‹ Mes premières années de ParisChapitre 60 sur 136 · LIVRE II. - HAXS ET MARIE. m · texte numérisé non relu

LIVRE II. - HAXS ET MARIE. m

Quand j'ai servi le père à la fille en repas.

Tuez-moi sans pitié, je ne me repens pas.

Nous n'avions pas mangé la veille. Cette femme

Avait faim. Je n'avais à vendre que mon âme.

Nous avons pu manger. Elle t'a, dur enfer,

Rejeté ton pain rouge. Il m'avait coûté cher

Cependant. J'avais fait princièrement la chose,

Certe, et je n'avais pas marchandé, je suppose.

Il eiit suffi d'un vol, j'avais assassiné.

Par Satan! je m'étais honnêtement damné.

Donc, je ne peux pas plus me repentir — que vivre.

A'ivre ! merci. J'ai bu trop de sang, je suis ivre,

Et je ne voudrais pas en reboire demain.

Je sais bien qu'on se fait voleur de grand chemin,

Mais je n'ai pas les reins d'une bête de somme,

Et, tenez, c'est assez de ce corps. — Quand cet homme

Est tombé, j'ai senti, dans ce moment hideux,

Que ce n'était pas lui le plus mort de nous deux.

— Je me préparais donc à me coucher sous terre. Mais puisque vous m'offrez le bourreau pour me faire Ma toilette de nuit. soit. Je vous fais serment

Que vos femmes auront leur divertissement; Ne craignez rien, je n'ai pas l'envie indiscrète

— Tout voleur que je suis — de leur voler ma tète. Je ne veux que le temps de faire mes adieux

A cette enfant.

Il s'approche de Marie, gisante et à demi folle.

Adieu, triste fille aux doux veux.

lZi2 MES PREMIÈRES ANNÉES J)E PARIS.

Qu'est-ce que tu vas faire à présent de la vie.

Pauvre être? — Adieu. — Dis donc, quand nous avions envie

D'un fils? Voici l'enfant de nos jeunes amours,

Ce cadavre terrible! — Adieu. — Seule, et toujours,

C'est le doux avenir que le sort te destine,

Entre ce parricide et cette guillotine!

Non, j'ai pitié de toi! Tiens!

Il la met en joue et tire. Marie tombe. LA FOULE.

Monstre !

UANS.

A dix-sept ans!

Marguerite et les femmes courent à Marie. MARGUERITE.

Morte!

Il AN s, jetant son fusil.

Vous pouvez dire au bourreau que j'attends.

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