FETE DE FAMILLE
Adresse h M. Jacques V. n, accompagnant la
présentation d'une canne, a /'occasion de V anniversaire de sa fête patronale.
Tous ceux qui ont eu l 'avantage de connaître ce digue citoyen, savent comme moi, qu'il est le type du galant homme, et qu'il a des droits a l'amitié et au souvenir de la jeunesse de Montréal, qui lui est redevable de bien des moments de plaisir.
Le sentiment, qui, ce soir, nous amène Sous votre toit, vous offrir un cadeau, Votre bon cœur le devine sans peine, C'est pour lui rendre un hommage nouveau. Nous profitons du jour de votre fête Pour vous donner ce faible souvenir, Et nous venons, vos fils à notre tête, Vous souhaiter un riant avenir.
Puissiezvous donc, au sein de la famille, Passer en paix le'reste de vos ans, Et savourer, dans un déclin tranquille Des jours heureux, près de vos bons enfants !
Puisse toujours la vertueuse femme A qui le Ciel vous unit ici bas, Vous raviver du doux feu de son âme Jusqu'au moment du sinistre trépas !
Quand la vieillesse, en fière courtisane Se réjouira de vos longs cheveux blancs, Puissions-nous tous voir servir cfttte canne, A protéger vos pas lourds et tremblants ! Mais, loin de nous ce lugubre présage ! Que nul îegret n'assombrisse ce jour :
Malgré les ans, vous serez de notre âge, Laissons venir chaque chose à son tour. Et si jamais vos yeux versaient des pleurs Avec nous tous faites-en le partage, Pour les garder nous ouvrirons nos cœurs.
CHATEAUGIAY.
Adieu (V 1111 jeune canadien h sa mère, avant son départ
?ur ta bataille de Châteauguay.
Adieu, je pars, ma bonne mère, Il H*e faut, ce soir, vous quitter ; Et demain, loin de ma chaumière. .
Je combattrai pour vous venger.
J'entends le canon qui résonne, C'est le signal de mon départ ; Déjà, la nuit nous 'environne, Il me faut quitter sans retard.
Mais, je vous vois verser des larmes ; Est-ce pour moi que vous pleurez ?
Chassez loin de vous ces alarmes, Car bientôt vous me reverrez.
A l'horizon de nos campagnes, Distinguez-vous, dans le lointain, Ces hautes chaines de montagnes ?
Eh bien ! je serai là demain.
Remplis d'artifice et de rage, Là sont nos cruels ennemis ; Mais, on a pour soi le courage Quand, on combat pour son pays.
Le front paré de la victoire, Quand le pays sera vengé, Je reviendrai, couvert de gloire, Dans la chaumière où je suis né.