‹ Mes petits papiers 1860-1870Chapitre 3 sur 10 · MIS PETITS PAPIERS · texte numérisé non relu

MIS PETITS PAPIERS

vait s'appeler les Cinq, ne parut [)as. Mais, comme j'avais vu pendant un mois, presque chaque jour, Emile Ollivier, je dus à ce volume avorté des relations avec un homme qui, je tiens à le dire tout de suite, méritait par son immense talent, sa volonté d'être bon et généreux, son effort persistant pour s'élever au-dessus des mesquines et vulgaires passions humaines, une destinée moins cruelle que la sienne.

Son étoile, à cette heure, brillait au firmament démocratique. On ladmirait, on comptait sur lui. Il avait pour clients, pour amis, toute une jeunesse ardente qui s*apprétait à recueillir à Theure des moissons les épis dont il avait péniblement semé le grain. Jules Ferry, Ernest Pfcard ne le quittaient pas. Charles Floquet, correct etélégant a sa façon, dans son beau pantalon gris perle, son habit bleu barbeau à boutons d'or, son gilet à la Robespierre, réussissait mal à s'abriter sous les larges ailes d'un chapeau légendaire contre les pénétrants rayons de cet astre à son lever.

Gambetta, à peine entrevu et pressenti par quelques camarades, se laissait aller sans résis-

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tance à ce grand courant d<* sympathie, que remontait parfois son ami ('Irment Laurier. Peul- (^tre Jules Favre, plus Agé, plus réservé, imjx)sait-il une admiration plus respectueuse à ces jeunes maîtres ; mais les cu.»ui*s appartenaient h Kmile Ollivier.

On ne saurait croire avec ([uelle passion on dévorait les comptes rendus des séances tenues par le Corps législatif. On étudiait tout, et le fond et la forme, soulignant de vifs commentaires toutes lis phrases, applaudissant aux coups bien portés, souffrant des moindres défaillances de ces talents auxquels la France semblait avoir confié le soin de la défendre.

A la vérité*, quelques voix discordantes troublaient cet unisson dans l'admiration. Au quartier Latin, Arthur Arnould, Jules Vallès et Ranc, si j*ai bonne mémoire, suivaient d'un œil déliant les phases de ces jKîtites apothéoses et plaçaient quelques cailloux sous les roues des fiacres qui emportaient les triomphateurs. Les «émigrés h l'intérieur », comme nous qualifiions les abstentionnistes et ceux qui s'étaient refusés à passi^r sous le joug du serment, mesuraient bien, avec amertume, l'effort fait au résultat obtenu et j)lissaient dédaigneusement la lèvre en consta-

tant le peu de chemin parcouru; mais Topiniou des «pointus» n'était pas pour nous arrêter bien longtemps, et nous n'avions d'oreilles que pour Jules Favre prophétisant dus la première heure les désastres de la future expédition du Mexique, pour Emile Ollivier et Ernest Picard revendiquant nos libertés confisquées et finissant, à force de talent et d'esprit, par nous rendre vraiment libéraux, nous autres qui n'étions encore, à notre insu, que des jacobins déteints.

A vrai dire, il ne pouvait en être autrement. Les jérémiades rétrospectives ne sauraient intéresser des hommes qui, entrant dans la vie, veulent y marquer leur place. Que nous faisaient, à nouS; les perplexités de Jules Simon encore hostile au serment, les fureurs de Goudchaux, les tonnerres oratoires d'Emmanuel Arago célébrant dans des repas intimes l'anniversaire du 24 février sous la présidence de M. Jules Grévy et récitant les Châtiments entre la poire et le fromage, portes closes? Ce qui nous intéressait, c'était la vie quotidienne, ses incidents, ses accidents. C'était le financier Mirés brutalement arrêté, et sur le procès duquel nous comptions pour jeter quelques éclaboussures à propos des tripotages des gens en place. Une autre fois, c'é-

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tait Floquct plaidant en appel |K)ur un ouvrier compromis dans une affaire ridicule do complot et commentant sa plaidoirie par ces mots : « L'étranger voit en France toutes les copies bâtardes des Constitutions étrangères, toutes, excepté celles qui tendraient à naturaliser les grandes et belles garanties de la liberté! » Et, comme le président, effaré par tiint d'audace, invitait Floquet à se taire, Tavocal révélait en souriant au tribunal et au public que ce mouvement oratoire portait la signature de Louis-Napoléon Bonaparte et avait été extrait par lui d'un article publié dans le Progrés du Pas-de-Calais en 1843. Ça, c'était amusant, ainsi que les vers improvisés au concours général pai* un élève nommé Richard, indigné d'avoir à traiter comme sujet la mort du prince Jérôme. Le satire commençait par ces mots :

Vous ne comprenez pas qu'il eût été plus sage De laisser reposer ret homme en son tombeau !

et finissait par ceux-ci :

Et sMl faut au vieux roi qui dort aux Invalides, Vieux fou qu'hier encor sa maîtresse battait, Quelques vers bien sentis, quelques hymnes splendides, Nous en laissons la gloii'e à monsieur Belmontet.

Puis c'était la circulaire de Billault, ministre

de rintérieur, entretenant les préfets par voie administrative des dangers du roman-feuilleton et terminant son petit morceau par la calembredaine suivante : « L'intelligence du peuple a droit à des aliments meilleurs. 11 ne faut pas plus corrompre les cœurs que pervertir les esprits. »

Voilà les intermèdes qui nous tenaient en joie dans les entr*actes de la comédie politique jouée au Parlement, comédie que, dans la candeur de notre âme, nous prenions pour un drame et qui devait finir par la plus sanglante des tragédies.

Quand nous n'étions pas absorbés par le récit de ces anecdotes, nous trouvions dans la polémique quotidienne des aliments à notre curiosité. Les démocrates autoritaires et les libéraux, après avoir doucement tàté le fer, avaient fini par se ruer les uns contre les autres et se gourmaient avec fureur. D'un côté, le Temps et h Courrier du Dimanche; de l'autre, le Siècle et VOjnnion nationale.

Clément Duvernois, à cette heure, collaborateur de Neflflzer, faisait le coup de poing, détachant en passant quelques horions aux journaux officieux et notamment au Pays, dirigé alors par M. Grandguillot. Ce dernier, piqué au vif, en-

voya des témoins non pas h Clément Duvernois, auteur des articles qui le visaient, mais à Nefiflzer. Le prétexte donné pour justifier ce déplacement de responsabilité est trop curieux, il marque d'un trait trop original les mœurs de ce temps, [>our que nous ne le fassions pas connaître.

M, GrandguiH&t déclarait que M. Clément Duver- V» iiois, ayant été condamné à la prison pour délits de presse en Algérie, n'était en résmné qu'un repris de justice avec lequel un galant homme ne pouvait pas croiser son épée. On peut penser le beau tapage qui se fit autour de cette jurisprudence singulière. Mais M. Grandguillot tint ferme, malgré la proposition de Duvernois qu'Hébrard et moi lui apportions. On ne se battit pas.

Cette solution négative plongea dans la douleur un camarade d'Hébrard, Toulousain comme lui, journaliste comme lui, mais aussi grand, aussi énorme, aussi pesant (ju'Hébrard était petit, mince et agile.

Le gros Lomon était rédacteur au Pays, Plus fort que Portlios, ce mastodonte de lettres qui passait pour avoir, dans sa jeunesse, tué un tailleur d*un petit soufflet, était au demeurant le meilleur garçon du inonde et d'un esprit très fin. 11 avait du talent, mais il n'avait pas la croix.

qu'il désirait ardeminent. Il avait espéré conquérir ses éperons de chevalier dans la mêlée engagée entre le Temps et le Pays, et la bataille finissait faute de combattants !

Un matin, Hébrard entendit les marches de son escalier craquer sous un poids insolite. Pensant qu'on déménageait un piano à queue, il ouvrit sa porte, par laquelle se glissa, en travers, précédé par son énorme ventre, Lomon souriant, affable et les mains tendues.

— Tiens, c'est toi?

— Oui; j'ai un service à te demander. Je voudrais me battre avec toi.

Hébrard eut le regard inquiet de David mesurant Goliath de Toeil.

— Te battre avec moi?

— Parfaitement. JNous avons fait des armes ensemble, autrefois, h Toulouse. Tu es plus habile à ce jeu ([ue moi. Tu me blesseras certainement. En huit jours je serai guéri, et si le gouvernement n'est pas le dernier des pleutres, il récompensera son champion en me donnant la croix.

— J'entends bien, fit Hébrard qui parut réflécliir; j'entends bien. Mais, tu sais, mon vieux camarade, sur le terrain un malluiur est bien vite

arrivé, un mauvais coup est bientôt donné. Si tu allais me tuer?

Lomon souffla.

— Je n'avais pas songé à cela, dit-il avec un bon sourire. Mais crois-tu que cet accident m'empêcherait d'être décoré?

— J'en suis certain, riposta Hébrard avec conviction.

— Alors n'en parlons plus, conclut tristement Lomon, et viens déjeuner, comme dans le temps, h Toulouse, quand nous étions jeunes et que nous ne savions pas marchander un service à un ami.

Il y avait tant de tristesse, tant d'espérances déçues dans la voix du bon Lomon, qu'Hébrard on fut à jamais frappé, et je suis certain que par- Ibis il lui arrive de regretter de n'avoir pas donné à un vieux camarade la marque de bonne amitié que Lomon attendait de lui.

. Maintenant je me trouve h Sainte-Marie-des- Champs, village de rarrondissement d'Yvetot.

11 tombe un déluge de neige fondue, et sur la route ravinée, dans les premières ombres du soii*, je patauge en compagnie d'un vieux curé. A chaque minute, je m'attends à voir le prêtre enlevé par les rafales d'un furieux vent de nordouest. Maigre, sec et raide comme une carte à jouer, la soutane amincie par un long usage, collée toute trempée sur son échine de hareng-saur, sa pauvre tête d'oiseau a jeun ballottant dans un vieux chapeau à larges b« »rds, des pieds immenses emmanchés au bout de deux os, l'homme de Dieu marche droit devant lui.

Depuis le lever du jour où je l'ai pris dans la

salle basse d'un logis sans moublos et sans feu, nous parcourons la campagne, entrant dans cha<{ue maison, interrogeant les habitants et meltant dans les mains d'une marmaille à moitié nue quelqut^s pièces de cuivre. J'ai essayé d'extraire de cetU' apparence d'homme une phrase traduisant une idée générale, un jugement quelcx)nque sur les misères dont nous sommes les témoins ou sur les misérables qui les endurent. Mon pauvrii vieux curé se défie de moi. Je lui ai dit que j'étais journaliste et rédacteur du Temps, envoyé en Normandie pour étudier les effets du chômage causé par la crise cotonnière. J'ai affirmé que le but de Nefflzer était de provoquer un grand mouvement de chanté publique par le récit sincère et circonstancié des fatalités si cruelles de l'industrie. Je lui ai montré les listes de souscription ouvertes à Paris en faveur des victimes indirectes de la guerre civile entre le Nord et le Sud des États-Unis. Je n'ai point fait le malin et je me suis gardé d(^ toute allure voltairienne. J'ai perdu mon temps. L'homme de Dieu, qui a sans dout(i rongé sa dernière croûte, car il a tout donné, puis tout vendu pour donner encore, s'est levé; il m'a servi de guide, sans fatigue apparente, sans se plaindre, sans découragement

et aussi sans émotion. Sa charité est froide et jaune comme un vieil ivoire. Quand il me quittera tout à rheure, h la nuit pleine, il rentrera dans sa cure et, tout trempé, sans souper, il se jettera sur le grabat dont il a enlevé depuis longtemps les minces couvertures.

C'est à ma collaboration avec ce curé que je dois mon premier succès de presse. Nefflzer, qui suivait avec une bienveillante curiosité mes articles publiés par les journaux de province, m'offrit une place au Temps et me chargea d'aller à Rouen étudier les effets et les causes de la crise cotonnière. C'était la première fois, entre parenthèses, qu'apparaissait dans un journal français l'industrie toute moderne du grand reportage.

Courbé sous la responsabilité de ma mission, très fier d'avoir été jugé digne de la remplir, j<». me multipliai. En trois jours, j'avais vu à Rouen les autorités et les principaux chefs de la grande industrie ; je savais tout ce qu'on peut savoir sur les stocks de coton, sur le nombre des broches des usines, sur les pertes subies par le commerce, sur les sacrifices que s'imposaient les industriels. Mais quelque chose me disait que ces froides statistiques ne pouvaient émouvoir le public et lui faire vider sa bourse; je sentais qu'il fallait

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k Idut prix trouver autre chose. La description de ces manufactures de briques, Ténuinération de ces broches de fer n étaient pas des documents humains.

J'imaginai alors de partir pour un des villages les plus éprouvés par la crise, d'obtenir du curé (|u'il me servît de guide, m'aidât à connaître la vérité, à mener à bien ma petite enquête, conduite en dehors de toute intervention administrative. Ce travail très personnel, très simple, mais tout à fait nouveau au moment où je le fis paraître, produisit une grande impression. Tous les journaux de France le reproduisirent ou le commentèrent, et, violemment sollicitée, non par mes phrases, mais par les faits que j'exposais simplement, la charitt' publique ne marchanda plus ses secours.

Personne ne S(^ doutait, en effet, que la misère fût si grande dans nos agglomérations ouvrières et que des créatures humaines pussent subir de pareilles douleurs. Je me souviens, entre autres, d'une famille Benony, composée du père, de la mère, de cinq garçons et de deux filles. L'aînée avait quinze ans et bobinait. Les salaires de ces neufs personnes n'atteignaient pas, depuis plusieurs mois, la somme de neuf francs par semaine

et un pain de 12 livres coûtait 1 fr. 40 centimes ! C'était poignant. J'avais vu dans la campagne des bandes d'enfants aller mendier au loin, à la porte des fermes, un peu de soupe ou quelques pommes de terre. Pour tout chauffage, des feuilles mortes détrempées par la pluie et fumant sans flammes dans latre glacé. Pour lits, des tas de paille pourrie ou deux planches assemblées.

Cette échappée sur les sombres abîmes de la question sociale causa un douloureux frisson dans le monde impérial. Tandis que les politiciens passaient outre et dédaignaient de s'attarder devant ces spectacles attristants, le socialiste à courte vue qui sommeillait dans le cerveau de Napoléon m se réveilla, et le vieil élève de Louis Blanc, l'utopiste de la prison de Ham, unit ses efforts à ceux des journaux libéraux ou démocratiques pour aidera la constitution du part ouvrier.

A Lyon, dès 1860, M. Arlès-Dufour avait recueilli des subsides pour envoyer à Londres, à l'Exposition d(^ 1862, des ouvriers en soie misi ainsi à même d'étudier les progrès de cette industrie spéciale. L'organe du prince Napoléon, VOpinion nationale et le Temps réclamèrent impérieusement l'ouverture d'une souscription nationale

pour payer aux délégués des grands centres manufacturiers leurs frais ôo voyage en Angleterre. L'empereur exigea de la commission impériale des douceurs supplémentaires, et bientôt, blancs comme neige, frisés comme de jolis moutons, le 4*œur rempli de la solidarité la plus touchante et de la fraternité la plus sublime, ayant aux pattes les faveurs roses de Tadministration, on vit partir ïes Éliacins du socialisme patient et modéré.

Cest peut-être un effet du climat de la perfide Albion. Nous avions envoyé des agneaux à Londres ; on nous retourna de petits tigres infatués, la tétc farcie d'aphorismc^s absurdes, d'axiomes grotesques, ne se comprenant pas entrer eux (4 furieux de n*étre pas compris.

En 186i, r Association internationale des travailleurs préluda, dans ses premiers congrès, à Tembrassadc des peuples, à Técrasement d«»s bourgeois, avec l'argent recueilli par les bourgeois du Temps, les démocrates de YOpinîon nationale et les chambellans de rempercur.

11 faut toujours admiier les voies mystérieuses de la Providence.

Ce n'est pas seulement en se mettant à table que Tappétit vient aux gens doués d'un bon estomac, c'est aussi en regardant manger les autres.

Les succès de Picard, Ollivier et Jules Favre, la popularité dont ils jouissaient, avaient mis Toau à la bouche de tout ce qui portait une robe et un bonnet d'avocat. Les dix-huit places attribuées au public dans la tribune du Corps législatif étaient devenues, en fait, la propriété d'un petit groupe d'orateurs en herbe. Chaque jour, ce bataillon scolaire faisait des exercices sous l'œil étonné des huissiers. Ces jeunes volontaires de l'armée libérale ou révolutionnaire s'entraînaient en grossissant de leurs murmures, de leurs protestations, les protestations et les murmures dont les Cinq el

les quelques opposants cléricaux éiuaillaient les discours et les répliques des orateurs du gouvernement. Le rciglenient de la Chambre n'avait pas de mystère ix)ur eux. lis blâmaient ou approuvaient, assez haut pour c^tre entendus, assez discrètement pour que M. le duc de Morny ne pût se fâcher et, se sentant surveillé, n'osât pas se montrer trop dédaigneux des règles qu'il devait faire observer en qualité de président. Ils marchaient à la bataille avec la conviction d'hommes qui se senti^'iit dans la giberne le couteau h papier du député. Ils marquaient tous les jours de l'œil la place qu'ils occuperaient quand le suffrage universel leur donnerait un mandat de représentant. Un jour, Charles Floquet, très digne, s'endormit. De sa place, un député lisait, en nasillant dans son pujiitre, un discours d'affaires. Un air chaud et humide remplissait la salle. Tout le monde sommeillait, et le duc de Morny, distrait, lorgnait les assistants. Tout à coup, une voix sourde dit ces mots : « Citoyen président, je demande la parole. » Les coups de revolver qu'il est d'usage aujourd'hui de tirer dans le Parlement quand on veut se faire remarquer, n'auraient pas produit, h cette époque, plus d'effarement que cette simple apostrophe. En un instant,

les députés furent debout. Les liuissiers se précipitèrent; M. de Morny fouilla la salle pour chercher Thoinme qui venait on un seul mot d'évoquer les souvenirs de la Révolution. C'était Floquet, rêvant tout haut qu'il était député et qu'il ennuyait Morny en rappelant «citoyen)).

Tous faisaient le même rêve, éveillés. Au premier rang, la tète appuyée dans ses deux bras croisés, la barbe embroussaillée, le dos rond, dédaigneux des vains ornements de la toilette, un jeune homme maigre, au gros nez, morigénait rudement et gaiement les orateurs et les spectateurs. C'était Gambetta, très attentif, faisant à voix basse des observations méridionales à ses voisins, et commençant à conquérir une certaine autorité sur ses camarades du Palais, de tribune et de café.

Si quelque révolutionnaire venu du quartier des Ecoles blâmait l'attitude conslitutionneîîo des Cinq, Jules Ferry et Gambetta lui rappelaient que les a ramollis » seuls avaient qualité pour ne point conq)rendre l'excellence de la (( posture » gardée par Emile Ollivier et Picard.

On couchait sur ses positions. Une fois, une centaine d'étudiants, conduits par un long jeune homme jaune, M. Vermorel, s'étaient rendus à la

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