LIVRE I. — LE KEEPSAKE
Je choisis un guéridon Masqué d'une jardinière.
Je lui tournais les feuillets.
Mais qu'est-ce que voulaient dire
Ces notices en anglais ?
— « Je m'en vais vous les traduire. "
Les dessins variaient : tours, Bêtes, gens, lac, panoplie.
La notice était toujours Que je la trouvais jolie.
Un dessin d'un ton très-doux :
Un ruisseau court sous des saules Texte : « Où vous procurez-vous La blancheur de vos épaules? »
Son mari fumait. Dessin : Un pauvre agneau blanc qui bêle.
Notice : « C'est très-malsain Pour autrui d'être si belle ! »
Bien qu'en France maintenant Ni dames ni demoiselles
2Ù MES l'UK-MlÈRES ANNÉES. DE l'AUlS.
Ne voient rien de surprenant A ce que tout soit plein d'elles,
Elle crut que je mêlais Quelque fraude à ce prodige.
— « Voyons, savez-vous l'anglais? »
— (i / love you, » lui répondis-je.
(( L'anglais? moi ? si je le sais?
Pas du tout ! Et je dois même Vvoucr que mon français N'a que trois mots : Je vous aime ! »
Elle dit, sans se fâcher :
— (( Revenons à ces estampes. »
J'y consentis. Un rocher.
Légende : « Oh ! baiser vos tempes
Cataractes. « Un conseil : " Son mari fumait encore.
(( Un ami. (jui m'est pareil De corps et d'esprit, adore
(( Une femme qui pour tous Est votre image fidèle;