CHANSON A BOIRE
Pierrichon : — Vous offrirai-je ce breuvage ? Sur l'honneur, il ne grise pas ; Lorsque l’homme perd son courage
C'est son grand remède ici bas.
Morufort :—J'accepte votre politesse ; Après vous, charmant compagron,
Puisse le chagrin qui m'oppresse
Se noyer dans cette boisson.
l'air trop
Refrain :
18 et que Tous deux : —O liqueur ineffable ‘ai qu’on
Compagne des humains, ne petite | femme, Mélange inexprimable!
Qui calme les chagrins.
la pau- C’est toi qui dans nos fêtes, >, et j'en Rends si Courtes les nuits,
Et q'.i montant les têtes
En chasses les ennuis.
Morufort : — Au vieux père Howe, avec ivresse,
| Je boirais du matin au soir ;
C'est lui qui combat la détresse
ge Où nous à mis votre Pouvoir, George Etienne,
Je bois ce verre avec transport !
Pierrichon :—A la santé de ä | De la race Canadicnne, ] )
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C'est le défenseur le plus fort !
Tous deux : —O liqueur ineffable, etc.
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Pierrichon :—Et! ben, pas vrai qu’ea r'met l’Ca-
nayen ?
Morufort : —Ah! ea fait du bien..…..cça fait du bien!
Pierrichon :—Mais, dites don, vot'o vicux père
Howe, ça s'rait-i pas, par hazard, c'vieux monsieur qu'a tant fait parler los journals, et qu'on disait qui voulait pas entondre parler d’la confédération ? Morufort :—Ben sûr qu’eest lui, etun vieux smart, allez; ah! il a ben crié conte c’te bêtise là; mais,
plus i criait, plus les aut'es gueulaiont, si ben qu’on
a fini par plus rien entendre. C'était leur intérêt,
voyez-vous, car y'a un proverbe qui dit qu'Ià vérité
choque, et pi c’lui-là les manquait pas, allez: c’est lui
qui nous à fait connait’e vote fameux George-Etienne.
Ca c'en est un qu'en fait foutument du dommage par
chez-nous. L’père Iowe disait toujours qu’e’était
l'plus pire.
Pierrichon : —Eh ! ben moëé, j'crai que vut’e vieux
père Iowe est un vieux blagueur; parc’qu’enfin, on
doit avoir dans le pays des hommes aussi honnètes
que lui; et quand on a vu, comme moé tous ces gens
là en faveur de c’te bêtise, (c’est comme ça que vous
appelez la chose) eh! ben, on s’dit: v’là une bêtise
qui doit pas t’être si bête. Et pi, mon opignon, a
ot l’'Ca- moé, j'eraignons pas d'la faire à savoir: j'suis pas t’un grand connaisseur dans la politique; mais,
quand ma conscience et ma r’ligion m'disent : c’est
u bien” comme ça! j'mo dis, Pierrichon, ça doit être comme
k ça. C'est-i ou c’est-i pas notre homme qui empêche IX père ù : RE | l’poisson d'mordre par chez-vous ? ça, j'en sais rien,
onsieur è Fe À à û vus parc’que voyez vous; j'me mêlo pas des affaires étran-
sait qui à 0e <
? 1 gères; mais j'supportons c't'homme là d'toutes mes
forces, parc’'que j'erai qu'il a fait ben du bien dâns jt sut , RP) c smart, l’pays—La récolte est mauvaise, qu'on criait partout ! y'a pas d’foin dans les crèches ! l’'eommerce est mort :
; Mais, ; ) 2 ? 4 a? 4 16 . h Il L4 s , .
n qu’on l'pays s’en va au diablo: Eh! ben, monsieur, d'puis 14? Née Q > Q o , HEC 27 intérêt, qu'c't’homme là y'a mis la main, c'est’une vraie béné-
à vérité diction ! personne s’plaint: les habitants sont pleins
À ai 1 d » at n Ya , \ Q est lui d’grains, pleins d’fourrages, les marchancs s'enrichisê A1 LU ? y 3 îtienne. sent, même en faisant banqueroute, l’pays est plus
age par grand qu'jamais, et l’soleil marche toujours son train }
v'e’était Morufort : —Y'avait pu d'foin dans les crèches que vous dites? mais, c’est-i une raison, parc'qu'un hae vieux bitant manque de fourrage, d'aller en voler chez son fin, on voisin pour nourrir toutes ses bêtes ? Moé j'comprends bnnètes la chose autrement, voyez vous? votre homme s'est es gens dit, un bon jour: Les choses commencent à marcher ben 16 VOUS mal, et si j'trouvons pas les moyens d'nourrir tous ceux b bêtise qu'ont faim, i pourraiont ben m'en donner une......une knon, à fin ! vous comprenez ? Alors qu'il a formé z'un plan
avec 808 amis, et qu'i z'ont crié par tout l’pays :— Electeurs ! on a trouvé l'moyen d'vous nourrir : mais, pour ça, i faut prendre la Nouvelle Ecosse, et pi les autres Urovinces d'en bas ! y'a pu d'foin dans les crèches, que vous dites? eh ben, c'est là qu'tout l'monde trouvera sa ration; etiz'ont dit: C’est là qu'on fait des rations (Conf. d'ratiun) c'est à dire: qu’on fait ou qu’on vole des rations, c’a r’vient au mème! C’est comme qui dirait, j'lai pas volé, mais j'lai pris: c’est la même
chose !
Pierrichon : —J’vois qu'vous avez t’étudié la politique; mais j'crai que vous en avez t'oublié un p'tit brin, puisqu'i parait qu’y a t’eu z'une consultation la ousqu'i z'ont décidé qu'les deux pays étaient malades, et qu'pour la santé des deux, il fallait employer
l'erand r'mède.
Morufort :—Ça, ça s’pourrait; mais y’a des r’mèdes qui font pour un et qui font pas pour l’autre, et, quand
on s'aperçoit qu'un r’mède est pas bon, eh! ben, i
faut cesser d’en faire prendre, avant qu’ea produise des crises, comine c’est arrivé pour no’te pays.
Pierrichon : —T'nez ! ça ’est encore une blague de vot’e vieux père Howe; car, comme disait, chez nous, l'Docteur d’not’e paroisse: écoutez pas vot'e femme, qui disait : faites y prendre sos pinnules ; ça lui donnera
des crises, maïs, ça s’ra un mal pour un bien. Si j'avions t’écouté les voisines qui disaient qu'le Docteur 1: traitait mal, j'aurions p'têtre perdu ma pauvre Mari-