LUS ILES D OH
Kl parmi les Ijrouillards en livide éelicvejiu. Pour monter jusqu'à loi, p.il.iis d'horreur polaire,
l/Ooéiin donl le froid a durci la colère
Et que le candtMaltreaux sept cierges gelés
Itoiul si pâle Sous les pâleurs donl il l'éclairé,
Loin, plus loin, par delà les ultimes Thulés.
:î'.(> JIKS l'AHADIS
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lies de ridéal qu'on bâtit pour les autres, Iles d'or noir, tombeaux de tous les blancs apôtres. Où Ton entre, aux trépas infâmes décidé, Car, le palais construit, on y meurt lapidé Par les ingrates mains vous en jetant les pierres, Iles, j'ai contemplé, sans baisser les paupières. Le sort qui m'attend là si j'y veux à mon tour Essayer de dresser vers la nue une tour Parmi ces murs à bas devenus des décombres. Si, vivant orgueilleux, je me mêle à vos ombres Dont le nom resplendit d'une auréole, et si, Dans notre ciel, de tant de brumes épaissi, Sur ma lyre, de tant de sanglots coutumière. J'ose l'hymne de joie en verbes de lumière.
LES Iles u ««h
Du quel front cet ullu^o à l'esprit iiuVréaiil
^0 dunne-l-il pour un Démiurge créant,
Kl vienl-il, violeur et tueur do nos mères,
lervcurs, Illusions, Fois, Extases, (Ihiméres,
Nous oflTrir à leur pince en objet d'orn: n
La ntonstrueuse idole enfant de sa im- ;
*^oil ! je n'ai point ces droits, ayant pris les contmires ;
le n'ai même aucun droit; pourtant, écoutez, frères !
">i jai bien ou n)al fait, je n'en sais rien vraiment :
Mais, tout ce que jai fait, je l'ai fait vous aimant :
Mes bonnes volonté* sont pleines et sincères ;
«r j'ai pitié de vous, de moi, de nos misères, I ne pilié qui va jusqu'au besoiji fougueux he boire sur la face en ténèbres des u'ueux Les larmes qu'on y voit ruisseler lamentables ;
ir j'ai honte et remords que de toutes les tables '
•n n'ait pas fait ainsi qu'au service divin La Sainte Table où tous ont le pain et le vin, -^ n- vnibole à présent, sans mystique ironie, NI 11- 1. . ,N. mais donnant, quand on y comnmnie. Le vrai morceau de pain, le vrai verre de vin ; ' iar j'estime que \out le reste sera vain Tant qu'on renc«»nlrera dans la famille humaine Ln seul être mourant de faim sur son domaine, Le sol, conquête du genre humain tout entier. Et dont par conséquent chaque homme est héritier ;
3iS MES l'ARADIS
Car ceux qu'un mauvjiis sort exclut de l'héritage.
J'admets qu'ils ont le droit d'exiger le partage,
Et non en mendiants quêteurs de charités,
Mais en frères trahis, mais en déshérités
Qui par tous les moyens se font rendre justice ;,
Car ce n'est pas assez qu'aux gueux on compatisse.
Et je veux qu'à peser son destin et le leur
Le trop riche s'accuse et se juge un voleur;
Car .s'il ne le dit pas, eux le disant, je trouve
Qu'ils disent vrai ; car s'ils le condamnent, j'approuve :
Car si de la parole ils vont à l'acte enfin,
Je n'en veux pas aux cœurs où comme un noir levain
L'exaspération de la haine fermente.
Et quand, rouge, en jaillit la révolte démente.
Une torche, un fusil, même un eustache nu i)oinK.
Contre le révolté je ne m'indigne point,
Mais loyal, comprenant qu'il ait la tôle haute.
Moi j'ai la tête basse et dis : « C'est notre faute ! »
Uui, peuple, corps souffrant, âme aux obscurs instincts.
Jusque dans tes forfaits, fût-ce quand tu m'atteins.
Ce n'est jamais sur toi que je crié anathème.
Tu le vois, malfaiteur innocent, si je l'aime !
.\h ! c'est que j'en suis, moi, de ce peuple ! En mon san;^
Tous mes aïeux passés le font toujours présent.
Quand je le plains si fort que l'on s'en effarouche.
C'est que tout son vieux fiel me remonte à la bouche.
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Mais qut»i • Tt' Kiiflit il, Ion oihif repciilir? i 1" i«tritoiitt*rjis-iu il«' plnindn» le martyr, l»o viTst'r il sii liovrp un peu il'eau qui la calme. Mt^uie de lui planter dans la main une palme r t vaslu Licliement devant «a croix l'asseoir, ni disant que pcut-^tre, un jour, demain, ce soir, 'lelqu'un viendra, meilleur (jue toi, qui le délivre r \'i ' sans doute, tu nas que celle arme, le livre, les rimcK, pour l'arracher de sa croix. •Il importe ! Sers-l'en ! Dis ! Parle ! Ce que tu crois, i.t' que tu veux, ce que tu sens, ce (jue tu rêves, Tout ce qui le paraît pouvoir rendre plus brt've> Les afTretf qu'il endure et depuis si longtemps, Dis-le, dis-le ! Parmi les rires insult^inls I>es méchants el des sois se faisant une fiMe I>'appeler charlatan '|ui s'érige en propliéte, lM>-leî Malgré les cris du cafard, du hedcau, Kefusitnt à l'athée un désir de Credo, Dis-le ! Même en dépit de ceux pour qui lu plaides. Les beautés de ta foi pouvant leur sembler laides, Dis-le ! (Juand le martyr, du haut de ses douleurs, Le martyr dont tu bois dévotement les pleurs, lK>nt tu viens de baiser les saignantes blessures. Te paierait les baisers en crachais et morsures Kt damerait que tu le tmhis. que tu mens, Ce que lu veux tenter pour guérir se» tourmenta.
'l'iO NI I ^ l'AHAlilS
Dis-le ! Ce que tu crois la tin de son martyre, Hnvers et contre tous dis-le ! Tu dois le dire. Voici. Mes vers, ployant leur indocile front Au joug de la logiciue étroite, lo diront. Si parfois leur pas Iraine à l'allure des proses. Si la l>avc en longs fils pend de leurs mufles r()se^ Loin de leur en vouloir, pris de pitié pour eux, Songez qu'ils tirent, dans un sol dur et pierreux »^)ui deviendra demain la glcbe ensemencée, Cette forte charrue au soc lourd, la pensée. L'idéal de justice auquel vous aspirez, Hommes, et que moi-même à vos maux empii-és .l'imagine souvent connne le seul remède. Cet idéal ayant pour lois : J'uidr t/ui m'aiiO'. A cliucun selon ses uièriles, rien <ie plits^ Cet idéal est faux ; ses décrets absolus Sont faux. 11 veut (ju'on ail pour fléau de hahuice L'n lil de glaive à la jioinle. d'un fer de lance : Mais qui s'en servira? Quels doigts assez subtils Doseront la pesée et quels poids prendront-ils ? Ah ! tout lit de justice est le lit de Procuste. Pire encor ! Pour (pie tout fut parfaitement juste, Pour que par'aucun droit nul ne fut limité. Il faudrait tout réduire à l'immobilité. Chaque mouvement nuit à lou.i les autres, cerle. Le moindre geste, fait dans une ile déserte,
Ol
>.inche un inflni d'ondes vibrant <>ii mtul
'•*i>, fait* aiUirurft, •« li»arteront.
i)«nU. aboulitMinU, «Yanl, pendunt. apr^n. .1 |>oumil r^ndir cntw» eux d'impartinux nrr^ls 1 ift table ?
^- - ' |...i..ble,
jun notre réxt* ellf aussi »e roniplait, avoir jamaia tu la voir telle qu'elle e»t. riiomme, nontinelle en lui pauvre guérite . • î** les ino' ' ' ,7^,
V se lait, i . ;^ ulu,
bruit de ta voix, homme, qui t'est rendu r ï'écUo de ton corar montant sa vaine garde. >'' île, est-ce qu'elle y repinlr
^ ;ue enfin, ces mots à ^^mnd fi.»» <»■..
> mol» de la consifi^nr. en fais tu toujours ras " \on» si tout à leur lumière «'exaniine.
• 1 fait pour avoir jojeuse ou triste wiiu'
**«r qu. , . . du •
:itel%ent. la brute, ect-ee par récompense, hir ehâtimenl, qu'ils «ont ain>i * Nul ne le pense. Et - les ne£ ciimu». les nez bossus.
352 MHS l'A HA ni S
Ce faible, courageux, dur, dont le iVonl ruisselle,
Pourquoi manque-l-il l'œuvre, y inellanl tout son zèle.
L'œuvre où s'amuse la nonchalance du fort ?
Souvent tous les vouloirs tendus d'un long efl'ort
Sont moins lii'ui'oux (jue loi dans l'art où je m'escrime.
Hasard de verve au saut capricant de la rime :
Tel beau vers nail ainsi sans qu'on l'ait mérité.
Cette femme est splendide et bonne ; en vérité
C'est Aphrodite ensemble et la Vierge elle-même ;
Elle vaut d'être aimée, adorée ; elle m'aime ;
Je dois l'aimer ; et c'est cette autre, cœur mauvais,
Minois ^'un sou, qui me déteste, à qui je vais.
Et tant d'actes pareils, d'injustice accomplie,
Monstrueuse, et sous quoi pourtant il faut qu'on plie,
Sous quoi, même, sans geindre on finit par plier.
Le poids quotidien s'en faisant familier,
Et le plus juste aussi devant bien s'y soumettre,
A ces iniquités dont il n'est point le maître.
Conclusion : jetez au rancart vos compas ;
La vie est ce qu'elle est et ne s'y règle pas ;
Pour que votre idéal au réel aboutisse
N'allez point vers ce pôle absurde, la Justice.
Oh ! sous quelles clameurs vont crouler nos repos,
Mon cœur, à laisser voir, môme en discrets propos
Oui lui sont les parois d'une lampe d'argile,
La terrible clarté du futur Évangile !
LKS iLIt d'or 3&1
Kn leur* ktupidoii yeux voici IXTarciu^nl.
Maia ils tVn vengeront vite r( barbarcincMit.