LIVRE I. — A M"'= L
Comme une chatte familière, Rentrera ses griffes pour vous.
Le sable où votre pied se pose, Joyeux, baisera doucement Le bas de votre robe rose; Et, le marbre aussi s'animant,
Les enfants sculptés des fontaines, Vivants, éperdus, asservis, Tendront vers vos lèvres hautaines Les lèvres des vases ravis!
Ne faites plus tant la fière Pour avoir deux yeux vainqueurs Dont la cruelle paupière Laisse par sa meurtrière Vos grâces percer nos cœurs.
Nous vous en avons vantée.
Votre œil. rien qu'en regardant, Nous abat par charretée.
Mais la ruse est éventée !
On vous a vue hier, pendant
Que l'Amour tirait vos mèches Et, sans voir vos doigts subtils.
Jouait à vos lèvres fraîches.
Lui prendre toutes ses flèches Et les fourrer dans vos cils.
Je gage de changer cette page en miroir. Tenez :
— Seize ans; au front l'innocence étoilée; Une bouche d'enfant plus jeune que l'espoir; Une avalanche blonde en cheveux effilée; Deux grands yeux bleus; la grâce atout cela mêlée.
Camille, vous pouvez maintenant vous y voii\