ai compris, Douleur, ne reviens plus, Ne reviens ])lus, ne reviens plus !
lit
l.ll
Mon, hors de ton château, la Uelle au Imïs tlornrtnt. M' t «phvbique !... O vieux ohùteau ! L'ameubleinenl ï.si (Il nua^c et Ifs uiuruilles i»ont en r^ve. Et la vie, à n'y pa» vivre, fuit. Longue ou br«-ve, ' >n ne sait ; car parfoiii on croit que l'on y sent Pans un éclair furtif l'ctcrnité passai) '
A les saisir, les mains en gestes éperdu*
N'étreignant que le rien des rantùines fondus !
lit k" réveil ! Seul, seul, dans le nu de ces chambres
! ti..^« Vn froid noir vous place. On a le» m. nil.r.-
i ~. le cœur presque k.ius battement...
Hors, hors de ton château, la Belle au buis donnant !
a32 MKS l'AHADlS
Kuyons ! he l'air! Du bruit ! Du niouvcmenl ! La ruo
Où la foule jj^rouillanlc cl liurlanlc se rue !
Dans celte vasle mer que je sois ballollé !
.le suis lioniuio cl veux i)roiulro un bain (riiuiiiaiiili".
D délices ! Voici qu'aux flols drus de la houle,
Klot moi-môme, je suis mêlé ; je vais ; je roule ;
Je plonge dans vos heurts lous mes muscles ravis.
Tourbillonnants remous de mes frères; jo vis.
.\cres sueurs des corps, souffles chauds des haleine^
Forts effluves des chairs que je palpe à mains pleine^
Odeurs de l'homme, en mes poumons inassouvis
.le veux vous boire jusqu'à l'ivresse ; je vis.
A vivre en furieux voire fureur m'exhorte.
.le ne sais pas vers quoi nous allons de la sorte ;
Vous y courez, j'y cours ; flols par d'autres suivis,
.le suis des vôtres, moi votre frère ; je vis...
liclas ! Dans le château de la Belle perverse
.le me suis trop soûlé du poison (ju'clle verse!
.le ne puis m'en passer à présent, du poison.
.lai besoin, quand j'agis, d'en savoir la raison.
.\h ! lequel d'entre vous, au milieu du vacarme,
I)ressanl quelque drapeau, me fournissant quelque ariiu
Va m'indiquer le but où tend tout notre efl'ort?
Ah ! même le voulant, pourrait-il assez fort
Me le crier, parmi ce tumulte en tempête
où le vent le plus fou soufflant dans sa trompette
l'A Iv otiup do caiioit ilu Ititiiicirr < i laUiill
Nv foui qu un bruit ponlu que {urMiruio irrnlcMid*
• KnTf». fn're*, par j^ice. un iiikUiiil de silence •
• Si qurlqu un utt. qu'il puiske Mra écouté ! • Je lance Dr toute ma viirucur mu pluH fort du frai*«i>
• '-■ nppol dt»nt p«s un iw fait en», nw vt\ v\i tniin de ol.imer pour m»ii .•.•mi.t.' l't nul ne »'intéreiifte à ce qu'autrui racont
i' «r iresles ' Je dirai par Kesto*. Etiiuiyonk ! Niai* au fond de queU yeux les nicher, oen rayun» \»ui s'envolent, parleun», de mes uiaiiiii uiatrn- ' " - ^ lelleiuent vite. « des ^ulops si frénéti(|ues. ' ourent ce» flots î Si bref est le va^nie uioinent
• >ù je peux contempler cen fuyardit Hxcmcnt !
\ peine mes doigl-> prompts ont jeté par l'espace
Leur geste à l'un qui vient, c'est un autre qui p:i«,>.f ;
lit je n'ai pat le temps d'échanger deux repir«i>
Avec ces apparus disparaissant hagards.
< >b '. l'horrible soupçon qui soudain me pénétre '.
l'endant que deux je cherche à me faire connaître.
'jui sait à mon endroit s'ils n'en font pas autant.
lit si ces gestes fous et ces bras qu'on me tend.
Tordus . passionnés, trafiques et rapides.
'^ ,- lit pas aussi mes yeux d'être slupiilo ''
.1 . iir de vouloir me parler, oui, je vois, i.t désespérément leurv mains ont une voix.
■1 MF,-^ rARAliIS
<»ii nous allons, à qiK^i leurs Yap:iios me charrient,
Pourf|uoi nul ne m'entend, voilà ce qu'ils me crient.
Va (luclle angoisse mord Umus pauvres cœurs soufl'rants
l)e ne comprendre i)as si moi je les comprends.
Ht, trouvant leur angoisse à la mienne pareille,
\'crs un soupçon plus triste encore j'appareille.
S'ils me ressemblent tant, c'est que peut-fttre aussi
Ne sont-ils rien devant mon regard obscurci
<^>ue les reflets sans nombre où ma face livide
Sans fin se multiplie aux mirages du vide.
Mais non, non ! Si c'était cela, seul au milieu
De cet universel néant, je serais Dieu.
El je ne suis pas Dieu ; car je souffre et je pleure.
Et je suis cependant. Et tu n'es pas un leurre
Non plus, ô vaste mer où je vais me heurtant
A tous ces flots humains qui me ressemblent tant.
Et c'est pourquoi je t'aime et j'aime que ta lioule
Avec eux, moi, l'un d'eux, pêle-mêle me roule,
Me baise, m'enveloppe et me pénétre à fond.
On a là des instants où l'on croit qu'on s'y fond,
Où Ion sent, dans ce peu que Ton est de matière,
Toute l'humanité qui se résume entière,
( )ù cette certitude à l'esprit inquiet
S'impose, que l'homme est quelque chose qui est.
Tout verbe, à dire ça, semblerait indigeste.
Le cri n'en saurait rien exprimer, ni le geste.
LK» ILtS 1* OH .ii« la kencatioii ful|?uraule, elle
la t{ui parait clair, eskentiei et kUibl< T nul raisoiineoieiil là-coiilro ne prévnut. ' Itfllo ;m boiii donnant dont je fut le dévot,
•nui IcK r V Je la vait • •■ ■• pu*
I II ne l'tMit .lUiait», M- lue.
t- spasme inoublié par qui, fût-ce un moiuenl, .i>n qu'un, et ^ans Mvoirni puun|uoi ni couiment. ' une de l>oire à ma soif
on nette et sure de la \- .
il ! pour ce point réel dans tant d'inanité, II* t'aime et te bénis, bon bain d'hunianiti*. ""i rare qu'elle &oit, celte minute vagu' Sait me suffire pour qu'en tes flots je ai>i:« >.i.u< Avec joie, avec mpe, avec amour. O mer Faite d'hommes, ton eau n'a point de goùl amer : Les effluves puants dont elle est conq Me sont doux plus qu'aux fleur». M'f>t .i.'Ull- la roscc ; El, tel un dieu goiitant noh nectar, a plein •■••->!r Je te liume, 0 puissante, ù huave liqueur Qa'avoc un respect tendre et douloureux je nomme. Sueur de l'homme, qui Mena l'homme, le pauvre homme. L'homme maudit par 1" homme et par l'homme béni, L'Iiummc perdu Natis juide au noir de l'intini,
'■i'Mi M F, S l'A RADIS
Troupeau bêlant où l'un contre l'autre on se serre, I/homme absurde, sublime et bas, fourbe et sincère, Lbonimc, bavard dément parmi des sourds-muets, L'infirme que je suis, mon frère, et que tu es !