‹ Mes rimesChapitre 11 sur 29 · RETOUR DES ZOUAVES PONTIFICAUX CANADIENS · texte numérisé non relu

RETOUR DES ZOUAVES PONTIFICAUX CANADIENS

Les voici revenus ces courageux soldats, Comme ils sont beaux et grands ! que leur allure est

[fière !

Nobles fils de l'Eglide, ils ont, dans les combats, Défendu le drapeau de leur auguste Mère. Inspirés par l'envie et guidés par Satan, De vils conspirateurs déchaînaient la tempête, Contre le saint Vieillard qui siège au Vatican, Menaçant de frapper, sa vénérable tête ;

D'un geste de sa main Celui qui règne aux cieux Pourrait les arrêter dans leur marche arrogante ; Une parole, un souffle, et ces ambitieux Tomberaient foudroyés sous sa force écrasante ; Mais il faut à ce siècle un exemple de foi ! Un premier cri d'alarme annonce sa tristesse, Et l'on voit accourir près du Pontife-Koi, Pour protéger son trône une ardente jeunesse.

Admirons de leurs cœui's cet élan généreux !

Des milliers ont compris la plainte paternelle

Et, forts de leur amour, ils arrivent joyeux,

De tous les points du globe, en la Ville Eternelle.

Ils ont dit au pays un solennel adieu

Et, nouvelle croisade à la cause sacrée,

Ils sont'prêtsà mourir pour la gloire de Dieu,

Et pour venger l'honneur de l'Eglise outragée.

Seul, notre Canada se ferait spectateur ?

Lui, dont on a vanté la valeur héroïque,

Resterait insensible à la voix du Pasteur

Dont l'appel a gagné l'univers catholique ?

Ne sont-ils point ceux-là les dignes héritiers Du peuple qui sourit au milieu des batailles ? De ces hommes vaillants qui vinrent, les premiers. Féconder notre sol dans ses vastes entrailles, De ces héros sacrés, qui, martyrs de la croix, Du fleuve St Laurent suivirent les rivages, Et, le Christ à la main parcoururent nos bois Pour convertir au ciel les peuplades sauvages !

Mais ce peuple vanté pour ses grandes actions, Vit son aigle deux fois foudn^é pur l'orage ; Et ses deux empereurs traîtres à leurs missions Eurent la déchéance et l'exil pour partage. Oui ! le drapeau français de Eome a disparu ; Et, celle que l'église appelait son ainée, Voit aujourd'hui son chef impuissant et vaincu, Trembler sous le regard de la Prusse acharnée.

Comble de trahison ! Victor Emmanuel,

Ce parjure éhonté tremblant pour sa couronne,

Te tous les conjurés devient le plus cruel,

Et près des murs romains le canon gronde et tonne :

Partout, des cris de guerre ! on demande du sang ;

Au cœur de Jésus-Christ pénètre une autre lance.

Alors le Eoi-Pontife arbore un drapeau blanc

Et laisse aux mains de Dieu le soin de sa vengeance.

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