LIVRE II. — HANS ET MAIUE
MARIE
Nous sommes Mariés devant Dieu. Que m'importent les hommes?
HANS
Mariés devant Dieu? De fait, ça m'en a l'air, L'ouragan dit la messe et le cierge est l'éclair. — Fille!
MARIE
Vous me traitez d'une manière horrible.
HANS
Ce n'est pas sans raison que dans ce lieu terrible Nous sommes face à face, et ce n'est pas pour rien. Enfant, que le tonnerre est de cet entretien !
MARIE
Tu ne m'as pas à ces affronts habituée.
HANS
Je ne veux plus de toi ! Va-t'en ! Prostituée !
MARIE
Vous devez bien souffrir pour être si méchant!
HANS
Va-t'en !
Je vous pardonne, ô mon cher lians, sachant Que c'est le désespoir qui parle, et non la haine. Je ne peux vous laisser ainsi. Si je vous gêne, Abandonnez -moi ; mais, voyez-vous, c'est juré,
Ce ne sera jamais moi qui vous quitterai.
N'en parlons même plus. Retourner chez mon père,
Et manger tous les jours, et faire bonne chère,
Pendant que vous seriez sans un morceau de pain!
Jamais! J'aimerais mieux cent fois mourir de faim.
Donc, je vous dis cela d'une bouche sincère.
Si vous vous sentez las d'une double misère
Et d'avoir jour et nuit ma maigreur sous vos yeux,
Laissez-moi là, partez, et cela sera mieux,
Ami, que d'accabler d'un mépris trop facile
Une enfant ({ui pour vous s'est fermé tout asile.
H AN s.
Tu restes? môme après cet alfront? tu le veux?
MARIE
Je t'abandonnerai quand tu seras heureux.
HAXS.
N'en parlons plus.
La regardant avec une pitié douloureuse.
0 pauvre enfant! je t'ai blessée.
Va, les mots que j'ai dits sont loin de ma pensée. Ce n'est pas de mépris que je suis animé.
MARIE
Vous m'avez reproché de vous avoir aimé !
Il ANS.
Tu n'as pas compris. Non. Pour t' arracher ta chaîne, Je devais essayer de tout, jusqu'à ta haine. J'espérais que l'excès de mon indignité