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I. Daniel SIern, l. !I. p

LE DOCUMENT TASCIIEREAU 75

même langage. Lamartine, comme lonjouis, est superbe d'éloquence : « Les dix-lmil brumaire du peuple, s'écrict-il, pourraient amener, conlre son gré, lesdix-huil brumaire du despotisme : et ni vous, ni nous, n'en voulons. »

l n applaudissement général couvre, à ce mot, la voix du grand orateur. La dépulation, déconcertée, s'ébranle. MM. Cabet et Sobrier saisissent ce moment favorable pour déterminer le mouvement de retraite. Blanqui et les siens sont entraînés. Ils avaient cru tenir la victoire, et la victoire leur écluqipe. Leur fureur est extrême. Au bas du grand escalier, l'un d'eux se jette armé sur M. Marrast . on le contient ; un autre se précipite sur M. Garnier-Pagès : M. de Bramont, commandant en second de l'Hôtel de Ville, l'arrête'. Lorsque Louis Blanc descend l'escalier, un troisième, lui saisissant le bras et le secouant brutalement : « Tu es donc un traître, toi aussi! » s'écrie-t-il. Louis Blanc le regarde stupéfait, il ne le connaissait pas : c'était le cuisinier Flotte-.

Le coup était manqué, Blanqui n'en restait pas moins redoutable. Il avait pu faire descendre dans la rue cent cinquante mille hommes. Ils étaient, ce jour-là, demeurés sur la place de Grève. Qui pouvait dire qu'un autre jour ils n'entreraient pas, à sa suite, à l'Hôtel de \ ille ? II rêvait déjà d'une revanche prochaine... Cette revanche, il ne devait pas l'avoir.

1. Garnier-Pagès. Histoire de la Révolution de tSUS, t. VI. p 4^3.

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