‹ Mes rimes [microforme]Chapitre 7 sur 36 · IN MEMORIAM · texte numérisé non relu

IN MEMORIAM

Notre Elzéar “ a passé comme une ombre,

‘ Ombre joyeuse et chère aux bons vivants ; ” *

Le fréle esquif ainsi chaviré sombre, Ainsi la feuille est emportée aux vents.

La gaité seule a marqué son passage,

Il à bien ri de nos mille travers,

Et quelquefois, il parlait comme un sage :

En souriant nous relirons ses vers.

IE

Il disparait, mais sa figure amie,

Longtemps encor, dans nos cercles joyeux

Apparaïtrà, quand, pour charmer la vie, Nous redirons ses chants harmonieux.

Gai compagnon, cœur d’or, ami fidèle A la fortune et surtout aux revers :

Sur plus d’un point il fut notre modèle ;

En souriant nous relirons ses vers.

* Ces deux vers sont empruntés à Béranger.

Brave Elzéar! en partant de ce monde,

Tout plein d’ingrats, d'injustes ennemis,

f Plus fortuné tu laisses, à la ronde,

Bien des regrets dans bien des cœurs amis.

Du haut des cieux que ton âme sereine Prenne en pitié nos souffrances, nos fers, Que ta gaité soit toujours notre reine:

En souriant nous relirons tes vers.

Enfin, nous avons conduit notre ami au cimetière, nous avons vu descendre sa bière sur des cordes grinçantes qui semblaient gémir, jusqu'à six pieds sous terre; nous avons enterdu, comme un bruit de grèle, les premières pelletées de gravier tomber sur le cerceuil. Les fossoyeurs ont ratissé avec soin le tertre funéraire ; ils ont répandu également des mottes fraiches sur les tombes d’à côté, sur celles de Ludger et de leur père. Pourquoi cela? L'un des hommes qui s’en allait, la pelle sur l’épaule, nous répondit, “C'est afin de dépister les voleurs de corps.” Des feuilles jaunies se détachaient des arbres voisins, tombant une à une comme des larmes sur cette tombe ainsi dissimulée.

Non moins sympathique que nous, la nature pleurait

mis.

‘imetière, 8 cordes siX picds bruit de mber sur © soin le >:s mottes * Ludger imces qui “C'est illes jaunt une à

simulée.

pleurait

sn ST ue

à sa manière celui qui l’a Parents et amis s'é Elzéar !

ait aimée et chantée. luis, loignèrent en se disant « ” le dernier mot des viv mot de vaine pitié qui nous ser renvoyé, si les

Pauvre ants sur les morts,

ait sans doute vite morts pouvaient parler,

Page 1