LIVRE 1. - LE KEEPSAKE
Qui t'olTres pour remplacer Ce doux front sur ce keepsake ?
J'essaye, et je m'aperçois
De cette chose profonde
Que les vieux auteurs sont froids
Après une jeune blonde.
Pardon d'avoir dérangé Ta face parcheminée.
Le tison découragé S'éteint dans la cheminée.
0 lendemains ! Aujourd'hui, De tout ce soir qui flamboie Il me reste de l'ennui.
Cette cendre de la joie.
YII
Ami, regarde l'art et non pas le succès.
Je douterais de toi si tu réussissais
Dès le commencement, sans lutte et sans bataille.
Ils n'entrent pas partout ceux de la grande taille.
La vogue est peu. Les noms qu'hier elle allumait
Sont aujourd'hui le fer où la rouille se met.
La vogue à chaque instant veut une autre merveille,
Et ne reconnaît pas ses amants de la veille !
Idoles dont la mode a tenu l'encensoir !
Dieux qui sont quelquefois éternels tout un soir 1
Toi donc, sans prendre garde à la tourbe insensée, Que toutes tes amours soient avec ta pensée. Fais sans cesse, ta plume ou ton front à la main, De tes sueurs ton œuvre et d'aujourd'hui demain. Et tu l'auras aussi, le fracas populaire, Plus tard, mais plus longtemps. Passe-toi sans colère Des applaudissements prompts parce qu'ils sont courts. Aujourd'hui, c'est un jour, et demain, c'est toujours !
yiii