‹ Mes premières années de ParisChapitre 9 sur 136 · LIVRE I. — LE KEEPSAKE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LE KEEPSAKE

Par quel moyen croyez-vous Qu'il puisse être adoré d'elle ? »>

Son mari fumait toujours.

Sans avoir l'air de m 'entendre.

Elle regardait un ours D'une façon assez tendre.

J'étais comme le voleur Qui tourmente une serrure.

Elle mordait une fleur.

Les pierres de sa parure

Doublaient d'un ardent reflet Sa splendeur accoutumée.

Et son mari s'essoufflait En tourbillons de fumée.

Ses cils étaient palpitants.

Après la dernière planche.

Je lui traduisis longtemps Une page toute blanche.

(( Berthe ! » (j'osai son prénom) (( Que ma flamme vous pénètre !

Et sa bouche disait non,

jMais SCS yeux disaient peut-être.

L'instant vint où l'on se tait, Où le cœur troublé s'égare...

Et son mari se mettait Au quatrième cigare.

... Et c'est pour cette raison Qu'aujourd'hui, seul dans ma chambre, Devant un maigre tison Sur lequel soudde décembre,

Désorienté, distrait, Inapplicable à l'étude.

Ma mansarde me paraît Plus vide que d'habitude.

Ce soir de folle clarté M'assombrit. Mais comment est-ce Que s'y prend donc la gaîté Pour faire de la tristesse?

Lisons. Je me sens glacer.

Lisons. C'est toi, vieux Sénèque,

Page 1