LIVRE III. — QUAND JE SUIS SEUL
Oiseaux nichés aux croisées !
Verte fraîcheur de l'été!
Le miroir de Teau répète
La tranquilhté des cieux ;
Le fleuve silencieux
Sommeille... — Soudain, tempête 1
Sur la rive où nous causons La vague se rue, arrache Les pierres des quais, et crache Au visaore des maisons !
Tout tremble de sa furie.
C'est le seigneur Océan Qui va du Havre à Rouen Avec sa cavalerie.
Et les yeux émerveillés Sur tout le fleuve qui fume A oient se cabrer blancs d'écume De grands flots échevelés.
Ils passent. Ilohé! pilotes!
Vite! assez bu de liqueurs!
Aux canots ! Les remorqueurs Arrivent, traînant des flottes.
Et tous sautent, altérés.
Dans les barques démarrées.
Et trois-mâts , chasse-marées , Bricks, filent... — Et, par degrés,
Le jour apaise ses flammes.
Et dans le bois obscurci L'astre se couche, et voici Qu'après le fracas des lames
Qui secouaient les granits Et qui cassaient les branchages.
Ce sont les doux rabâchages Des oiseaux faisant leurs nids.
Le vent s'éteint dans les voiles ; L'eau s'endort; et, tout le soir, Du banc où je viens m'asseoir, J'assiste au bain des étoiles.