I. Camille Doucet, Concours littéraires, p
C'est encore Giraïul qui m'a fait connaître Octave Lacroix. Celui-là, poêle aussi, n'eût pas quitté Paris pour un empire. Il était parmi nous une manière de personnage, car nous savions ({u'il avait dans le monde des lettres de nombreuses et brillantes relations, reçu qu'il était par Alfred de Vigny, Jules Sandeau, Villemain, J.-J. Ampère, Prosper Mérimée, Auguste Brizeux et Arsène Houssaye. C'était le temps oi^i Sainte-Beuve, avec ses Causeries du Lundi, arrivait à la grande renommée. Un tout petit rayon de sa gloire rejaillissait sur Octave Lacroix, qui était alors son secrétaire et avait succédé, en cette qualité, au poète Lacaussadc.
Malgré ses précoces succès, il ne s'en faisait point trop accroire, — non qu'il fût modeste, mais parce que, sous ses apparences légères et sa \anité de surface, il cachait un réel bon sens et un fond de sentinient chrétien qu'il tenait de son éducation première.
Suivant Sainte-Beuve', il fut « élève du collège de Juilly ». 11 se peut qu'il ait un instant traversé Juilly; mais, si mes souvenirs ne me trompent pas, né à Egleton (Corrèze), il fit presque toutes ses études au petit séminaire de Felletin-, dont le supérieur, l'abbé Delor, était un prêtre éminent, ami et correspondant de Louis Neuillot. C'était un de ces collèges ecclésiastiques comme il n'en existe plus depuis longtemps, oi^i les professeurs, médiocrement soucieux de fabriquer des bache-