‹ Mes premières années de ParisChapitre 68 sur 136 · LIVRE III. — DANS UN BAL · texte numérisé non relu

LIVRE III. — DANS UN BAL

Qui s'éprend d'un homme, et qu'en se donnant C'est le ciel qu'on donne ?

Mais quel paradis me donneras-tu

Si ta vie à terre N'est, à tous les pieds ouvrant son mystère,

Qu'un chemin battu?

Ton cœur dans tes yeux, à l'astre infidèles,

Pour tous resplendit , Et, montrant ton dos, ta robe leur dit

Que tu n'as pas d'ailes.

vu

Visites, déjeuners, bals où tout pied nous foule. Subirons-nous toujours ces contacts de la foule

Par lesquels, jour à jour, Comme un collier froissé, notre bonheur s'égrène, Quand nous les haïssons de toute notre haine

Et de tout notre amour!

Je souffre et je te fais souffrir. 0 chère femme Cher tout ! Et la clarté céleste de ton âme

Dans tes yeux se ternit.

Si tu veux, emportant loin de cette cohue Notre félicité dont ils font une rue,

Nous en ferons un nid.

Nous irons, sur le bord de la mer, en Bretagne Ou bien en Normandie, au pied d'une montagne,

Et loin de tout chemin, Chercher le moindre coin de mousse et de mystère Où tu puisses tenir l'eau, le ciel et la terre

Dans le creux de ta main.

Au fond d'un bourg sans nom et d'abord difficile, Nous nous arrangerons gentiment un asile

Où, seuls jusqu'à la mort, Cachés, muets, faisant notre amour invisible. Nous laisserons le moins de surface possible

A la flèche du sort.

YIII

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