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PRÉFACE IX

tous ces messieurs de l'Académie ?) — qui avait eu, lui aussi, d'assez grands succès de théâtre.

M. Roger n'a pas écrit ses Mémoires, mais lorsqu'on i835 il publia ses u'uvres complètes, il fit précéder chacune de ses comédies d'une longue préface. Ce sont autant de chapitres de Mémoires. Il suffirait de les réunir pour avoir un des plus jolis volumes qui aient été écrits au XIX' siècle, car M. Roger écrivait en prose avec une pureté parfaite et une rare élégance. J'espère qu'un jour un éditeur intelligent et lettré nous donnera ce petit volume, qui prendra rang dans les bibliothèques bien composées, — s'il reste encore en ce temps-là des hommes de goût

et des bibliothèques Je pourrais allonger encore la liste

des écrivains qui ont laissé de petits Mémoires, mais je m'aperçois que tous ont été quelque chose, journalistes comme Fiévée. députés et hommes d'Etal comme Vaublanc, auteurs dramatiques comme Bouilly. académiciens comme Marmontel. Lacretelle le jeune, Brifaut et Roger.

Je nai rien été de tout cela, je n'ai même rien été du tout, non pas même homme de lettres, ce qui pourtant n'est pas grand' chose. Mes parents n ont point eu à lutter contre ma vocation : de vocation littéraire, je n'en ai jamais eu. J'ai vécu pendant cinq ans à Paris, fréquentant des journalistes et des écrivains; pas un seul instant, je n'ai été tenté d'écrire. Revenu en province, j'ai quelque peu pratiqué le barreau, et si je l'ai abandonné c'a été, non pour faire des livres, mais pour fabriquer des huiles et vendre des savons. Un beau jour, il est vrai, j'ai publié un volume,

Mais j'avais quarante ans quand cela m'arriva.

Depuis, quarante autres volumes ont suivi, mais il en est un peu de ma prose comme de celle de M. Jourdain, j'ai fait ces quarante volumes, sinon sans le savoir, du moins

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