PRÉFACE XI
pondances, articles de revues ou de vieux journaux, il a tout lu. tout exploré, tout noté. Je me l'iiiiagine, — M. Biré habite la province — vivant dans une vaste « librairie » surchargée de livres de toute espèce, et de toute dimension, encombrée de cartons, de catalogues et de répertoires, mais le t«)iit si ingénieusement et si méthodiquement classé qu'on y peut circuler à l'aise et s'y reconnaître presque facilement. ')
Hélas! Si M. Victor Giraud m'avait fait l'honneur de me venir voir à Nantes et de visiter ma < librairie », quelle n'eût pas été sa désillusion! u Ma librairie » est si bien surchargée de livres de toute espèce et de toute dimension, quejaidù les mettre un peu partout, dans des armoires, où ils étouffent, dans des cabinets noirs, où ils sont si bien engloutis qu'on ne les peut plus retrouver. Nul classement, nul catalogue, nul répertoire, pas le moindre fil qui me puisse guider dans ce labyrinthe où moi-même je ne me reconnais plus.
Ces Souvenirs ne seront donc pas ceux d'un homme de lettres, puisquuussi bien je ne lai pas été. J'y parlerai surtout de mes parents et de mes amis, qui furent de braves gens, sans prétention, mais non sans esprit et sans vertu, honnêtes, généreux, religieux, désintéressés, fidèles. Mon but serait atteint si, en fermant ce volume, le lecteur se disait : (< Allons! tout n'est pas perdu : il y a encore en France de braves gens ! »