‹ Mes rêveriesChapitre 27 sur 29 · DES ESPIONS ET DES GUIDES · texte numérisé non relu

DES ESPIONS ET DES GUIDES

On ne saurait faire trop d'attention aux espions et aux guides. Montecuculli dit qu'ils servent comme les yeux dans la tête, et qu'ils sont aussi nécessaires à un général. Il a raison : l'on ne saurait employer trop d'argent pour les avoir bons. Ces gens doivent être choisis dans le pays où l'on fait la guerre; il faut les prendre intelligents, adroits et sages, en disperser partout, chez les officiers, chez les généraux, chez les vivandiers et surtout chez les pourvoyeurs des vivrez, parce que, par les approvisionnements, les dépôts et les cuissons des pains, il est aisé de juger des desseins des ennemis.

^11 faut que ces espions ne se connaissent point les uns les autres. Il en faut de plusieurs ordres : les uns propres à se faufiler dans les compagnies, d'autres courant l'armée pour acheter ou pour vendre : ceux ci doivent connaître chacun un de leurs compagnons du premier ordre, pour en recevoir ce qu'ils doivent aller porter au général qui les paye. Il faut charger de ce détail quelqu'un qui soit fidèle et intelligent, s'en faire rendre compte tous les jours, et être sûr qu'il ne puisse être corrompu.

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