LAURE LE
lade, environné des soins attentifs de parents dévoués qui le protégèrent dès l'enfance, et attendant avec espoir les premières brises printannières, auxquelles il dut tant de fois un retour temporaire à la santé. Maïs enfin, voyant que tout allait bientôt finir, il s'était d'avance résignè au départ, et quand l'heure a sonné pour iui de dire adieu à ce monde où il avait brillé, chanté ct souffert, il s’est éteint doucement, sans trop de regrets, sans murmure, muni de tous les secours dont l'Eglise entoure ses enfants pour les préparer à entreprendre avec confiance ce redoutable voyage où se transforment les des‘inées humaines.
Ses amis, (et qui en compte plus que lui?) ne se consoleront jamais de sa perte : car il était à tous égards ce qu'on est convenu d'appeler un homme sympathique et charmant. On ne pouvait faire sa connaissance sans s'attacher aussitôt à lui et sans rechercher le charme de son intimité. Sa causerie, semée de bons mots, d’anecdotes amusantes,de pointes délicates qu'il savait aiguiser de façon à les rendre piquantes, s£ns la moindre amertume, était des plus agréables. Esprit fin aussi bien que causeur excellent, et poëte à ses heures, il a laissé des épigrammes, des poèsies légères, surtout des chansons marquées au cachet de la belle littérature et du bon goût,
Peut-être se plut:il trop à vivre au sein dos douceurs
Fe.
du far niente. Sa riche et féconde nature n'aurait eu
besoin que d'un peu plus de culture pour produire quelque chose de durable qui lui aurait acquis l’une des places les plus éminentes dans la pléïiade de nos écrivains nationaux, Il possédait à un dégré exquis le sentiment de l’art, l'amour du beau littéraire dont il ne s’écarta jamais dans ses écrits. Parmi les regrets que nous inspire sa disparition prématurée d’au milieu de nous, l’un des plus vifs est qu'il n’ait pu réaliser le désir qu'il exprima souvent de réunir en volume,
les productions éparses sorties de sa plume élégante.
Maintenant qu'il n’est plus, on appréciera encore davantage les nobles qualités d'esprit et de cœur qui lui attiraient si facilement les sympathies générales.
Toute la jeunesse de Montréal, nous en sommes sûr,
l'accompagnera à sa dernière demeure. L'amitié et l'admiration qu’il a provoquées partout autour de lui, dans le cours si varié de son existence, lui feront cortége au moment suprème ; elles garderontreligieusement sa mémoire, et le suivr nt éplorées par-delà le tombeau...
Dans le même journal, M. Blain de St. Aubin,
publiait Jes strophes suivantes :
aurait eu produire uis l’une à de nos ré exquis aire dont 8 regrets
d'au miu réaliser 1 volume,
légunte.
"a encore
cœur qui
rénérales.
ur de lui,
ui feront
treligieu-
ar-delà le
t. Aubin,