Ibid., p
4. En réponse au discours de réception de Sainte- Bcuvc. Séance du 27 février i845.
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à la grandeur morale et aux bienfaits de la Papauté. Il disait dans son discours sur la question polonaise :
« Au moyen âge, Rome était un Etat de quatrième « rang, mais une puissance de premier ordre. Pource quoi? C'est que* Rome s'appuyait sur la religion des (( peuples, sur une chose d'oh toutes les civitisations décou- (( lent... Ne vous étonnez pas, messieurs, de m'en- « tendre mêler ces mots : civilisation et religion; la (( civilisation, c'est ta religion appliquée' ».
Victor Hugo prononçait ces paroles le 19 mars i8/it) sous le pontificat de Grégoire XYI. Moins de deux mois après, le i4 juin, Grégoire \A I était remplacé par Pie I\. A oici comment le poète, dans une conversation avec M. Guizot, appréciait le nouveau pape et Tautorité dont il était investi :
« Si Pie IX veut, il sera le souverain le plus puissant (( de l'Europe. Un pape qui marcherait avec son temps « devrait dominer et pourrait soulever le monde. Il a (( un levier si énorme, — la foi, la conscience, l'esprit! (( Toutes les âmes sont des mines toujours chargées (( pour l'étincelle qui jaillirait d'un pareil pape. Quel in- (( cendie s'il lui plaît! quel rayonnement, s'il le veut.»^
Lorsque s'ouvrit l'année 18A8, \ ictor Hugo était parmi les plus ardents admirateurs de Pie IX. Le 1 3 janvier, dans la discussion de l'Adresse, il prononça un discours d'où je détache ce passage :
« Il y a, à l'heure oîj. nous parlons, sur le trône de (( saint Pierre, un homme, un pape, qui a subitement « aboli toutes les haines, toutes les défiances, je dirais
. I. Moniteur du -20 mars i846, 2. Choses vues, p. 170, 10 décembre iS46.
MA l'RtMlKHE HENCONTKE AVEC VICTOH HUGO 205
« presque toutes les hérésies et tous les schismes ; qui « s'est fait admirer à la fois, j'adopte sur ce point H pleinement les paroles de notre noble et éloquent (( collèg-ue, M. le comte de Montalembert, qui s'est u fait admirer ?i la fois, non seulement des popu- (( lations qui vivent dans l'Eglise romaine, mais de « l'Angleterre non catiiolicjue, mais de la Turquie non « chrétienne ; qui a fait faire eniin, en un jour, pour- <( rail-on dire, un pas à la civilisation humaine.
«^ Pie I\ enseigne la route bonne et sûre aux rois, <( aux peuples, aux hommes d'Etat, aux philosophes, à « tous. Grâces lui soient rendues!... II est venu faire « voir aux nations que l'Evangile contient toutes les <( chartes ; que la liberté de tous les peuples comme la « délivrance de tous les esclaves était dans le cœur du « Christ et doit être dans le cœur de l'éveque : que « celui-là qui a dans l'àme la vraie charité divine, la « vraie fraternité humaine, a en même temps dans l'in- « telligence le vrai génie politique, et qu'en un mot, (( pour qui gouverne les hommes, c'est la môme chose (( d'être saint et d'être grand.
« Messieurs, je ne parlerai jamais de l'ancienne (( papauté, de l'antique papauté, qu'avec vénération et (( respect ; mais je dis cependant que l'apparition d'un (( tel pape est un événement immense '.
En ces dernières années de la monarchie de Juillet, Victor Hugo était si peu républicain que, le 2 A février i848, il se prononça hautement, publiquement, pour le maintien de la royauté. Dans l'après-midi de cette journée, en efîet, il apprend coup sur coup que