MON LIVRE
À vous mes vieux amis, à vous ce petit livre : Prenez-le tout entier, car il est bien à vous,
A vous tous, avec qui je fus heureux de vivre,
Et dont le souvenir m'est encore si doux.
Je sens que je fléchis sous un poids qui m’oppresse, Ce matin, j'essayai vainement de sortir,
Je gourmandai mon corps, l'aceusant de paresse : Mais je n’ai plus de force, hélas ! que pour souftrir. Oui, me voilà cloué sur mon lit de douleur :
La souffrance m'étreint, me travaille, me mine,
Et dans mon corps brisé, je n’ai plus que le cœur, Qui soit encore entier : dans mon front qui s'incline,
Mon âme est mal à l'aise et songe au grand départ.