‹ Mes souvenirsChapitre 4 sur 113 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

sans le vouloir. Ce sont les circonstances seules et non ma volonté propre qui m'y ont poussé. Un seul mot suffira pour prouver que je n'ai jamais été, à aucun titre, un homme de lettres. Mes livres une fois publiés, je ne me suis jamais inquiété de ce qu'ils devenaient. Chute ou succès m'ont toujours laissé indifférent. Quand on me signalait un article où il était parlé de moi, je me gardais bien de le faire venir, .le n'ai pas à me reprocher d'avoir jamais dé|iensé un sou pour savoir ce que l'on disait de mes bouquins. Quant aux critiques qui voulaient bien m'envoyer leurs articles, je leur en étais sans doute très reconnaissant; mais qu'ils me le pardonnent! à l'exception de trois ou quatre, j'ai jeté au feu tous ces articles, favorables ou hostiles, me rappelant le mol de Voltaire sur la fumée et la gloire.

Je sais plusieurs de mes amis — et je ne le leur reproche pas — qui ont chez eux, au grand complet, tous leurs livres magnifiquement reliés. Dans ma bibliothèque, mes livres brillent par leur absence. Ils n'entrent chez moi que pour en sortir, je n'en conserve aucun, et quand il m'arrive d'avoir besoin de l'un d'eux, je suis obligé de l'emprunter à un de mes amis.

Et à propos de ma bibliothèque, j'extrais les lignes suivantes d'un des rares articles que j'ai gardés, celui de M. Victor Giraud sur mon édition des Mémoires (VOntre- Tombc {Revue des Deux Mondes du i" avril 1899).

« Nul n'était mieux qualifié que M. Edmond Biré pour éditer les Mémoires d'Outre-Tombe. 11 y a peut-être des histoj'iens plus impartiaux, il n'y en a pas de mieux informés que l'auteur de la Légende des Girondins et des Etudes sur Victor Hugo et sur Honoré de Balzac; personne mieux que lui ne connaît dans ses « dessous » l'histoire politique et littéraire de la fin du dernier siècle et de celuici : livres rares, éditions introuvables, mémoires, corres-

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