‹ Mes petits papiers 1860-1870Chapitre 4 sur 10 · TO MES PETITS PAPIERS · texte numérisé non relu

TO MES PETITS PAPIERS

Chambre pour doniaiulcr à M de Morny des places dans la tribune publique. La jeune garde avait vu d'un très mauvais œil cette tentative d'escalade sur un terrain (juVîHe cx)nsidérait comme sa propriété; ix)ur un peu, elle eût aidé les zouaves à dissiper ce rassemblement. MM. Germain Casse, Gustave Isambi^rt, Lafont et de Villeneuve, conducteurs de V Estudiantina parisienne, avaient été sévèrement jugés, malgré Tintervention conciliante d'Ernest Picard.

En sortant de la Chambre, toute cette jeunesse reprenait séance dans ses cafés, et allait réciter aux amis moins favorisés les discours prononcés dans la journée. « A la place d'Ollivier, je lui aurais cloué le bec, » criait Tun. a I^e petit Darimon nous assomme avec son ami Proudhon, »

remarquait l'autre. « En voilà ass(îz des rouges de 48, » affirmait un irrespectueux. Et tous étaient d'accord sur ce point, qu'aux prochaines élections il fallait qu'une large part fût faite aux jeunes. « Un grand parti, déclarait Jules Ferry, qui rédigeait déjà sa première profession de foi, un grand parti ne doit-il pas, à côté des illustrations du passé, préparer les combattants de l'avenir?.))

Les « illustrations du passé )), qu'on appelait

dans rintimitc les vieilles barbes, les vieux bonzes et même les vieilles, bêtes, s'organisaient, de leur côté, pour la lutte prochaine. Désormais convaincus du réveil de Topinion publique, certains qu'on pouvait donner l'assaut aux urnes avec quelque chance de succès, ils avaient, pour la plupart, remisé leurs scrupules de 1857 et, minaudant un peu, admis la possibilité de se dévouer et de faire à la chose publique le sacrifice de leur pudeur, ils comprenaient désormais le serment. Ils allaient même jusqu'à causer dans les coins avec des hommes tels que MM. Thiers, le duc et le prince de Broglie, Berryer et le général Changarnier. Bien que Jules Simon déclarât, en se voilant la face, qu'il partageait, sur cette question du serment, l'opinion de son vieil ami le colonel Charras, c'est lui qui avait su décider Carnot et Jules Bastide h s'aboucher avec les légitimistes et les orléanistes, et à poser les premières bases de l'Union libérale, conclue contre l'empire.

Dans les journaux, l'agitation n'était pas moins \\\i\ Les directeurs et des écrivains, chaque jour sur la brèche, artisans de toute notoriété récente ou ancienne, et plus exposés que quiconque h empocher des coups dans la mêlée électorale, es-

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