‹ Mes premières années de ParisChapitre 41 sur 136 · LIVRE II. — HANS ET MARIE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — HANS ET MARIE

HAXS.

C'est une nuit féroce !

— Dans l'antre que je t'ai donné pour lit de noce?

MARIE

Viens.

H ANS

Votre père est riche, et vous aviez chez lui Un oreiller meilleur. Pourquoi l'avez-vous fui?

MARIE

Calme-toi, Hans.

H AN s.

Mon Dieu! que faut-il que je fasse?

J'avais un vieil ami dans mon fusil de chasse, Et les chamois tombaient sous mon plomb par troupeau. Ah ! mon plomb maintenant leur glisse sur la peau î Mon fusil me trahit! J'ai, toute la journée, Couru dans la forêt comme une àme damnée ; Je n'ai pas rapporté seulement un oiseau. Nous avons mangé hier notre dernier morceau De chevreuil. — Le mépris hors des villes nous chasse. Dans cette forêt fauve, à la plus noire place, Nous avons pris un antre aux brutes, et voici Que la chasse à présent va nous manquer aussi. Tu meurs!

Je n'ai pas faim.

Tu meurs! Si le ciel tarde A nous secourir, tremble! Oui, car, quand je regarde Le goutTre de torture où je te sens rouler, J'ai des tentations paifois de l'étrangler.

MARIE

Dieu nous mène à son but par une obscure roule.

IIANS.

Ah ! ce n'est qu'au démon qu'elle aboutit ! — Écoule, Nous ne pouvons ainsi passer un temps très-long. El, d'abord, je n'ai plus de poudre ni de plomb. Ainsi, tu vas mourii- de faim dans ce repaire. Une dernière fois, retourne chez ton père.

MARIE

Non.

II AN s.

Non?

Il hésite, puis brusquement.

Que fais-tu donc ici? — Faim et mépris, C'est trop. On peut trouver d'un cœur un meilleur prix. Les filles qui n'ont pas besoin d'être estimées Ont aisément de l'or, des tables renommées, Les gibiers, les poissons, les vins exquis, ejifin Le prix de leur vertu. Vous, vous mourez de faim, Et vous êtes pourtant — ma maîtresse.

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