LIVRE IV. - PROSERPINE
Vous avez raison d'être indignée De nous voir aux beautés complaisantes à tous Préférer bêtement des vierges rien qu'à nous, Et désirer, plutôt que ces universelles. Des niaises que nul ne connaît...
PROSERPINE
Et si celles A qui vous demandez tant de chastes vertus Voulaient aussi des cœurs que personne n'eût eus? Car, qu'êtes-vous donc tous, sinon des courtisanes ?
SABATl-XO.
Le temps arrivera, j'espère, où, moins profanes, Nous voudrons, pour avoir de vrais contentements, Qu'on nous apporte en dot deux douzaines d'amants; Mais jusqu'à ces beaux jours, ma chère, restez bonne. Vous m'avez convaincu que vous n'aimez personne. Eh bien, je ne veux rien changer à votre cas. Aimez-moi seulement comme vous n'aimez pas. Ma manière de vous aimer est la commune, J'ai le cœur comme tous, et non pas la fortune; Pourquoi? Me croyez-vous pauvre?
PROSERPINE
Vous m'insultez.
SABATINO.
Ou bien ladre ?
2Zi4 MES PREMIÈRES ANNÉES DE PARIS.
PROSERPI.XE.
Seigneur!...
SABATINO.
Je suis riche...
PROSERPINE
Sortez !
SABATINO.
A'ous avez avec moi des façons qui me passent. . .
PROSERPINE
Si vous ne voulez pas que mes valets vous chassent, Allez-vous-en! et sans un seul mot!
SABATINO.
Je me tais, Madame, et pour toujours. Adieu.
Il salue et sort.
PROSERPINE, seule.
Je n'en étais Qu'à son indilTcrence ; il manquait sa colère. — Tu me paîras l'afîront que je viens de te faire !