‹ Mes paradisChapitre 55 sur 63 · I.lll · texte numérisé non relu

I.lll

Pardon, Métaphysique, oli î pardon.

Belle au boii» donnant ([ui m'as fait don De tant de caresset» meneilieuses I Moi. mordre ton sein qui m'abreuvait ' Moi, vouloir souffler à mon chevet Tes (rrands veux aux si douces veilleuse*^

Pardon, la belle, et reviens encor ^nurire en rextnivafrant décor |)f contes, de fantioinagories.

Ile possibles rêvés, rêvasses, l'ont, sans jamais qu'on en ail '^^ Tes lèvres de folle sont fleurir-

MIÎS l'AUAlUS

Je le sais bien, Helle au bois dormant, Qu'on ne peut ôlre que Ion amanl, Et qu'à tout le monde esl refusée, Môme au plus grand, au plus immortel, La gloire dùtre devant l'autel L'époux d'une pareille épousée ;

Je le sais bien, que, pris à les glus,

Je ne serai jamais qu'un de plus

Dans le troupeau des mâles sans nombre

A qui la stérilité défend

Tout espoir de le faire un enfant,

Toi dont la matrice n'est qu'une omjjre ;

Je le sais bien, que tes amoureux Deviennent ainsi des songe-creux, Semeurs de néant dans l'étendue ; Je le sais bien, et que je mourrai Sans qu'à ton ventre en vain labouré Germe, hélas ! ma semence perdue ;

Je le sais bien ; je t'aime pourtant,

Après tant d'autres, et tant, et tant.

Qui dans leurs bras pour rien t'ont saisie ;

Lt> ILKn U o»

ApnNK eux, «*otiiiiM> eux. Mclli* nux beaux «Pink, Jt» t'aimo, iu.ilf.'n> le»* noir* ilesHciiis. Siuis aintTtutu»' el sans j.iIouRÏo ;

Jf l .illin.'. «1 siiii'us»" <i«' rtTVtiux.

l)'uii ru'ur aux désirs toujours riouvc.i(»\

Kt qui vers loi vole, vole, vole,

(^tuand SOUK les veilteuiies de tes yeux

S'allument des cieux, des cieux, des cieux.

Aux l)u! '•• •'•' '•• - ■'<• ^ii-

:U0 Mi: s l'A I! \nis

Loin, plus loin, par delà les ullimcs Tliulés, Sous le blême zénilh éclairant les eieux mornes Avec le candélabre aux sept cierges gelés,

Dans un air où la vie a ses suprêmes bornes, Dùplus rien d'animé ne vibre et ne s'entend, Pas même un souvenir du vol muet des Nornes,

Sur une mer ligée en un bloc résistant,

\oici l'ile d'or pâle et le palais de glace

Dont TAbstrail sans figure est l'unique habitant.

Laisse à la porte, avant que d'entrer dans la place, Tout ce qui te rappelle un sentiment humain. Considère le Temps comme leurre et fallace.

LES iLi: m

I r c'ekl ici le jour un» hier ni demain

II lu vas Ulchcr, loi, le fini, IVphémère.

l 'f It'nir rt^lemc! dan« lo creux «le ta mnin

.1 iiuf ifimiir jHiiir iinn-, it* un luoiiiitn*, renfniit 'irengendremil le Sphinx en haiiuint la Chimère,

Nlon&lre d'orgueil sublime, absurde et triomphanl.

"li !>'arrciche le cu-ur coi^m^^me et les entraille«,

mange le cerveau dans i>on cnlne qu'il fend,

' qu'au blanc »>onuuot de ces blanciie» mumilic! ..» prêtre et Dieu, devant et sur l'autel. ■ hon baptême ensemble et de ses funéniilles.

mon frère, qui tiens à l'espoir immortel, <• sens-tu fort asser |>our risquL'r qu'il y meure i .'tn suis-moi, viens ! Moi, je me suis senti tel.

'uitle à me voir mourir et nailre à la même heure 1' air laisser prendre en moi <• au néant,

I,- .;,\ .iilr.. .1.1,^ I . ..1 ..., .1.

:\'ri Mi'.s PAU MHS

.\c iiic suis fait, inoi-iiit'ine :iinsi nio roi-ivaiil, I.p monstre au cœur muet. ;uix onlrailles vidées, ( hii mange son cerveau dans son crâne béanl,

li[ qui n'est jilus que deux prunelles décidées

A se geler d'horreur en ce palais du froid

t)ù l'Abstrait sans figure a pour corps les idées.

Dès l'entrée, aussilôl iranclii le seuil étroit, Toute couleur s'éteint, et, seule survivante, Ce n'est qu'une blancheur dont la blancheur s'accroit,

Car de chaque blanclieur se blanchit la suivante,

Et de toutes se lisse un linceul de reflets

I>ans lequel on se si-iil niDi-t tH ])lai)c d'épouvanlo.

El cependant sois brave, o frère, et dompte-les, Ces affres de blancheur dont l'épreuve première N'est rien i)rès des blancheurs au faite du palais.

Viens ! 'l'a vue y prendra la force coutumière

Ue contempler J)ientùt. face à face, à pleins yeux.

L'absolu blanc du t'aiti^ avrndnjit do hnnière.

NoUk y voici, plus liaul que le plu» haut dri» cu'Ui. I! - • . . . . . • .i |*pxtr<^m«' froitluri

Vu fond (lu diAiiiaiit de Klxt^o où l'on Kintlun-

n'arriva pliu rien du concret pa»NA.:< I ne 1*7 rélMcItit que l'AhsIrail houl qui dure.

▼oit, lorsque tout clianKt*. ne point cimnger

1 claire

■ue tnce au «ein du vide un ^esie orbicubire.

juel vide ! Au prix do lui le vide aérien

mbie ma&Mf. lians cesgouflTres uù je le lancf i.eNc^nt plane, spi-clre au vol nyctérien.

i»an8 un hamac d'on>'ueil que M>i-m^me on bahncc

344 MlilS PARADIS

On y dorl l'eftVoyable et suave moment

De percevoir dans la blancheur immarccscible

Que l'Abstrait contemplé comme le reste ment,

Que le monde est ensemble et sa flèche et sa cible, Que c'est de l'infini cherchant dans du fini 8a conscience au fond d'un coït non possible,

Et qu'il s'en désespère et qu'il en est puni,

Et qu'on est un des pleurs vivants par lesquels pleure

Son éternel Eli lamma sabacthani.

Mais ce pleur que l'on est, qui coule, pendant l'heure

Où dans le blanc palais de glace on va rêvant,

Ce pleur, il ne ment pas, lui, ce n'est pas un leurre.

Spectres, ce pleur, c'est moi, moi, qui suis un vivant. Oh ! rien que pour sentir dans ce néant mon être. Au palais de l'Abstrait je reviendrai souvent,

Me refaisant le monstre enflé de tout connaître. Le fils de la Chimère et du Sphinx, le cerveau Dévoré par lui-même et qui meurt à renaître.

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