CHAPITRE VI
LES COURS DE LA SORBONNE ET DU COLLEGE DE FRANCE. LA CHAIRE ET LES THEATRES.
L'ILitcl de rOdéon. — L'abbé de Lespinay et M. de Monlalembert. — L'Opinion puhlirjue. Un Chouan de iSSa, ^'oillet de Saint- Pliilbert. — Les cours du Collège de France. J.-J. Ampère et le faubourg Saint-Germain. Bas-bleus et Bas -blancs. Philarète Chasles. Les cours de la Sorbonne. Saint-Marc Girardin et Frédéric Ozanam. — Lacordaire, les homélies de la chapelle des Carmes et les Conférences de Notre-Dame. — Les théâtres. Mon ami Rousseau et le chef de claque de la Comédie-Française, Mlle Rachel et le répertoire moderne. — Le Toussaint-Louverlure de Lamartine. Frederick Lemaître et Mlle Lia Félix. Bonaparte est un blanc. — Mademoiselle de la Seiglière. Le marquis de Jules Sandeau et les vrais nobles. Alessieurs de Chantreau, de Maynard et de Ternant. L'article (jGo du Code civil.
Je revins à Paris, pour y continuer mon droit, le 21 novembre iS/JQ. J'y devais rester jusqu'en i85/i. Au lieu de retourner à Vllôlel de la Loire, je me logeai à V Hôtel de FOdéon, au n° lo de la rue du Petit-Lion- Saint-Sulpice '.
L'Hôtel de l'Odéon était une de ces maisons d'étudiants comme il y en a beaucoup aujourd'hui, mais
I. Aujourd'hui la partie delà rue SaintSulpice qui relie la rue de Tournon à la rue de Condé.
comme il en existait très peu à cette époque, — une maison de tout repos pour les familles religieuses de province; on y faisait. maigre le vendredi.
Cette pension catholique était tenue par une famille protestante. Le père était un Suisse du canton de Vaud ; il occupait à la maison de banque de MM. Delessert un poste de confiance, et nous ne le voyions que le soir. Nous avions surtout aiîaire à sa femme et à ses deux filles. C'était d'excellentes gens et d'une honnêteté parfaite. Quand je rentrais de bonne heure, il m'arrivait souvent de causer longuement avec eux. L'employé de MM. Delessert était réactionnaire comme ses patrons, et nous nous entendions à merveille.
Les députés royalistes de la Vendée avaient tous été réélus à la Législative'. Je repris donc mes visites chez l'abbé de Lespinay^, ainsi que chez MM. de Tinguy^ et Grelier du Fougeroux. Au sortir de ma première visite à M. de Lespinay, j'écrivis à mon père : « Au moment où je me levais pour prendre congé, le valet de chambre annonça... M. de Montalembert. Je me suis croisé sur le palier avec ce grand homme, qui est un peu plus petit que moi. Ses longs cheveux bouclés, qui retombent sur le col de sa redingote, lui donnent un peu l'air d'un séminariste. Il a une petite figure ronde-
I. Élections du i3 mai iS^g. La députalion de la Vendée, qui comptait neuf membres en i848, n'en avait plus que liuit en i^Ag, mais tous les huit étaient loyalistes. Aux sept dont j'ai précédemment donné les noms, était venu se joindi-e, le i3 mai 1849, M. Alfred Dufougerais, avocat à la Cour d'appel de Paris et ancien directeur de La Mode.
3. Après avoir demeuré en i848 à l'Hôtel des Ministres, rue de l'Université, M. de Lespinay avait pris, sous la Législative, un petit appartement place de la Madeleine.