‹ Mes premières années de ParisChapitre 62 sur 136 · A LA MEME · texte numérisé non relu

A LA MEME

Oh I quand, du bord du bois où, dans l'épais feuillage, >'os rendez-vous faisaient leur nid loin du village,

Caché derrière un tronc.

J'avais, impatient de ta chère venue.

Crié déjà vingt fois à la porte connue :

Quand t'ouvriras-tu donc?

Quand des branches soudain par un oiseau touchées , Quand des pas de fourmi sur des herbes séchées

Avaient tous été toi ; Quand j'avais vu, tirant ma montre de ma poche, Que mon cœur avançait; quand, iorsqu'enfui la cloche

Te sonnait avec moi ,

i:>0 MES PREMIÈRES ANNÉES DE PARIS.

Mon amour insensé qui s'effraye et qui pleure, S'il no démèlail pas parmi le bruit de l'heure

Tes petits pieds charmants, Avait accumulé dans un quart de seconde Des révolutions à ruiner un monde

Jusqu'en ses fondements;

Quand tu venais enfui!... — alors, larmes de joie, Ton doux corps que j'emporte ainsi qu'un loup sa proie

Par les sentiers couverts Jusqu'à l'endroit secret où personne ne passe; Là, sur la mousse on fleur et dans l'étroit espace

Où tient notre univers.

Ta beauté qui prend feu sous mes lèvres de flamme... Et puis, après, le corps qui s'éteint, mais non l'àme ;

L'effacement des sens Oui nous fait concevoir que les morts puissent vivre; L'extase où nous lisons noë pensers comme un livre. De notre vie absents;

J.e rabâchage ailé qui dans l'azur babille; Les querelles d'amants où le cœur se rhabille,

Ruptures sans retour Qui durent bien un fjiiai't d'heure, rage soudaine Qui fait ce qu'elle peut pour être de la haine

Et n'est que trop d'amour,

Page 1