I.lVP.i: V. — LE BRIN D'HERBE
Un autre petit enfant , Livide, et comme étoutïant,
Bouche amère, Sueur au front, s'atTaiblit...
Demain on fera son lit
Dans la terre.
Mères! le bonheur est court.
Le médecin! il accourt!
Il commande Pour le cher être abattu Une herbe dont la vertu
Est très-grande.
On a le flacon d\m bond!
Mais le petit moribond,
Que dégoûte L'aspect seul de la cuiller, Refuse d'en avaler
Une goutte.
Il s'obstine et se roidit.
Le docteur, dont il maudit La visite,
29Zi MES PUKMlÈnES ANNÉES DE PAUIS,
Entre ses dents qu'il défend Fourre la cuiller... — L'enfant Ressuscite !
Il se refait par degrés.
Et bientôt vous le verrez
Fort, superbe; Jl expirait en naissant; Quatre ans; il en vivra cent... —
Et celte herbe
Qui rouvre ainsi ses doux yeux A la lumière des cieux,
Chose étrange, Cet aide du médecin, Est justement l'assassin
De l'autre ange!
La nature alors parla :
(( Oui. c'est vrai, l'herbe qui l'a
Arrachée, La douce proie, au trépas, Oui. c'est l'herbe que tu m'as
Reprochée.