Par aUuaion au teint couperosé de la belle et spiritueUe
tune. La belle Clara Tayait-elle su? je Tignore. Toujours est-il qu'elle raffolait du bel esprit^ s'adonnait à tous les arts, faisait incessamment de la petite peinture et de la petite musique, griffonnait soir et matin des petits billets précieux. Les artistes, les hommes de lettres, les étrangers étaient les bienvenus chez elle, et fort gracieuses. On y voyait, avec quelques reliquats du salon de sa mère, le baron d'Eckstein, dont un certain mystère enveloppait l'existence et les origines * ; le docteur Koreff, médecin du prince de Hardenberg ; l'avocat Berryer, Narcisse de Salvandy, etc.; un jeune homme arrivant de la province, le vicomte de Falloux,. patronné par madame Swetchine, qu'on donnait pour un modèle du bien dire et du bien faire, et que nous appelions Grandisson. La duchesse ne craignait pas du tout les excentricités du romantisme qui commençaient à faire du bruit. Elle attirait à ses soirées MM. Sainte-Beuve, Eugène Sue, Liszt, etc. Forte de sa bonne renommée de mère de famille, de sa régularité dans la pratique de ses devoirs grands et petits, elle autorisait les empressements, la cour d'une foule à'adorateursy c'est ainsi que l'on parlait
Félicie de Doras, d^abord princesse de Talmont, puis comtesse de Larochejacquelein, et au peu d^esprit qa*on attribuait à la duchesse de Rauzan, sa sœur.
1. On le disait jBls naturel d'un souverain du Nord. Il était, mais il en faisait grand secret dans nos salons, correspondant de la Cazeile d'Augsbourg, où il signait : J,
alors; elle mettait à la mode la fiction de Tamour platonique, qui accommodait agréablement les plaisirs de la coquetterie avec les avantages de la vertu. Les étrangères qui, vers cette époque, vinrent beaucoup chez elle, la comtesse Delphine Potocka, la baronne de Meyendorff, madame Apponyi elle-même qui, malgré sa relation officielle avec la cour, affichait sa préférence pour nous et restait de notre bord, contribuaient par une manière d'être très-différente de celle qu'on nous avait apprise, par des curiosités plus vives, plus de talents, plus de lecture, plusdelaisser aller, à modifier le ton et l'allure de nos salons. Quand le pur faubourg Saint-Germain vit chez madame de Rauzan, chez madame de la Bourdonnaye, chez madame de La Grange, chez moi, toute cette invasion de bel esprit et de romantisme, quand on sut que nous assistions, d'un air d'autorité littéraire, aux premières réprésentations de Henri III, d'Antony, ie Chatterton, — 1835; — quand on vit sur notre table Indiana, Lélia, les Poésies de Joseph Delorme * , Obermann ', ce fut matière de persiflage. On nous déclara bas bleus. On nous appela : madame de la Bourdonnaye, la Sappho de la rue Boudrol, moi, la Corinne du quai Malaquais, etc., mais cela ne