habiltiit rue de l'Université, no
lette, aux traits chifTonnés, au nez court et légèrement camus. Sa tournure est assez commune, et sa physionomie ne le serait pas moins, n'étaient de magnifiques yeux noirs, des yeux d'esprit et de passion. »
(Ihez M. Grelier du Fougeroux, je fis une autre rencontre, celle d'un ami de mon père, dont j'ai déjà parlé', M. Benjamin de M..., qui venait de s'installer à Paris pour y passer trois ou quatre mois. 11 nous raconta qu'étant l'un dos principaux actionnaires de VOpinion publique-, la feuille d'Alfred Nettement, il allait assez souvent passer ses soirées aux bureaux de son journal. Je l'y accompagnai le lendemain et, accueilli avec la plus aimable bienveillance, j'y retournai plusieurs fois.
Les bureaux étaient situés rue Taitbout, n" lo. L'Opinion publique paraissant le matin, le rédacteur en chef et ses collaborateurs se réunissaient le soir, après la séance de l'Assemblée, à laquelle Alfred Nettement assistait tous les jours régulièrement en sa qualité de représentant du Morbihan. La petite salle ne tardait pas à se remplir d'amis, de députés de la droite, qui venaient aux nouvelles, ou qui en apportaient. On fumait beaucoup, on causait davantage encore. Cependant dix heures et demie, onze heures sonnaient à la pendule.
« ^ oyons , messieurs , disait gravement Théodore Muret', l'un des rédacteurs, il faut laisser Nettement faire son grand article. »