‹ Mes premières années de ParisChapitre 43 sur 136 · LIVRE II. — HANS ET MARIE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — HANS ET MARIE

Te chasserait. Mais crois que cela m'a coûté. Je te reprocherais ton dévoùment sublime ! C'est moi qui te ferais de mon bonheur un crime! Si je respecte au monde une femme, c'est vous, Et je devrais toujours vous parler à genoux ! Oh! je suis à tes pieds, chère faute céleste!

— Nous nous en tirerons comme nous pourrons. Reste. J'ai fait ce que j'ai pu, les anges sont témoins.

— ^laintenant, va dormir.

MARIE

Et toi?

nA>"S.

Je te rejoins.

Mais j'ai le front brûlant. Laisse-moi. Cette pluie Me fera du bien.

MARIE

Mais...

HANS

Crains-tu que je te fuie Je n'en ai pas le droit. Sois tranquille.

MARIE

Pom'quoi Ne me permets-tu pas de marcher près de toi?

II AXS.

Laisse-moi seul un peu. Rentre.

MARIE

Ami, je vous quitte.

Mais revenez bientôt, n'est-ce pas?

II AN S

Tout de suite.

Va.

Marie s'en va.

HANS, seul.

Maintenant, je dis devant Dieu qui m'entend : Il faut que cette femme ait à manger pourtant. II ne s'agit pas là de scrupule frivole. C'est résolu : s'il passe un vivant, je le vole. J'ai reculé tantôt, en face d'un ami ; Mais je ne connais plus personne! Assez gémi. — Ah ! oui, j(^. dis cela parce qu'il vente et tonne Et que j'espère bien qu'il ne viendra personne.

Il se met à marcher.

Elle, a-t-cllc hésité? Non pas pour un danger Comme le sien, non pas pour que j'eusse à manger, Rien que pour essuyer dans mes yeux une larme, Elle, femme, elle a tout accepté : le vacarme Des malédictions, l'injure à chaque seuil. Son père dont la honte avance le cercueil, L'église qui la damne, et l'horrible mit-ère. Et moi, quand clic manque ici du nécessaire. Quand ce n'est pas d'amour mais de pain (ju'il s'agit, Quand c'est tout qui lui manque, et que la faim rugit. Et que déjà la mort — cette mort-là — circule

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